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Tome troisieme. APA - ATZ.
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avoient déférés ; ce fut alors qu’il pritle nom A'Atticus : devenu citoyen d’A-thenes , il consacra une partie de sontemps à l’adininístration publique, &les momens qu’il put dérober aux affai-res , furent employés à l’étude & à fapolice domestique : également ennemi«le l'avarice & de la prodigalité, il con-serva toujours un esprit d’ordre , quile mit en état de fe livrer à ses inclina-tions bienfaisantes.

Quelques momens de calme dont Ro-me jouit , le déterminèrent à revenirdans fa patrie. Sa fortune déja immensereçut de grands arcroiísemens par fhéri-itage de son oncle, homme fâcheux &difficile , qui haïsse!t tous les hommes ,& dont Atticus avoit le privilège d’adou-cir la férocité. II y maria fa sœur avecQuintus Cicéron , frere de l’orateur.Cette union ne fut point heureuse; lesdeux époux furent obligés de se séparer,& ce divorce ne mit aucune altérationdans l'amitié A'Atticus & do Curateur,parce que cette amitié étoit fondée fur laconformité des inclinations , & non furle droit d’affinité.

Le chemin des honneurs lui étoit ou-vert ; il y étoit appelié par ses vœux desgens de bien, & ses richesses lui don-noient la facilité d’acheter les suffragesdes âmes vénales ; il refusa la préture ,L ne voulut être qu'homme privé; maisil n’en avoit pas moins d’influence dansles délibérations publiques; & dans ce'temps de troubles & de factions il restâconstamment attaché au parti le plusjuste. II prit les fermes de la république ,selon i'uftge antique des chevaliers ro-mains i fa perception fut douce & humai-ne ; il n’intenta aucun procès, il ne fitdécerner aucune peine contre ceux quialiéguoient l’impuiffance de payer. Lesgouverneurs des provinces avoient cou-tume de se faire accompagner par; deschevaliers, dont ils faiíbient lesinstru-mens &'sos complices de leurs exactions.Atticus fut. sollicité dé se prêter à cette -bassesse , mais il n’aimoit qu’à user deses biens, saiís envier ceux des antres.Pendant les guerres de César & de Pom-pée;, il resta tranquille à Rome, quoi-queceux qui restoíent dans la neutralité •fussent regardés comme des ennemis parles deux chefs de parti. Pompée, qui

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exigea le plus, ne fut point offensé deson indifférence pour fa cause : & César ,vainqueur à Pharfale, lui témoigna lesmêmes égards que s’il eu eût été biensetvi : tel est l’afeendaut des hommes'maîtres d'etix-mémes. Lorsque Livressedes factions est dissipée , onfélicite ceuxqui ont refusé d’y prendre part. Césarlui envoya le fils de fa sœur Pomponiafait prisonnier à Pharfale, & pendanttoute fa dictature , il lui témoigna lamême confiance.

Son esprit souple & docile se prêtoità tous les goûts, jeûné encore, il fut plai-re à Sylla dans son déclin;vieux,il devintégalement cher àBrtitus , qui étoit dansla fleur de son âge. C'est le privilège desâmes tranquilles, qtti jamais né se livrentaux failles de l’humeur, ni aux impres-sions de l’enfance. Lorsque lafslrt une aban-donna Brutus, & qu’íl fut obligé de sor-tir d’ïtalie , Atticus , qui avoit été indiffé-rent à fa cause, se fit'un devoir désobli-ger, parce qn’il étoit malheuieux ; il luifit tenir en Epire une somme considéra-ble; &aprés la journée de Philippe, il usade la même générosité envers les illus-tres proscrits , à qui il fournit de l’argent& des vaisseaux pour se retirer dans laSamoth race. Antoine heureux ne le comp-ta pas parmi les adorateurs de fa fortune;mais lorfqu’il eût été déclaré ennemi dela république , Atticus se fit un devoird’adoucir le sort de fa famille délaissée ,dans un temps où l’on n'aVoit pas lieu déprésumer qu'elle fetoifen état de lui enmarquer fa reconnoiP&ncev Fnlvíe, fem-me de ce triumvir, étoit alors poursuiviepar des créanciers impitoyables, il se ren-dit" ft caution fans eh être sollicité , &luiprêta même de l’argeht farts intérêts pouraller rejoindre son mari ; & comme onlui dematìdòit le m otif île cette géhérosi-té'envers un homme qu’il avoit négligé"dans lá prospérité, iLrépohdoitt il fautaimer les hommes & non pas teur fortu-ne. Une- révolution imprévue ramenaÁïáre-Antèine heureux & triomphant àRome ; ceux qni l’avoieat abandonnédaiisft difgtace épîouvereiit ses vengean-ce. Atticus craignit que ses liaisons avecCicéron ne l’euffént fait paroitre coupa-blé; il se tfnrcaché, pour ne pas s’éxpo-feî à l’orage. Antoine , qni voulut s’ho-norer dfiim.' fr illustre auritié , lui écrivit