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soins & fa magnificence , il s’y en trouvaen peu de temps iooooo. Léon l’Il’au-rien en fit brûler plus île la moitié , pourdétruire les mmnimens qui auroient pudéposer contre son hérésie fur le cultedes images. C’est clans cette bibliothèqueque fut déposée la copie authentique dupremier concile général de Nicée. Onprétend qne les ouvrages tl’Homere yétoient auífi écrits en lettres d'or, &qu’ils furent brûlés lorsque les Icono-clastes détruisirent cette bibliothèque. IIy avoit auffi une copie des évangiles,selon quelques auteurs, reliée en pla-ques d’or du poids de i; livres, & en-richie de pierreries.
Les nations barbares qui inondèrentJ’Europe, détruisirent les bibliothèques& les livres en général; leur fureur futpresque incroyable , & a cansé la perteirréparable d’im nombre infini d’excel-îens ouvrages.
Le premier de ces temps-là qui eut dugoût pour les lettres, fut Calfiodore, fa-vori & ministre de Théodorie roi desGoths qui s’établirent en Italie , L qn’onnomma communément Ostrogots. Caf-fiodore fatigué du poids du ministère , leretira dans un cou vent qu’il fit bâtir, où51 consacra le reste de ses jours à la prière& à l’étude. II y fonda une bibliothèquepour l'ufage des moines, compagnonsde fa solitude. Ce fut à-peu-près dansle même temps que le pape Hiìaire pre-mier du nom , fonda deux bibliothèquesdansl’églifede saint Etienne; & que lepape Zacharie I rétablit celle de saintPierre, selon Platine.
Quelque temps après , Charlemagnefonda la sienne à l’ifle- barbe près deLyon. Pnradin dit qu’il l’enrichit d’ungrand nombre de livres magnifique-ment reliés ; & Sabellicus, auffi-bienque Palmerins, assurent qu’il y mit en-tr’autres un manuscrit des œuvres de S.Denys , dont l’empereur de Constantino-ple lui avoit fait présent. II fonda encoreen Allemagne plusieurs colleges avecdes bibliothèques , pour l’instruction dela jeunesse : entr’autres une à 8. Gall enSuisse, qui étoit fort estimée. Le roi Pé-pin en fonda une à Fulde par le conseilde 8. Boiiífacc, l’apôtre de l’Allemagne:ce fut dans ce célébré monastère que Ra-Isan-Maur & Hildebcrt vécurent & étu-
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dierent dans le même temps. Ii y avoitune autre bibliothèque à !a Wrisscn prèsde Worms : mais celle que Charlemagnefonda dans son palais à Aix-la-Chapelle ,surpassa toutes les autres; cependant ilordonna, avant de mourir, qu’ou lavendit, pour en distribuer le prix atixpauvres. Louis le Débonnaire son fils,lui succéda à l’empire & à son amourpour les arts L les sciences , qu’il proté-gea de tout son pouvoir.
L’Angleterre & encore plus l’Iriande,possédoient alors de savantes & richesbibliothèques , qne les incursions fréquen-tes des habitans du nord détruisirentdans la fuite : il n’v en a point qn’ondoive plus regretter que la grande biblio-thèque fondée à York par Egbert, arche-vêque de cette ville ; elle fut brûléeavec la cathédrale, le couvent de fain-te-M^rie, & plusieurs autres maisonsreligieuses, sons le roi Etienne. Aìcuinparle de cette bibliothèque dans son épî-tre à Uéglise d’Angleterrc.
Vers ces temps,un nommé Gauthier necontribua pas peu par ses foins & par sontravail, à fonder la bibliothèque du mo-nastère de saint Alban qui étoit trèr—considérable: elle fut pillée auífi-bienqn’une autre , par les pirates Danois.
La bibliothèque formée dans 1c XII sié-cle par Richard de Bury évêque de Du-rham, chancelier & trésorier de l’Angîe-terre , futauflì fort célébré. Ce savantprélat n’omit rien ponr la rendre anííìcomplété que le permettoit le malheurdes temps; & il écrivit lui-même untraité intitulé Fhilobiblion , fur le choixdes livres & fur la maniéré de formerune bibliothèque. II y représente les li-vres comme les meilleurs précepteurs ,en s’exprimant ainsi : Hi funt magìstri,qni nos inflruunt , stne virgis, & ferulis,Jìne choiera , Jtne pccuniu : Jìacceiit , noudormiunt ; fi ìnquirìs , non se abscondunt ;non obmunnurant , Jì cberres ; cachinnosneficiunt , jì ignores.
L’Angleterre possède encore aujour-'d’hui des bibliothèques très-riches en toutgenre de littérature,& en manuscrits fortancicns.Celle dont on parle le pins, est lncélébré bibliothèque Bodléìene d'Oxford ,élevée , si l’on peut se servir de ce ternie,sur les fondenicns de celle du duc Hum-phry. Elle commença à être publique en