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Tome IV. AU - BHA.
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®n sait que le muse & l’ambre, quifont la principale partie de cette com-position, ont cette vertu dans un degrééminent. Enfin ce n’ed qu’après avoirfait usage des autres drogues qui met-tent tous leurs sens dans de grandesagitations, qu’ils ont recours à cettederniere. Au reste rien de plus perni-cieux que f usage de cette drogue, &rexpérience apprend que ceux qui enfont usage sont bientôt épuisés, & qu’ilsdemeurent exténués pour le relie deleurs jours.

La maniéré dont ces drogues agissentvarie suivant les tempéraments. 11 pa-roît en général que c’eíl par une Fartecommotion des sens, par un ébranle-ment général du système nerveux , qnidérange ou obscurcit le cerveau ; quiest suivi, pour l'ordinaire, dune vraiemanie, d’une espece de folie que lesIndiens appellent improprement ivrejpj.En voici quelques essets principaux ,tels qu’ils ont été vus fur les lieux parRumphe, ce savant médecin, cet excel-lent observateur qui connoissoit si par-faitement l’art de bien voir.

Parmi ceux qui Fument les feuillesdu bangi avec celles du tabac, les unsdeviennent furieux , ne veulent rienfaire qu'à leur propre volonté, ne cher-chent qu’à fe battre, qu’à briser tout cequi se présente sous leur main : ce fontles tempéramens bonillsns & secs, lesgens sanguins, dont le système nerveuxest tendu. Les antres d’lin tempéramentplus humide, plus froid , moins san-guins, plus mous dans le système ner-veux , commencent par pleurer & finis-sent par le ris sardonique & par des me-naces. Cette puissance qui agit ainsi furles nerfs & qui porte à ia fureur, résideprincipalement dans les feuilles du ban-gi , car on peut manger une petite quan-tité de ses graines fans éprouver le moin-dre changement, & leur vertu est con-sidérablement corrigée par le mélangedes aromates dont nous avons parlé, &que les Turcs , les Persans & les habi-tans du Mogol savent mieux préparerque les Maures qui habitent les îlesMoluques.

C’est un usage reçu chez tous les mi-litaires de ces pays, depuis les commen-çants jusqu’aux derniers officiers, de

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prendre Wurneliement une petite quan-tité de cette composition, pour fe pro-curer une gaieté qui les délivre des fa-tigues & des inquiétudes que cause laguerre. Auflì le dernier sultan de Cam-baye avoit-il coutume de dire que quandil vouloir se procurer un rêve agréa-ble & voyager en sommeil dans le Por-tugal , le Brésil & d’autres pays, illui suffil'oit d’avaler un peu de bangi ,mêlé avec le sucre , le majoeh & lesaromates dont nous avons parlé. On faitqne les Turcs, lorsqu’ils vont au com-bat, prennent de leur masiach qui estmêlé d opium , qui leur procure unedemi-Fureur qui les rend intrépides& qui leur fait affronter les plus grandsdangers.

On fait par Galien, livre T, De ali-menterum facultetibus , que les anciensavoient coutume de fe faire servir, ainedesserts de leurs festins, la graine rôtiedu chanvre, c’est-à-dire, le“chenevis ,pour s’exciter à la joie & à boire large-ment; mais ce savant médecin ajoute queceux qui en mangent une trop grandequantité , éprouvent au cerveau de lachaleur, une commotion, & des nua-ges , à-peu-près comme quand on mangela graine de l’agnus-caftus, c’est-à-diredu vitex.

Les Malays fe procurent cette ivressetempérée qu’ils appellent hayal, en fai-sant macérer, c’est-à-dire , en versantsur une pincée des feuilles du bangide l’eau bouillante qu’ils boivent à lamaniéré du thé. 11s prétendent mêmeque Tissage de cette boisson devroit passeren mode chez tous les rois de la terre ,toutes les fois que, fatigués du détail deleur gouvernement, ils auroient besoinde se procurer promptement de la distrac-tion & de la gaieSé.

La poudre de ses feuilles séchées ansoleil est un astringent puissant quiarrête la diarrhée , fortifie Testomac ,tempeve la biie , & qui est le spécifi-que de la maladie appeilée prias au Ma-labar où elle est endémique : le pitaoest une espece d’énervement causé pardes excès de fatigues , d’usage d’eau-de-vie , de mets acides & salins . debétel & de riz cru d , de saignées & dusommeil, d’où naît un a:nas d’humeursqui dominent le sang , & une jaunisse