922 ATT
roit parfaitement sphérique, fi les partiesqui le composent étnient sans pesanteur :mais cette force, qui les fait descendreenembas, oblige la goutte de s’allongerun peu ; & c’eit pour cette raison , queles gouttes de fluide attachées à la surfa-ce inférieure des corps, dont le grand qxeest vertical, prennent une figure un peuovale. On remarque auffi cette mêmefigure dans les gouttes d’eau qui fontpla ides fur la surface supérieure d’unplan horizontal, mais alors le petit axede cette figure est vertical, & fa surfaceinférieure , c’est- à - dire , celle qui tou-•che ìep ! án, est plane ; ce qui vient tantde la pesanteur des particules de l’cau,que de YattruíHon des corps fur lesquelselles font placées , qui altèrent l’effetdeleur attraction- mutuelle. Auffi moinsla surface sur iaqu ;lle la goutte est placéea de force pour attirer ses parties, plusla goutte reste ronde : c’est pour cetteraison , que les gouttes d’eau qu’on voitfur quelques feuilles de plantes, foutparfaitement rondes; an lieu que cellesqtii fe trouvent fur du verre , sur des mé-taux , ou sur des pierres ne font qu’àdemi-rondes , ou quelquefois encoremoins. II en est de même du mercure,qui se partage sur le papier en petitesboules parfaitement rondes , ail lieuqu’il prend une figure applatic ìorfqu’ilest mis fur du verre ou fur quelqu’autremétal. Plus les gouttes font petites ,moins elles ont de pesanteur, & par con-séquent lorfqu’elles viendront à s’attirer,elles formeront un globule beaucoupplus rond que celui qui fera formé parles grosses gouttes , comme ou pourroitle démontrer plus au long , & commel’expérience le confirme. I! est à remar-quer que tous ces phénomènes s’obser-vent également dansl’air & dans le vuide.Mujsch.
On peut «'assurer encore de la forceavec laquelle tes particules d’eau s’aííi-rent, en prenant une phiole dont le cousoit fort étroit, & n’ait pas plus de deuxlignes de diamètre, & en renversantcette phiole , après l’avoir remplie d’eau,car on remarquera alors qu’il n’en fortpas une feule goutte.
Comme dans une goutte d’eau > lesparties qui «'attirent réciproquement nerestent pas en repos avant que d’avoir
ATT
formé une petite boule , de même auffideux gouttes d’eau situées l’une prochede l'autre, & légèrement attirées par lasurface fur laquelle elles fe trouvent, seprécipiteront l’une vers l’autre par leurattraìiìon mutuelle ; & dans l’i njlunt
même de leur premier contact, elles feréuniront & formèrent une boule , com-me on l’obferve en effet ; la même chosearrive à deux gouttes de mercure.
Lorfqu’on verse ensemble les partiesde divers liquides, elles «'attirent mu-tuellement ; celles qui se touchent alors,tiennent l’une à l’autre par la force aveclaquelle elles agissent ; c’est pourquoi lesliquides pourront en ce cas fe changes 1 enun corps solide , qui sera d’autant plusdur , que Vattracíion aura été plus forte ;ain fl ces liquides fe coaguleront. Mujsch.
Lorsqu’on a Fait dissoudre des partiesde sel dans une grande quantité d’eau ;elles sont attirées par l’eau avec plus deforce qu’elles ne peuvent s’attirer mu-tuellement , & elles restent séparées assezloin les unes des autres : mais lorsqu’onfait évaporer une grande quantité de cet-te même eau , soit par la chaleur du so-leil , soit par celle da feu , soit par lemoyen du vent, il s’éleve fur la surfacede l’eau une pellicule fort mince, forméepar des particules de sel qui fe tiennenten haut , & dont l’eau s’est évaporée.Cette pellicule, qui n’est composée quedes parties de sel, peut alors attirer &séparer de l’eau qui est au-dessous, diffé-rentes particules salines , avec plus deforce que ne pouvoit faire auparavantcette même eau déja diminuée de volu-me ; car par l’évaporatìon d’une grande’quantité d’eau , les parties salines fe rap-prochent davantage, L «'unissent beau-coup plus qu’auparavant; & l’eau fe trou-vant en moindre quantité , elle a auffimoins de force pour pouvoir agir fur les'parties salines, qui font alors attirées enhaut vers !a pellicule de sel à laquelleciles fe joignent. Cette petite peau de-vient par conséquent plus épaisse &pluspesante que le liquide qui est au-dessous,puisque lapesanteur spécifique des partiessalines est beaucoup plus grande que cellede l’eau ; ainsi dès que cette peau estdevenue fort pesante , elle fe brise enpieces; ces morceaux tombent au fond,& continuent d’attirer d’autres parties fa-