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tìt Château , lejQuésnoì, c’étoit un lienplanté de chênes, le Ché prononcé par Ké,à la maniéré de Picardie & dés payscirconvoifìns.
II y a auffi plusieurs qualificatifs quifont devenus noms propres d’hommes,tels qnc le blanc , le noir , le brun, le beau,le bel, le blond, &c. & ces noms conser-vent leurs prénoms quand on parle de lafemme , madame le Blanc , c’est-à-dire ,femme de M. le Blanc.
III. Quand on parle' de certaines fem-mes, on se sert du prénom la, parce qu'ily a un nom d’efpece sous-entendu , la leMaire, c'est-à-dire, l'actrice le Maire.
IV. C’est peut-être par la même raisonq u'on dit le Tasse, l'Ariofle, le Dante,en fous-entendant poète , & qu’on ditle Titien , le Carrache , en fous - enten-dant peintre : ce qui nous vient desItaliens.
Qu’il me soit permis d’observer ici queles noms propres de famille ne doiventêtre précédés de la préposition de, quelorsqu’ils font tirés de noms de terre.Nous avons en France de grandes mai-sons qui ne font connues que par le nomde la principale terre que le chef de lamaison poflsédoit avant que les noms pro-pres de famille fussent en usage. Alors lenom est précédé de la préposition de, par-ce qu’on sons-entend sire,seigneur, duc ,marquis, &c. ouseur d'un tel fief. Telleest la maison de France, dont la branched’ainé enainén'a d’autre nom queFrance.
Nous avons auffi des maisons très-il-lustres & très-anciennes dont le nom n’estpoint précédé de la préposition de, parceque ce nom n’a pas été tiré d’un nom deterre - , c’est un nom de famille ou maison.A II y a de la petitesse à certains gentils-hommes d’ajouter le de à leuts noms defamille ; rien ne décele tant l’hommenouveau & peu instruit.
Quelquefois les noms propres font ac-compagnés d’adjectifs , fur quoi il y aquelques observations à faire.
I. Si l’adjectif est un nom de nombreordinal, tel que premier , second , &c. &qu’il suive immédiatement son substan-tif, comme ne faisant ensemble qu’unmême tout , alors on ne fait aucun usagede Y article : ainsi on dit François premier,Charles second, Henri quatre , pour qua-trième.
II. Quand on fe sert de l’adjectif pour
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marquer une simple qualité du substantifqu’il précedc, alors Yartìcle est mis avantl’adjectif , le savant Scaliger, le galantOvide, &c.
III. De même si l’adjectif n’est aioutéque pour distinguer le substantif des au-tres qui portent le même nom , alors l’ad-jectif fuit le substantif, & cet a licctifeftprécédé de Y article : Henri le grand, Louisle juste , &c. ou vous voyez que le tireHenri & Louis d o nombre des autresHenris & des autresìZcBí'j, & en fait deíindividus particuliers, distingués par unequairlé spéciale.
IV. On dit auffi avec le comparatif &avec le superlatif relatif, Hoinere le meil-leur poète de Vantiquité , Farron le plussavant des Romuins
II paroît par les observations ci - des-sus , que lorfqu’à la simple idée du nompropre on joint quelqu’autre idée, ouque le nom dans fa premiere origine aété tiré d'un nom d’efpece, ou d’un quali-ficatif qui a été adapté à un objet particu-lier par, le changement de quelques let-tres, alors on a recours au prépositif parune fuite de la premiere origine: c’est ain-si que nòlis disons le paradis, mot qui à lalettre signifie un jardin planté d’arbresqui portent toute forte d’excellens fruits,’& par extension un lieu de délices.
Venfer, c’est un lieu bas, à'inferus ,via inféra, la rue d’enfer , rue inférieu-re par rapport à une autre qui est au des-sus. L’univers , universus orbis } Yétrcuniversel , l’ajsemblage de tous les êtres.
Le monde, du latin mundus , adjectif,qui signifie, propre , élégant, ajusté, paré,& qui est pris ici substantivement : & en-core lorqu’on dit mundus muliebris , latoilette des dames où font tous les petitsmeubles dont elles fe servent pour serendre plus propres , plus ajustées & plusséduisantes : le mot grec jcswaç qui signi-fie ordre , ornement, beauté , répond aumundus des Latins.
Selon Platon , le monde fut fait d’a-près l'idée la plus parfaite que Dieu enconqut. Les payens frappés de l’éclat desastres & de Tordre qui leur paroifsoit ré-gner dans l’univers , lui donnerent unnom tiré de cette beauté & de cet ordre.Les Grecs, dit Pline, font appelle d'unnom qui signifie ornement, est neus d'unnom qui veut dire , élégance parfaite.( jQuem yarjcuM , Graci , nominc ornamen -