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préoedent toujours leurs substantifs ; &quisqu’ils ne servent qu’à leur donnerune qualification métaphysique, je ne saispourquoi on les met dans la classe despronoms. Quoiqu’il en soit, on ne donnepas le nom A'article à ces adjectifs ; cefont spécialement ces trois mots, le, la,les , que nos grammairiens nomment ar-ticles , peut-être parce que ces mots fontd'un usage plus fréquent. Avant que d’enparler plus en détail , observons que1°. nous nous servons de le devant lesnoms masculins au singulier, le roi, lejour. s°. Nous employons la devant lesnoms féminins au singulier, la reine, lanuit. 3°. La lettre s qui, selon l’analo-gie de la langue, marque le pluriel quandelle est ajoutée au singulier, a formé lésda singulier le‘, les sert également pourles deux genres, les rois, les reines, lesjours, les nuits. 4 0 . Le, la , les , font lestrois articles simples : mais ils entrentaussi en composition avec la propositionà, & avec la préposition de, & alors ilsforment les quatre articles composés , au,aux , iu, des.
Au est composé de la préposition à, &de l’article le, en forte que au est autantque à le .Nos peres difoient al, al temps deInnocent III, c’est-à-dire, au temps d’In-nocentlll. L 'apoftoile manda al prodome ,Sic. le pape envoya au prud’homme :Ville-Hardouin , lìv. I, pair. i. mainteterme i fu plorée de pitié al départir, ib. id.page ifi.Vigenere traduit maintes larmesfurent plorées à leur partement , U auprendre congé. L’est le son obscur de IVmuet de l 'article simple le , & le change-ment assez commun en notre langue de len », comme mal, maux, cheval, che-vaux s altus , haut, alnus, aulne (arbre)alna, aune (mesure ) alter , autre, quiont fait dire au au lieu de à le , ou de al.Ce n’est que quand les noms masculinscommencent par une consonne on unevoyelle aspirée ,' que l’on fe sert de au aulieu de ò le} car si le nom masculin com-mence par une voyelle, alors on ne faitpoint de contraction , la préposition à &l’article le demeurent chacun dans leurentier : ainsi qnoiqu’on dise le caur , aucœur , on dit V esprit ; « P esprit, le p ere,aupere , & oïl dit Pensant , à Pensant}on dit le plomb, au plomb, & on dit l'or,à l'or, Purgent , à Purgent, car quand lesubstantif çomroençe par un* voyelle j,
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IV muet de le s’élide avec cette voy elle ,ainsi la raison qui a donné lieu à la con-traction au , ne subsiste plus ; & d’ail-teurs, ilseferoitun bâillement désagréa-ble fi l’on disoit au esprit, au argent, auenfant ; &c. Si le nom est féminin , n’yayant point dV muet dans l’article la, onne peut plus en faire au ; ainsi l’on con-serve alors la préposition & l’article, laraison , à la raison , la vertu , à la vertu.2°. Aux sert au pluriel pour les deuxgenres ; c’est une contraction pour à les ,aux hommes, aux femmes, aux rois, auxreines , pour à les hommes , à les fem-mes , &c. 3°. Du est encore une con-traction pour de le } c’est le son obscurde deux e muets de fuite, de le , qui zamené la contraction du : autrefois ondisoit del ; la fins del conseilfi f u tels, &c.l’arrêtédu conseil sut, ©V. Ville-Har-douin, lib. VII , p. lof. Gervaise delChaste !, id. ib. Gervais du Castel. Vige-nere. On dit donc du bien & du mal ,pour de le bien, de le mal, Sc ainsi detons les noms masculins qui commen-cent par une consonne ; car fi le nomcommence par une voyelle, ou qu’il soitdu genre féminin, alors on revient à lasimplicité de la préposition, & à celle deVarticle qui convient au genre du nom ;ainsi on dit de P esprit , de la vertu , de lapeine ; par-là on évite le bâillement : c’estla même raison que l’on a marquée surau. 4°. Enfin dessert pour les deux genresau pluriel, & se dit pour de les, des rois ,des reines.
Nos enfans qui commencent à parler,s’énoncent d’abord fans contraction ; ilsdisent de le pain , de le vin. Tel est encorel'usage dans presque toutes nos provin-ces limitrophes, sur-tout parmi le peu-ple : c’est peut - être ce qui a donnélieu aux premieres observations quenos grammairiens ont faites de ces con-tractions.
Les Italiens ont un plus grand nombrede prépositions qui fe contractent avecleurs articles.
Mais les Anglois qui ont comme nousdes prépositions & des articles , ne fontpas ees contractions ; ainsi ils disent ofthe , de le, où nous disons du ; the king ,le roi ; ofthe ksng, de le roi, & en françoisdu roi ; of the queen, de la reine ; to theking, à le roi, au roi ; to the queen, à lareine, Lette remarque n’est.pas de simple