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Tome IV. AU - BHA.
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pomme une véritable imitation, telle queJ’architecture : les arts méchaniques, &f’harmouie naturelle ; ils font tous leursefforts pour les assujettir à leur loi de l’u-iiiformité dans la variété ; & li leur preu-ve peche,ce n’est pas par le défaut de ré-munération; ils descendent depuis le pa-lais le plus magnifique jufqu’au plus pe-tit édifice, depuis l’ouvrage le plus pré-cieux julqu’aux bagatelles, montrant lecaprice par-tout où manque {'uniformité,'& ['insipidité où manque la variété.

Mais il est une classe d’êtres fort diffè-re ns des précédens , dont les sectateurs(l'Hutcheson sont fort embarrassés: carpu y reconnoît de la beauté,& cependantla réglé dc l’uniformité dans la variéténe leur est pas applicable : ce font les dé-monstrations des vérités Abstraites & uni-verselles. Si un théorème contient uneInfinité de vérités particulières qui n’enfont que le développement, ce théorèmerfest proprement que le corollaire d'unaxiome d’où découle une infinité d’autresthéorèmes; cependant on dit voilà unbeau théorème, & l’on ne dit pas voilà unbel axiome.

Nous donnerons plus bas la solutionfie cette difficulté dans d’autres princi-pes. Passons q l’exsmen du beau relatif,de ce beau qu’on apperqoit dans un objet(considéré comme l’imitation d’un origi-nal , selon ceux de Hutchefon & de lessectateurs.

Cette partie de son système n’a rien departiculier. Selon cet auteur, & selontout !e monde , ce beau ne pent consisterque dans fa conformité qui fe trouve en-tre la modelé & la copie.

D’où il s’enì’uit que pour lebeau relatif,il n’est pas nécessaire qu’il y ait aucunebeauté dans Í’original.' Les forêts, lesmontagnes, les précipices, les chaos, lesrides de la vieillesse,la pâleur de la mort,les effets de la maladie, plaisent en pein-ttjipï ils plaisent aussi en poésie : ce qu’A rtistote appelle un caraclere moral, n’estpoint celui d’un homme vertueux 5 & cequ’oo entend par fabula bene moratei, n’estautre chose qu’un poème épique ou dra-matique , où les actions, les lentimens &les discours font d’accord avec les carac-tères bons ou mauvais.

Cependant pn ne peut nier que'la pein-ture d’un objet qui aura quelque beauté

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absolue, ne plaise ordinairement davarwtage que celle d’un objet qui n'atira pointce beau. La seule exception qu’il y aitpeut-être à cette réglé , c'est le cas on laconformité de la peinture avec l’état duspectateur gagnant tout ce qu’on ôte à labeauté absolue du tnodele , la peinture eudevient d’autant plus intéressante ; cetintérêt qui naît de l’imperfection, est laraison pour laquelle on a voulu que lehéros d’un poème épique ou héroïque nefût point fans défaut.

La plupart des autres beautés de la poé-sie & de l’éloquence suivent la loi dn beaurelatif. La conformité avec le vrai rendles comparaisons, les métaphores, & lesallégories belles, lors même qu’il n’y aaucune beauté absolue dans les objetsqu’clles représentent.

Hutchefon insiste ici sur le penchantque nous avons à la comparaison. Voici,selon lui,quelle en est l’origine. Les pas-sions produisent presque toujours dansles animaux les mêmes mouvemens qu’ennous ; & les objets inanimés de la natu-re, ont souvent des positions qui ressem-blent aux attitudes du corps humain,danscertains états de l’ame,il n’en a pas falludavantage,ajoute fauteur que nous ana-lysons , pour rendre le lion symbole dela fureur, le tigre celui de la cruauté;un chêne droit, & dont la cime orgueil-leuse s'élevejusques dans ianue,l’em-blême de l’audace ; les mouvemens d’unemer agitée, la peinture des agitations dela colere ; & la mollesse de la tige d’unpavot, dont quelques gouttes de pluieont fait pencher la tête,l’image d’un mo-ribond.

Tel est le système de Hutchefon , quiparoîtra sans doute plus singulier quevrai. Nous ne pouvons cependant trop"recommander la lecture de l'on ouvrage;snr-tout dans l’origina!,on y trouvera ungrand nombre d’oblêrvations délicatesfur la maniéré d’atteindre la perfectiondans la pratique des beaux arts. Noirsallons maintenant exposer les idées duP. André jésuite. Son ejsaisur le beau estle système le plus suivi',le plus étendu, &le mieux lié que je connoisse. J’oseroisassurer qu’il est dans soit genre ce que letraité des beaux Arts réduits à un seul prin-cipe, est dans le sien. Ce font deux bonsouvrages apsquels il n’a rqanqué qu’vin