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alignement un peu étendu, on ne peutdisconvenir qu’il sera d’autantmoinsexactque l’instrument qu’on emploiera feraplus court. La longueur de la piece repré-sente l’instrument ; plus elle sera longue,plus la direction sera sûre. Si on préféréavec raison une longue alidade &ungraphometre d’un grand rayon pouropérer avec justesse , la plus longue piecede canon doit avoir à plus forte raisonla préférence sur la plus courte pour lajustesse des directions, puisque ces bou-ches à feu n’ont point comme les instru-mens en question, des pinnules dont laforme & la disposition concourent à l’é-xact'tude de I opération. Cet inconvé-nient est commun à toutes les piecescourtes , quelque bien proportionnéesqu’elles soient bailleurs ; mais il feraencore plus grand si le diamètre de la cu-lasse excede de beaucoup celui du bour-let, parce qu’alors la ligne de ire seroìtextrêmement plongeante, rencontreroitla lign. detiretrès-près dela bouche, &formeroit arme elle un angle très ouvert.La ligne de tire s’éléveroit d’autant plusSU- dessus de la ligne de mire , à une cer-taine distance, après leur intersection,que la différence des diamètres de la cu-lass' & du bonrlet seroit plus grande.Aussi le défaut naturel de ces fortes depieces est de porter le (mulet trop haut.Noos trouvons dans VEssai sur í'usage deVartillerie , p. 34, „ qu’en 1744, le comtede Beìle-isle attaqua un corps d'Autri-chiens dans la forêt de Brompt : ils firentcontre les Franqois un feu assez vif dequelques pieces de Z courtes & grosses âla culasse, fans tuer un seul homme : tousles coups alloient frapper le haut des ar-bres : c’est un fait dont plusieurs officierspeuvent encore rendre témoignage. Lescanoniers Allemands. font auffi braves& aussi bons que ceux des autres nationsde l'Europe : pourquoi donc tiroient-ilssi mal? C’est qu’avec des pieces construi-tes comme celles qu’ils avoient à ma-nœuvrer, il faut, à une certaine distance,pointer beaucoup plus bas que l’objet, &que tout soldat dirige naturellement soncoup d’œil le long du métal de sa piece ,vers le point qu’il veut Frapper. Nos piè-ces à la suédoise étant pointées à un butdistant de Í80 toises, le boulet passe dequelques piés au-dessus.”
C’eftun principe avoue' généralement,
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f Essai sur (usage Ae l'artillerie , p. zy Usuiv. ) qu’il est difficile d’assurer le coupde boulet à 400 toises de distance, mêmeavec nos pieces longues , fur un petit ob-jet ou une troupe qui marche. A plusforte raison y trouvera-t-on de la diffi-culté avec des pieces plus courtes, par lafeule raison de leur peu de longueur, quimettra dans la nécessité de les tirer foustel angle d’élévation que le coup en de-viendra plus incertain & de moindre ef-fet , malgré la précaution qu’on a prise dene pas rendre excessive la différence dudiamètre de la culasse & de celui du b our-let. II fuit de cette observation que leurdirection sera plus juste que celle despieces à la suédoise, qui sont plus malproportionnées, mais qu’elle le fera moinsque celle de nos anciennes pieces, dansles mêmes calibres : d’où il réfu'te qu’el*les font inférieures à celles-ci dans la vi-tesse & la force qu’elles impriment auboulet & dans la justesse du tir : deuxinconvéniens qui paroissent aux parti-sans de l’ancienne artillerie d’une gran-de conséquence dans toutes les occasionsde guerre où on peut employer le canon ,pour frapper à des débouchés distans de400 toises & plus , ou des troupes qui seFormeroient à cette même distance.
II ne faut pas conclure de cette diffi-culté d’assurer le coup de boulet à 400toises, qu’il ne faille jamais tirer de ca-non à cette distance & même au-delà ,avec des pieces bien proportionnées quipeuvent atteindre les objets fans êtresensiblement élevées à l’horizon : c’est ,comme nous l’avtms déja observé, sueune masse de troupes qu’on dirige sesfeux; & ceux de plusieurs pieces réuniespeuvent alors causer un grand désordre ,Sc de pleinfaïet & à ricochet, fi leurs di-mensions les rendent propres à ces effets ,Sc si la batterie n’eft pas trop élevée au-dessus du niveau de la campagne : car onfait l’avantage que M. de Valiere tira despieces de ra & de 8, qu’il avoit placéesfur la colline entre Hastembek & le bois,avec lesquelles il rompît le corps desHessois & des Hanovriens qui fe dispo-soient à fondre sur nos troupes au sortirde ce village.
Cet exemple ne contredit point unemaxime prouvée par la raison L par l’ex-périence , qu’il ne faut pas placer le ca-non de préférence fur des hauteurs trop