Band 
Tome troisieme. APA - ATZ.
Seite
710
JPEG-Download
 

7ïo A S T

depuis Moyse jusqu’à la captivité de Ra-ï?yione.

ASTARTE , Wst. me. Astarté dont lenom signifie un troupeau de chèvres ou deptoutons , fut la principale divinité dasSidoniens qui la reprétentoient fous lafonpe d'une jttìijle qui couvre ses pous-sins de ses ailes. Par lin bizarre assembla-ge , on la représentoit avec des cornes furla tête, parcs que C’étoit l’attribut de lapuissance suprême ; elle ii’eut pas le mê-me nom chez les différeras peuples où sonculte étoìf établi. Cicéron dans l’énumé-ration qu’il fait des différentes Vénus,dit, que la quatrième étoit adorée enPHéniçie , fous le nom d' Astarté, où elleétoit représentée avec un carquois & desiìeches. Comme elle Fut adorée fous diffé-rons noms, on la peignit avec differens at-tributsjslie étoit appellée Dieu par lesHé-breux idolâtres qui n’avoient point dc ter-minaison Féminins dçtns leur langue. Lespeuples dtj mont Liban !a repréientoientpleurant la mort d’Adonis son époux ché-ri: sa tête étoit voilée & des larmes cou-loient de ses yeux ; ce Fat pourquoi onla plaça dans le ciel où elle formnit laconstellation de la poule , connue fous lenom de pléiades. Les Assyriens l’habil-loient tantôt en homme , & tqntót en,Femme; leurs prêtres consacrés à sonculte n’eutroient dans son temple qu’a-vec un habit de femme. Les Perses pro-scrivirent Ion culte, mais on lui érigea untemple à Hiéropolis, où les Egyptiens,les Indiens, les Arméniens & les Baby-loniens porterenfc leurs offrandes : sesadorateurs ne ponvoient pénétrer danscette demeure sacrée sans avoir fait unéchange d’habits ; la femme prenoit celuide l’homme , & l’hprame celui de la fem-me. On prétend que la Vénus Uranie desGrecs , la Vénus des Assyriens, la grandeDéesse des Syriens, la Derceto d'Afcalon ,étoient l’ Astarté des Phéniciens : d’autresl’adoroient fous le nom de la Lune , de. Lucifer, de Junon , ds Minerve & d’ Io.

Astarté avoít ses prêtres qu'on appcl-loitles prophètesdii bocage . parcp que c’é-toit dans le silence dçs forêts qu'on cé-lébrait ses mystères. On exigeoit desfemmes qui vonloient y participer, l’o-hllgatiou dç couper leurs cheveux j &pomme elles étoient fort attachées à cet-te parure naturelle, elles s'affranchis-fòjçnt de cette loi rigoureuse çn se pro-

Á S T

stituant un jour entier anx étrangers quivouloient en jouir pour de l’argent, & leproduit de cette prostitution étoit offertà la déesse; le sacrifice de leur honneurleur étoit moins pénible que celui deleurs cheveux: le temple qu’on lui avoitérigé fur le mont Liban offrit le specta-che de la plus révoltante incontinence.Les hommes fans frein & fans pudeurétnuffoíent la nature, & se livroient auxdésordres les plus détestables. Ces abo-minations religieuses passèrent de l’Alieen Afrique , où l’on éleva a cette déesseun temple où les filles alìoient dévote-ment f’e prostituer. Comme cette déessen’avoit point par tout des temples , fesprêtres attentifs à la commodité publi-que , portoient fur les épaules de petitstabernacles autour defquels on offroit;Ies sacrifices impurs. Chaque pays se dis- -puta la gloire d'avoîr donné naissance àcette déesse, Son temple le plus Fréquen-té fut bâti à Tyr par Hiram, & c’estpeut-être ce qui lui a tait donner une originephénicienne : son culte s’étendit à me-sure que les empires d’Assyrie & de Ba-bylone prirept des accroissemens. Nosannales sacrées la nomment Ásturoth ,

& tantôt le dieu de V abomination des Si-doniens', les Talmmfilles, dont le vul-gaire semble adopter les erreurs, lui don-nent un des premiers rang dans la hié-rarchie infernale ; on attache à ce motl’iilée d’un diable important à qui l’onfait jouer un grand rôle pour troubler lapolice do monde. Quoique l’histoire nenous ait point conservé le détail de fesactions, il çft aisé de juger par les Fablesqui sont parvenues jusqu’ànous, que iafélicité dont fes sujets jouirent pendantson régné lui procura les honneurs di-vins. La religion païenne enl'eignoit alorsque l’ame des bienfaiteurs des hommesalloit après leur mort résider dans les as-tres; ainsi l’on se persuada que celle A'Ast-tarté qui avoit découvert ou protégé desarts utiles, avoit fixé fa demeure dans lalutte , dont elle devint le symbole. ( T-n )ASTATIENS, f. m. pi. Thfol. , hé-rétiques du neuvième siecle, & sectateursd’un certain Sergius qui avoit renou-velle ies erreurs des manichéens. Cemot est dérivé du grec , & formé d’a pri-vatif , fans , & d’iV>ijw ,fio , je me tiensferme, comme qui diroit variable, in-constant , soit parte qu’il ne s’en te-