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employées avec autant <le succès qued’éclat.
Dans quelque circonstance que ce soit,on doit au lieu de tirer par salve , ne ti-rer qu’un coup après l’autre, en forte quele sen l'oit continu ; c’est la maniera laplus sûre d’inquie'ter l’ennemi, de lili fai-re tout le mal possible, & de ue lui pasdonner un moment da relâche. Sans s’é-carter de cette maxime , dont la vériténe fera pas contestée, il faut tirer vive-ment à 200 toises de distance, parce quele coup commence à devenir certain, & àlootoises très-précipitamment.parce quele ft il devient alors auffi meurtrier qu’ilpeut l’étre , &une troupe qui y seroit ex-posée, sans pouvoir l’éviter, ls íoutien-droit difficilement fans sc rompre.
Après avoir parlé de la légèreté de l’ar-tiUcrie du nouveau système, dont ses par-tisans ont prétendu tirer de si grandsavantages ; après avoir montré ce queles pieces raccourcies perdaient fur lalongueur & la reéfitude des portées, nousdevons entrer dans quelque détail fur lecanon tiré à cartouche. Cette questiontidnt au système actuel de tactique quiparaît universellement adopté par toutesles puissances de l’Europe , & doit né-cessairement entrer dans cet article, dontVartillerie de campagne est l’objet : nousle terminerons par quelques réflexionsfur l’économie qu’on a cru devoir résul-ter du nouveau svstême & sur la dégra-dation des chemins que la nouvelle artil-lerie devoit plus ménager que l’ancienne,par rapport à fa légèreté.
M. Jfoly de Maiseroy, auteur aussi esti-mable que militaire zélé, nous cht dansl’avant-propos de l’ouvrage fur les opi-nions qui partagent les militaires, quedepuis le siecle de Charles V & de Fran-çois I, où l’on vit renaître en Europe lascience de la guerre, ['infanterie consti-tuée sur les principes des anciens , s’yétoit soutenue sans contradiction jufqu’a-près la paix deNimegue, en 1678. Lesfusils qui commenqoient alors à succéderaux mousquets, étant plus maniables 81plus Faciles à tirer , firent prendre insen-siblement du dégoût pour les piques, l’in-vention de la bayonnette contribuoit en-core à ('augmenter, de forte que les pi-ques furent entièrement abandonnées en1703 ; ce fut M. de Vauban qui détermi-na Louis XIV à les. supprimer , époque
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quî doit être remarquable dansl'histoirede notre tactique. Peu d’années aprèstoute l’infanterie fut armée de fusils avecla bayonnette à douille, &la plupart ima-ginèrent que Parme de jet devoit êtredéformais prépondérante : cette idéeayant pris faveur , on ne pensa plus qu’àse ranger dans un ordre qui parût propreà faire usage de tout son feu , on oubliatotalement celui qui convenoit le mieuxppur la charge & qui avoit été précédem-ment comme la forme naturelle de P in-fanterie.
Ii auroit semblé que Pordre mince &cette extrême confiance qu'oa met au-jourd’hui dans le feu , ne pouvoient seconcilier avec Pimpétueufe vivacité de lanation franqoife, si bien connue de tou-tes les autres : quoi qu’il eu soit de cettediscussion qui n’est cependant pas étran-gère à notre sujet, il luffit de dire quetontes les puissances de PEurepe ayantadopté la formation des bataillons furtrois de hauteur, on a cru qu’on ne pour-roit réiïfier au Feu de leur infanterie Lde leur nombreuse artillerie , qu’en leuropposant des troupes rangées dans le mê-me ordre , une artillerie ailffi nombreuseque la leur, & par ce moyen un feu auisibien nourri que le leur. De là notre or-donnance actuelle ; de-là nos exercices ,nos feux de pelotons, deodivisions , dedeux rangs : de-là Vartillerie légere &multipliée; de-là les coups de canon àcartouche préférés aux boulets, même àde trop grandes distances.
Ce même système de tactique ayantprévalu , il est certain que les partisansde la petite artillerie avoient un beauchamp pour défendre leur opinion. Vousvoulez du feu, ont-ils dit, vous y metteztoute votre confiance, vous abandonnezles armes de longueur qui mettoient vo-tre infanterie dans le cas de se défendrecontre la cavalerie & même de Pattaqúerivous voulez que les François, si impé-tueux & b déterminés à en venir promp-tement aux mains, à fondre brusquementfur Peunemi, à Pattaquer de vive forcemême dans des postes, dans desretran-chemeus , craignent de le ..joindre à dé-couvers ,& restent en panne exposés aufeu de la mousqueterie & de {'artillerie,feu d’autant plus redoutable que les na-tions que vous prenez pour modele enfont leur principale affaire, & qu'il con-