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Tome V. BI - CALZ.
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îichir la bibliothèque d’Alexandrie. Onraconte de lui, que dans un temps de fa-mine il refusa aux Athéniens les blésqu’ils avoient coutume de tirer de l’E-gypte, à moins qu’ils ne lui remiflent lesoriginaux des tragédies d’Esehile, de So-phocle & d’Euripide, & qu’il les gardaen leur en envoyant feulement des co-pies fideles , & leur abandonna quinzetalens qu'il avoit consignés pour sûretédes originaux.

Tout le monde fait ee qui obligea Ju-les-Céfar, assiégé dans un quartier d'Ale-xandrie, â faire mettre le feu à la flottequi émit dans le port : malheureusementle vent porta les flammes plus loin queCésar ne vouloït, & le feu ayant pris auxmaisons voisines dti grand port, fc com-muniqua delà au quartier de Bruchion ,aux magasins de blé & à la bibliothèquequi en faifoient partie, & causa l’embra-sement de cette fameuse bibliothèque.

Quelques auteurs croient qu’il n’y eneut que 400 mille volumes de brûlés, &que, tant des autres livres qti’on put sau-ver de l’incendie, que des débris de la bi-bliothèque des rois de Pergame , dont 200mille volumes furent donnés à Cléopâtrepar Antoine , on forma la nouvelle bi-bliothèque du Séraphin , qui devint enpeu de temps fort nombreuse. Mais aprèsdiverses révolutions fous les empereursrontíius, dans lesquelles la bibliothèquefut tani’ÔS pillée & tantôt rétablie, ellefut enfin uítmité l’an 650 de Jefus-Christ, qu’Amfy , général des Sarrasins,fur un ordre du calife Omar , commandaque les livres de la bibliothèque d’Alexan*drie fussent distribués dans les bains pu-blics de cette ville, L ils servirent à leschauffer pendant six mois.

La bibliothèque des rois de Pergamedont nous venons de parler, fut fondéepar Eumenes & Attalus. Animés par nnesprit d’émulatíon, ces princes firent tonsleurs efforts pour égaler la grandeur &la magnificence des rois d’Égypte , &fur-tont en amassant un nOn-soe prodi-gieux de livres, dont Pline dit que lenombre étoit de plus de 200 mille. Vola-teran dit qu’il s furent tous brûlés à laprise de Pergame : mais Pline & plusieursautres nom assurent que Marc-Antoineles donna àiCîéopatre; ce qui ne s’áccordepourtant p a, avecile témoignage de Stra-

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bon , qui dit que cette bibliothèque étoit kPergame de fou temps, c’est-à-dire , fousle régné de Tibère.Ou pourroit concilierces dissérens historiens, en remarquantqu’il est vrai que Marc-Antoine avoitfait transporter cette bibliothèque de Per-game à Alexandrie , & qu’après la batail-le d’Actium , Auguste qui le plaisoit à dé-faire tout ce q if Antoine avoit fait, la fitreporter à Pergame. Mais ceci ne doitêtre pris que fur le pré d’une conjecture,aussi bien que le sentiment de quelquesauteurs qui prétendent qu’AIexandre legrand en fonda une magnifique à Alexan-drie , qui donna lieu par la fuite à celledes Ptolomées.

II y avoit une bibliothèque considérableà Suze eu Perse,où Méthosthenes consul-ta les annales de cette monarchie , pourécrire l’histoire qu’il nous en a laissée.Diodore de Sicile parle de cette bibliothè-que ; mais on croît communément qu’elleeontenoit moins les livres des sciences ,qu'une collection des loix, des chartes &des ordonnances des rois. C’étoit un dépôtsemblable à nos chambres des comptes.

Nous ne savons rien de positif fur l’his-toire de Grece , avant les guerres de The-bes & de Troie. I! feroit donc inutile dachercher des livres en Grece avant cesépoques.

Les Lacédémoniens n’avoient point delivres, ils exprimoient tout d’une façon ficoncise & en si peu de mots, que récritu-re leur paroissoit superflue , puisque lamémoire leur suffisoit pour se souvenirde tout ce qu’ils avoient besoin de savoir.

Les Athéniens,au contraire, qui é.oientgrands parleurs, écrivirent beaucoup ; Scdès que les sciences eurent commencé àfleurir à Athènes, la Grece fut bientôtenrichie d'un grand nombre d’ouvragesde toute elpece. Val. Maxime dit que letyran P y si strate fut le premier de tousles Grecs qui s’avisa de faire nn recueildes ouvrages des favans, en quoi la po-litique n’eut peut-être pas peu de part ; ilvouloit en fondant une bibliothèque pourPu sage du public , gagner l’amitié deceux que la perte de leur liberté faifoitgémir fous son usurpation. Cicéron ditque c’est à Pyfxstrate que nous avonsl’obligation d’avoir rassemblé en un seulvolume les ouvrages d’Homere, qui fechantoient.auparavant par toute la Grece