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Tome IV. AU - BHA.
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Une bataille perdue est celle dans la-quelle on abandonne le champ de batailleà l’ennemi , avee les morts & 1 es blessés.Si !'armée se retire en bon ordre avecion artillerie & ses bagages , le fruit dela bataille se borne quelquefois à avoir«Bayé ses forces contre l’ennemi , &

an gain d u champ de bataille : mais siFarinée battue est obligée d’abandonnerson canon , & de se retirer en désor-dre , elle n’est plus en état de reparaîtredevant l’enncmi qu’elle n’ait réparé sespertes ; il fc trouve par - là maître de lacampagne, & en état d’entreprcndre desfieges: c’eft cette fuite qui décide ordi-nairement du succès des batailles , dontîln’estpit rare de voir les deux partis«'attribuer î'avantage.

Un grand combat perdu , dit M. deFeuquieres , quoique plus sanglant.qu’une bataille , emporte rarement laperte de tonte ['artillerie, & presque ja-mais celle des bagages ; parce que lesarmées n’avant pu s’aborder par leurfront, il est certain qu’elles n’ont pusouffrir que dans la partie qui a com-battu ; & que quoique pour attaquerou pour soutenir , 011 ait successivementété obligé de fe servir de nouvelles trou-pes tirées du front qui ne pouveientcombattre, faction n'ayant pu cepen-dant devenir générale , elle n’a pu pro-duire qu’une plus grande ou moindreperte d’taommes, fans influer si absolu-ment fur la fuite d’une campagne & furJa décision pour la supériorité, que lepeut faire une bataille rangée: elle nepeut produire ni la perte générale desbagages, ni celle de l’artìlierie, maisfeulement ce qui peut s’en être trouvéfur le terrein où les troupes ont combat-fu. Mémoit e: de Feuquieres,

11 luit de-là qil'un généra! qui craintde fe commettre avec un ennemi en rasecampagne, doit chercher des postes dechicane, où fans faire agir toute sonarmée, il puisse attaquer l'etinemi lanss’expolér an hasard de perdre une batail-le. Mais il faut convenir que fi par cesefpeces de batailles , on ne fe met pas endanger d'ètre battu entierement, on nepeut non plus battre entierement l’enne-»ii, & l'empécher de reparaître après lefombat comme avant pours’oppossrauxfílfrepnfçs qu’on pejijifàrjjier,

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L’histoire des batailles n'est propre-ment que l'hilloire des défauts & desbévues des généraux ; mais il est heu-reusement allez ordinaire que les mépri-ses des deux généraux opposés le com-pensent réciproquement. L’un fait unsfausse démarche ; ì’autre ne s’en anper-qoit pas ou >1 n'en fait tirer aucun avan-tage : delà i! n’en résulte aucune consé-quence fâcheuse.

Les Mémoires de M. de Feuquieresfur la guerre , ne font, pour ainsi dire ,qu’un récit des inadvertences L desfautes des cieux partis: à peine fait-ilmention d’un seul général, excepté Tu-renne, le grand Condé & Luxembourg,dont la conduite soit autre chose qu’untissu continuel de fautes. Gréqui & Ca-tinat, en certaines occalions , en fai-soient de grandes, selon ce même of-ficier , mais ils favoient les compenserpar une conduite judicieuse'en d’au-tres occasions. M. le chevalier de Fo-lard trouve aussi très - peu de générauxdont la réputation soit nette à tonségards. Le marquis de Feuquieres, dontla grande capacité dans la guerre pa.roît par ses Mémoires , eût été UII gé-néral du premier ordre , dit M. de Fcr-iard , s'il eiít plu à certaines gens , à quison mérite faìsoit ombrage , rie s'em-preffer un peu moins à travailler à setdisgrâce à le perdre dans i esprit ditroi , après l'avoir gâté daas l'csprit duministre ; ce que fit perdre à ce prince uitdes meilleurs çst des plus braves officiersgénéraux de ses armées , U qui le Jervoiémille fois mieux est avec plus de courage& d'intelligence que de ses indignes en-nemis.

Munierc de disposer les troupes daas unebataille rangée. Lorfqu’on a formé le des-sein d’aller à l’ennemi, & qu’on est àportée de le pouvoir combattre , “ il„ faut disposer les troupes pour arri-„ ver devant lui en bataille, fur deux„ lignes: l’infanteríeau centre, & ta„ cavalerie fur les ailes, si le terrein„ le permet, parce qu’il y a des pays„ fi coupés & si fourrés , qu’il fautw mettre les brigades d'infanterie nu r!à„ dragons aux flancs de la droite & de„ la gauche, pour empêcher l’ennemi„ d’en approcher. 11 y a d’autres situa-fp liens partagées paries plaines &