ART
nir Pétonpille dans la gorge des Fusées.
L’état de l 'artificier exige bien descommodités qui ne se rencontrent pas in-différemment dans toutes les maisons.Premièrement, il a besoin d’une petitechambre sur terre pour charger ses Fu-sées volantes : cette opération ne se faitpas fans bruit, puifqu’on y emploie lemaillet, dtmt les coups réitérés pendantlong-temps demandent un lieu qui enamortisse le retentissement. Vartificierdoit encore s’attacher à avoir une cham-bre qui rie soit point humide pour y fairecei tains ouvrages, comme, par exemple,pour mêler les matières, faire les cartou-ches, & les petits artifices.
Le salpêtre, le fourre, le charbon & lefer, font les matières les plus ordinairesdont on fasse usage dans l’artifice. Leursdifférentes combinaisons varient leurseffets & la couleur des feux : ces cou-leurs consistent en une dégradation denuances du rouge au blanc. Le soufre,lórsqu’il prédomine, donne un bleu clair,8í le fer produit des étincelles dont Pé-clat a fait nommer/èíi brillant la compo-sition dans laquelle entre cette matière.La dose de charbon &de soufre qui doitdonner le plus de force a ri salpêtre n’estpas la même pour l’artifice que pour lapoudre à canon ; il en faut moins pour lapoudre, attendu que la trituration qui di-vise le charbon & le soufre en plus peti-tes parties qu'ils ne peuvent l’être dansles compositions d’artilice , multiplie enquelque forte ces matières eu multi-pliant leurs surfaces : v. Poudrier.
Les matières dont nous avons parlé,doivent être pulvérisées & tamisées demaniéré à pouvoir se mêler intimemententr’elles. La limaille de fer n’est sus-ceptible d’aucune préparation ; on cntrouve communément de tonte faite chezles ouvriers qui travaillent le fer.
Pour former les cartouches propres àrenfermer l’artifice, on roule le cartonfur une baguette qu’on nomme baguetteà rouler : on lui donne de diamètre lesdeux tiers de Pintérieur du moule quidoit servir à charger le cartouche. Lemoule sert à soutenir le cartouche , lors-qu’on le charge & à régler la hauteur dumassif
Le carton doit être entièrement collé,àl’exception du premier tour qui .enve-loppe la baguette : on trempe dans Peau
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le dernier tour du carton avant de le col-ler, pour lui ôter le ressort qu’i! a natu-rellement, & qui feroit dérouler le car-touche après qu’il est formé.
Les cartouches pour les lances & pour lesconduites iefeú , doivent être faits de pa-pierjeeux des serpenteaux & autres petitesfusées de ç à 6 lignes de diamètre exté-rieur,font faits de car‘es à jouer: on termi-ne ces efpects de cartouche par deux toursde papier gris, dont le dernier est collé.
II ae faut pas attendre que les cartou-ches soient en fièrement secs pour lesétrangler; cet état de sécheresse rendroitl’opération plus pénible & plus fujette'àdes imperfections.
Avant d’étrangler les cartouches , oncommence par rogner fur la baguerte,avec des ciseaux, le bout qui doit êtreétranglé, pour qué les bords de cette par-tie, qui doit avoir la forme d’une calot-te , soit à Puni. Après cette opération ,on prend une corde ou une ficelle d’unegrosseur proportionnée à celle dc la fu-tée , & on attache cette ficelle par unbout à un piton vissé dans uii poteau,ou scellé (lans le mur, &parl’autre boutl’artifici'er Páttache à fa ceinture ou à unbâton qu’il place derricre & en traversde ses cuisses , de maniéré qu’il soutien-ne le corps, lorsque l’artiste fait effortpour étrangler le cartouche. Dans cettesituation, & la corde étant tendue, onpose le cartouche dessus ; puis on prendla partie de la corde qui est entre foi & lecartouche , & l'on en fait deux tours furle cartouche Jans !a partie que l’on veutétrangler, à un demi.diamètre extérieurde fou extrémité : on enfonce une ba-guette dans cette partie, la tenant de lamain droite & le cartouche de la gauche,& l’on ferre la corde en jetant le corpsen arriéré , & tournant chaque fois lecartouche pour en bien arrondir l’étran-glement, jufqu’à ,ce qu’il ne reste.qu ’untrou à pouvoir passer avec peine une pe-tite broche de fer; alors, il est suffisam-ment étranglé. II faut avoir soin de frot-ter la corde avec du savon, pour empê-cher que le cartouche, qui est enfiore hu-mide lorsqu’on Pétrangle , ne s’y atta-che & ne fe déchire. II ne faut jjjis tarderà lier les cartouches quand ils font étran.glés , fans quoi Pétranglement feroitsujet à fe relâcher. Oncles lié, en passanttrois boucles dc ficelle dans la gorge &