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Tome IV. AU - BHA.
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ce qui étoit nécessaire pourl’intelligencedu sujet; & la danse étoit interrompuepar des airs qu’on ehantoit. On a untraité fur ces ballets , par le P. Menef-trier.

Les mémoires qui nous restent fur lesballets des anciens Grecs, font conjectu-rer qti’iis en avoient auffi de deux efpe-ces : les uns formoicnt un draine d’ungenre particulier; les autres faifoientsimplement partie d’un spectacle drama-tique. Les ballets des anciens étoienttous caractéristiques : ils repréfentoientdes usages ou des actes publics & natio-naux, ou ils étoier.t des imitations dequelques événemens particuliers.

§ Ballet, Musique , la musiqued’un ballet doit avoir plus de cadence& d’accent que la musique vocale , par-ce qu’elle est chargée de signifier plus dechoies, c’est à elle feule d’infpirer audanseur, la chaleur & l’exprefìion que lechanteur peut tirer des paroles, & qu’ilfaut de plus, qu’elle supplée, dans lelangage de l’ame & des passions , toutce que la danse ne peut dire aux yeuxdu spectateur.

Ballet, est encore le nom qu’ondonne en France à une bizarre forte d’o-péra, où la danse n’cstguere mieux placéeque daus les autres, & 11’y fait pas unmeilleur effet. Dans la plupart de cesballets , les actes forment autant de sujets Sdifférents , liés feulement entr’eux par 'quelques rapports généraux étrangers àfaction , & que le spectateur n’appcrce-vroit jamais, si fauteur n’avoit foin def en avertir dans le prologue.

Ces ballets contiennent d’autres bal-lets , qu’on appelle autrement Aivertijje-ments ou fêtes. Ce font des fuites dedanses qui fe succèdent faus sujet, niliaison entr’elles, ni avec faction prin-cipale, & où les meilleurs danseurs nesavent vous dire autre chose , sinonqu’ilsdansent bien. Cette ordonnance peu théâ-trale suffit pour un bal où chaque acteura rempli son objet, lorsqu’il s’est amusélui-même, & où í’intérêt que le spec-tateur prend aux personnes, le dispensed’en donner à la chose : mais ce défautde sujet & de liaison ne doit jamais êtresouffert sur la scene ; pas même dans îareprésentation d’un bal, où le tout doit

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être lié par quelque action fecrette quisoutienne l’attention, & donne de l’iu-téret au spectateur. Cette adresse d au-teur n’est pas fans exemple, même àl’opéra François , & l’on en peut voirun très-agiéable dans les fêtes vénitien-nes, acte du bal.

En général, toute danse qui ne peintrien qu’elle -même, & tout ballet quin’est qu’un bal, doivent être bannis duthéâtre lyrique. En effet, faction de lascene est toujours la représentation d’uneautre action, & ce qu'on y volt n’estque l’image de ce qu’on y suppose; delotte que ce ne doit jamais être un tel ,ou un tel danseur qui se présente à vous ;mais le personnage dont il est revêtu.Ainsi, quoique la danse de société puissene rien représenter qu’elle-mème, la dan-se théâtrale doit nécessairement être li-mitation de quelqu’autre chose; de mêmeque facteur chantant représente un hom-me qui parle , & la décoration d’autreslieux que ceux qu’elle occupe.

La pire forte de ballets, est celle quiroule fur des sujets allégoriques , & oùpar conséquent il n’y a qu’imitatíon «Li-mitation. 'fout fart de ces fortes de dra-mes consiste à présenter, sous des imagessensibles, dès rapports purement intel-lectuels ; & à faire penser au spectateur ,toute autre chose que ce qu’il volt, com-me si, loin de rattacher à la scene, c’é-toit un mérite de f en éloigner. Ce genreexige, d’ailleurs, tant de subtilité dansle dialogue, que le musicien fe trouvedans un pays perdu parmi les pointes ,les allusions & les épigrammes, tandisque le spectateur ne s’oublie pas un mo-ment : comme qu’on fasse, il n’y aurajamais que le sentiment qui puisse ame-ner celui-ci sur la scene & l’identifier,pour ainsi dire, avec les acteurs ; tout cequi n’est qu’intellectuel i’arrache à 1 *piece, & le rend à lui-même. Auffi voit-on que les peuples qui veulent, & met-tent le plus d’esprit au théâtre, sont ceuxqui se soucient le moins de l’illufion.Que Fera donc le musicien fur des dramesqui ne donnent aucune prise à son art?si la musique ne peint que des sentimensou des images, comment rendra-t-elledes idées purement métaphysiques, tel-les que les allégories, où l’esprit est sanscesse occupé du rapport deseb;ets qu’oa