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faite tin effort de courage , & à effa-cer dans leur sang l’injuri'iix sònpqonqil’on a de leur fidélité. Ses généreuxcompagnons , dés espérés de ue pouvoircombattre fous ses yeux , le conjurentde leur laisser dit moins son armurecomplété , pour leur faire croire qu’ilest avec eux ; ils la placent a u milieude leur bataillon , & possesseurs de cegage de i’héroïsme , ils s’élancent dansla mêlée avec ine fureur fi opiniâtre ,que tons expirent percés de coups : telest l’àscendant du génie , soutenu de lavertu , sur les âmes les plus vulgai-res.
Après la mort de ces deux grandshommes , intégrés magistrats & intré-pides guerriers , Athènes pencha versson déclin ; il s’eleva lin homme qui avnittous les talens , toutes les vertus & tousles vîcesjc’étoit Pénclès,magistratéeiairé,orateur aíFectueux & véhément , grandcapitaine & mauvais citoyen. Né avectous les dons de la nature , il ne lesdéploya que pour la ruine de fa patrie,& quoique fou cœur fût ouvert à tou-tes les passions , il les subordonna ton-tes z l’ambition dc gonrverner. Ce futen introduisant le luxe & les vices, enentretenant le goût des fêtes & des vo-luptés , qu’il façonna un peuple indo-cile à l’obéissance. L’aréopage étoitchargé d’instiger des peines à ceux quiliés feus biens n'exerqoient pas unart /néchanique ; le législateur pardette institution avoit cru que le peupie, occupé de son travail, se repose-joít du soin des affaires fur les ma-gistrats. Périclès prit une autre route :flatteur de la multitude, il caressa songoût pour les Fêtes & les spectacles ;& détruisant Phabitudç du travail , ilinspira la passion des arts de luxe , &le dédain des professions utiles. II futalors aussi glorieux de chanter les hérosque de les imiter j & tandis que Spartebornait son ambition à être libre &guerrière , les Athéniens égarés dansleur route , étoient tous poètes , ora-teurs & philosophes. Les dépenses desreprésentations théâtrales épuisèrent letrésor public , qui ne put plus fournirâ l’entretien des flottes des armées;les représentations des tragédies deSophocle & d’Eunpide , engloutirent
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plus d’or que la guerre soutenue contreles Perses pour la défense communede la Grece. Les étrangers étoient in-dignés de l’aflîduíté scandaleuse des ma-gistrats aux spectacles ; & tandis quele soldat & le matelot sollicitoient lesalaire de leur sang, on prodiguait Potde l’état pour avoir des machines &des décorations théâtrales : les plaisirsqui ne doivent être que des délassemens,devinrent de s besoins.
Ce Furent tous ces désordres qui fi-rent descendre Athènes de la premier»place qtt’elle occupoit , pour s’asscoirdans le second rang. Après avoir humi-lié l’orgueil des Perses , esse eut la va-nité d’ímposer le joug à toute la Gre-ce ; ses alliés, qu’elle épuisoit par desexactions, furent dans l’iinpuissance dela soutenir , & bientôt devinrent sesennemis ; la confédération respectablequi ue formoit de la Grece qu’une ré-publique , fut rompue ; la guerre duPéloponnefe fut le germe malheureu-sement fécond de toutes les calamités ,& son issue fut aussi fatale aux vain-queurs qu’aux vaincus.
Périclès , voulant gouverner fans ri-vaux , avait écarté des affaires tousceux dont les talens pouvoient lui fai-re ombrage ; il Jui fallnit des agenssubordonnés , qui ne vissent que parses yeux , fans élévation dans l'esprit,sans droiture dans le coeur , plutôtfaits pour Pintrigue que pour la poli-tique. Tandis que les arts agréablesusurpaient la conlidératio'n due aux ta-lens utiles , il se formoit des hommesaimables , mais incapables de gouver-ner la république. Cléon , intriguantaudacieux , s’entpara du timon des af-faires : cet homme sorti du néant , &monté au faîte de la grandeur sansle secours des talens & des vertus, fitnaître de la confiance à tous les intri-guans , qui reconnurent qu’il ne Fal-loir que de l’audace pour ' maîtriser unpeuple occupé de fêtes , de jeux & despectacles. On crut devoir opposer à cecitoyen turbulent , Nicias , dont lacirconspection timide ne régloit rienque sur la certitude des succès. A for-ce de porter ses vues trop loin , il nedistinguoit plus les objets ; trop ver-tueux pour descendre dans les rtplisdes