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dans ces sortes d’occasions , où les sinuo-sités d’une rivière, fa grande largeur ,ses bords fangeux & bourbeux « ne per-mettent pas toujours de choisir rempla-cement le plus à portée de l’objet qu’onveut battre ? L’expédient qu’ont propo-sé les novateurs , de porter les piccescourtes plus en avant , pour regagnercelte diminution de portée , n’eft doncpas admissible dans ce cas , & lorsquedes marais , des rivières, des ravins &autres obstacles en empêchent absolu-ment. De quelle conséquence n’est-il pasd’ailleurs d’atteindre l’ennemi à une dis-tance où ses boulets ne peuvent pas ve-nir jusqu’à vous? vous empêcherez sesmanœuvres & ses dispositions, vous dé-monterez ses picces, avant qu’ellesaientété mises en batterie ù la portée qui leurconvient. S’il est question de s’opposer àtin débarquement, ne comptera-t-on paspour quelque chose la possibilité de tirersur des bateaux, & de les atteindre à uneplus grande distance ? & quel désordren’y jetterez - vous pas en brisant les ra-mes , en emportant les rameurs , & encoulant les bateaux à fond ? Nous pour-rions citer d’autres circonstances , où lalongueur de la portée est d’une très-gran-de conséquence j mais tout militaire qui» quelque expérience se les représenteraaisément, & concevra l’importance da-voirdes pieces qui, dans des proportionsplus exactes que celles des ennemis,aientfur elles une supériorité marquée. Obser-vons encora que la piece qui porte leplus loin , imprime au boulet une plusgrande vitesse, & par conséquent une plusgrande force , d’où il résulte un grandavantage , lorsqu’il est question de rom-pre & d’ouvrir des reíranchemens, desabattis, des palissades, les murs de quel-ques postes,& d’autres obstacles dontl’en-nemi, qui connoitroit la nature de vosarmes, ne manqueroit pas de se couvrirpour vous réduire â l’im possibilité de l’at-taquer autrement que par une insulte devive force , où l’on perdroit beaucoupde monde avant de réussir. Si le princi-pal mérite du canon est de préparer lechemin à la victoire , il paroi t essentield’employer des pieces qui puissent impri-mer au boulet une vitesse assez grandepour atteindre de très - loin , & une forcesuffisante pour détruire les différois ob-stacles que l’ennemi peut opposer dans la
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gnerfede campagne. Remarquons de plusque pour rapprocher les portées des pie-ces nouvelles de celles des pieces ancien-nes , on a augmenté le diamètre des bou-lets, afin qu’ayant moins de vent ils lais-sent moins de vtiide entre leur surface Lles parois intérieures des pieces ; d’où ilrésulte la difficulté , pour ne rien dire deplus, de tirer à boulets rouges au besoin;car chacun fait que le fer, comme les au-tres métaux, augmente de volume étantchauffé , & les boulets dans cet état derenflement, ne peuvent plus entier dansleurs pieces. Ajoutons encore que cespieces seroient trop courtes pour êtreexécutées dans des embrâsures, ressour-ce qu’on ne pourrait pas se procurer dan»les occasions où il seroit avantageux des’en servir. Le recul das pieces courtes aencore des inconvéniens qui peuvent ti-rer à conséquence ; car il a été vérifié plu-sieurs fois que le recul de la piece ancien-ne de 12 fur un terrein ordinaire , étantde 3 à 4 piés, celui de la piece de iî cour-te, étoit de 14 à 16.
“ C’est en vain, dit le procès-verbaldes épreuves faites à Douai, qu’on vou-drait pallier les reculs excessifs de lapiece de 4 courte, on en a senti les incon-véniens; on a prévu rembarras de rega-gner continuellement un terrein perdu ,Sc ceux qui en doivent résulter à causede l’association des pieces courtes avecl’infanterie : on a prévu enfin que la pie-cc longue , dont le recul est plus quemoitié moindre, pourroittirer fans ris-que fur des rideaux L autres terreinsétroits, où la piece courte se culbuteraitelte-même par son recul.
Terminons l'article des portées par unederniere observation que nous avons dé-jà indiquée, mais qui paraît trop impor-tante pour n’y pas revenir avec plus dedétail. La piece courte ayant une moin-dre portée que la piece plus longue, leboulet qu’elle projettera ayant reçu unemoindre force d’impulsion , décrira unecourbe moins alongée , & frappera l’ob-jet qu’elle atteindra fous lin angle plusouvert , en tendant à Rapprocher pluspromptement de la terre après savoirfrappé. II est aisé de se représenter le peud’esset du boulet dans ce cas, si Ion ré-fléchit à ce qui arriverait s’il tomboitverticalement ; il est évident qu’il nefrqpperoitqu’un point ; or plus la ligne