'53o B A f
wemi , en s’y établissant, puisse y trou-ver quelque avantage pour fortifier sonarmée , on doit les raser de bonne heu-re; ne point se contenter d’y mettre lete n , qui ne fait que détruire les portes& les toits des maisons , mais renverserles murailles qui peuvent servir de cou-vert & de retranchement aux troupes en-nemies.
Observer qiie toutes les parties«le farinée aient des communicationssûres & faciles pour se soutenir réci-proquement , & que les réserves puis- 'sent se porter par-toùt où leur secourspourra- être nécessaire : on doit atiffiavoir attention de les placer , de manié-ré que les trûupes ne puissent pointse renverser fur elles , & les mettreen désordre, & qu’il n’y ait point debagage entre les lignes ni derrière ,qui incommode l’a-rmée dans ses mou-vements.
6°. Profiter de tontes les circonstan-ces particulières du champ de bataille ,polir que formée ne présente aucune par-tie foible à fennemi : un général doitconsidérer le terre!n qti’oecupe son ar-mée, comme une place qu’on veut met-tre en état de défense de tons côtés; f ar-tillerie doit être placée dans les lieuxles plus favorables pour causer la plusgrande perte qu’il est possible à l’en-neiní.
7 °. Comme , malgré la bonne dis-position des troupes, il arrive dansles batailles des événemens imprévusqui décident souvent d u succès, ondoit prendre de bonne heure toutesles précautions convenables pour qu-’-aucune troupe ne soit abandonnée âclle-méme, & se ménager des ressour-ces pour soutenir le combat ; en sorteque, ídil faut céder f ou ne le fasse aumoins qu’après avoir fait usage detoutes ses forces. C’est pourquoi onne fauroit trop insister fur la nécessitédes réserves. Si le centre , ou f unedes ailes a plié, la seconde ligne ouïesréserves , peuvent rétablir l’affaire ;mais il faut pour cet effet des troupesfermes ,. valeureuses , bien exercéesdans les manœuvres militaires , & con-duites par des officiers habiles L expéri-mentés. Alors on peut rétablir le pre-mier désordre, & même faire perdre à
BAT
l’ennemi Pespérancc de la victoire qû’tnïpremier succès auroit pu lui donner.-Voyez Guerre. II est important quele champ de bataille soit bien connu ,afin de juger des lieux propres à’chaque espeee de troupe , selon les dif-férents endroits où l'on peut les em-ployer.
8°. Pour soutenir plos sûrement f ar-mée , & la rendre encore plus respectaibleà fennemi, les redoutes en avant,fortifiées d’un fossé & placées jndwciensement, sont d’un excellent ulage.Elles doivent être garnies d-’un nombresuffisant d’artillerie & de soldats, pourn’être point emportées par une pre-mière attaque. Si quelque partie dé-sarmée se trouve enfoncée , les trou-pes des redoutes doivent prendre fen-nemi en fianc & de revers , & luscauser une grande perte; elles ne peu-vent guere manquer de le géher dans-ses mouvements , de les rendre plus-lents, & de donner le temps aux corps-qui ont plié de fe rallier pour le re-pousser. M. le maréchal de Saxe fai-~soit grand cas des redoutes dans ces ;circonstances. M-. le marquis de SantawGrux , qui a écrit avant cet illustre géné-ral, en parle également d’mie manier#
' très - avantageuse dans ses réflexions mulitaires.
II est difficile de ne pas penser surce sujet comme ces célébrés doseurs.Car les redoutes ont cet avantage d’af-surer la position de l’armée, de ma-niéré qu’elle a différents points d’appuiou désunion-, capables d’arrêter lespremiers efforts de l’ennemi , & deI protéger par leur fen farinée qui lessoutient.
q°. S’il y a quelque partie de far-inée qu’on veuille éviter de faire com-battre , on doit la couvrir d’mie riviè-re , d’un marais, ou, au défaut decette fortification naturelle , de che-vaux défrise, puits, retranchements r .Çjc. de maniéré que fennemi ne puis-se pas en approcher. Ainsi supposant;qu’on se propose d’attaquer par la droi-te, & que, pour la fortifier, on'soit( obligé de dégarnir fa gauche , on I»
| couvre de maniéré que fennemi nei puisse point en approcher, & l’on fait