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Tome V. BI - CALZ.
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La bibliothèque publique d’Amsterilamferoit beaucoup plus utile, si les livres yétoient arrangés avec plus d’oráre & deméthode ; mais le malheur est qu’on nesauroit les trouver fans une peine extrê-me : la collection est au reste très-estima-ìde.

II y en a dans les Pays-Bas plusieursautres fort curieuses, telles que celles desJésuites & des Dominicains à Anvers;celle des moines dc SaintPierre à Gand ;celle de Dunherqne, celle de Gemblours,abondante en anciens manuscrits, aux-qnels Erasme & plusieurs autres savanstint souvent eu recours; celle d’Hader-"wick , d'Vpres, de Liège, de Loti vain,de Leyde, &c.

II y a deux bibliothèques publiques àLeyde; l’une fondée par Antoine Thi-iìus ; l’autre qui est celle de l’univerfité,lui a été donnée par Guillaume I Frince«TOrange : elle est fort estimée par les ma-nuscrits grecs,hébraïques, chaldéens, sy-riaques, persans, arméniens & ruffiens,que Joseph Scaliger laissa à cette école,oùil a voi t professé pendant plusieurs an nées.La bible complutensiennen’est pas un deses moindres ornemens; elle fut donnéepar Philippe II, roi d’Espagne , au princed’Orange, qui en fit présent à ['université«le cette ville. Cette bibliothèque a étéaugmentée par celle de Holmannus, &sur-tont d u célébré Isaac Voisins. Cettederniere contenoit un grand nombre dcmanuscrits précieux, qui, venoient, à cequ'nn croit, du cabinet de la reine Chris-tine de Suede.

L’AIIemagne honore & cultive trop lesLettres, pour n’être pas fort riche en bi-bliothèques. On compte parmi les plusconsidérables celles de Francfort-sur-l’Oder, de Leypsiek,de Dresde , d’Angs-liourg, de Bâle en Suisse, où l'on voit unmanuscrit du nouveau Testament en let-tres d’or , dont Erasme fit grand usagepour corriger la version de ce saint livre.II y a encore à Bâle les bibliothèques d’E-rafme, d^Amersbach, &deFeche.

La bibliothèque dn duc de Wolfembnt-tcl est composée de celles deMarquardusFreherus, de Joachim Cluten, & «Vautrescollections curieuses. Elle est très-ennfi.dérable par le nombre & la bonté des li-vres, & par le bel o r-ire qn'on y a mis :en assure qu’elle contient u 6 mille volu-

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mes, & î mille manuscrits latins , grecs& hébraïques.

Celle du roi de Prusse à Berlin est en-core pins nombreuse que celle du duc deWolfembuttel, & les livres en sont aussimieux reliés : elle fut fondée par Fréde-ric-Guillaume, électeur de Brandebourg,& elle a été considérablement augmentéepar l’acceffion de celle du célébré M.Spanheim. On y trouve entr’autres rare-tés , plusieurs manuscrits ornés d’or & dcpierreries, dn temps deCharlemagne.

II y a encore en Allemagne, un fortgrand nombre d’autres bibliothèques très-curieuses, mais dont le détail nous mene-roit trop soin. Nous finirons par celle dei’empereur à Vienne , qui contient 100mille volumes. II y a un nombre prodi-gieux de manuscrits grecs, hébraïques,arabes, turcs & latins. Lambatius a pu-blié un catalogue du tout, & a gravé lesfigures des manuscrits ; mais elfes ne fontpas fort intéressantes. Cette bibliothèqueînt fondée par l’empereur Maximilìen en1480. La bibliothèque remplit huit grandsappartemens, auprès defquels en est unneuvième pour les médailles & les curio-sités, où, ce qu’il y a de plus remarqua-ble, est un granit balsin d’émeraude.Cette bibliothèque fut bien enrichie parcelle du feu prince Eugène , qui étoitfort nombreuse.

Venise a une célébré bibliothèque qn’onnomme communément la bibliothèque deS. Marc, où l’on conservel’évangile dece saint, écrit, à ce qu’on prétend , de sapropre main ; & qui, après avoir été long-temps à Aquìlée où il prêcha la foi, futporté à Venise ; mais dans le vrai,il n’y ena que quelques cahiers, & encore ri’uneécriture fi effacée, qu’on ne peut distin-guer si c’est du grec ou du latin. Cette b í-bliotheque est d’ailleurs fort riche en ma-nuscrits : celles qne le cardinal Bessarion& Pétrarque léguèrent à la république ,font aussi dans la même ville, & unies àcelle que le sénat a fondée à l’hótel de lamonnoie.

Padoue est plein de bibliothèques : eneffet, cette ville a toujours été célébré parson université, & par le grand nombre dcsavans qui lui doivent la naissance. O11 yvoit la bibliolheque de S. Juftin , celle de8. Antoine, & celle de 8. Jean deLatran.Sixte de Sienne dit qu’il a vu dans cette