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l'orge dans les provinces où ì’on faitbeaucoup de bière ; car si le vin est rare,la consommation de la biete vient à dou-bler , & alors le prix de forge ne gardeplus de proportion avec leprix des bleds.
Mais cn temps ordinaire , l'orge com-mune , la feule dont nous faisons la com-paraison , vaut toujours les deux tiers duprix d u seigle , ou ce qui est la mêmechose , un tiers au-dessous dn prix de cegrain. Ainsi , quand le seigle vaut 13 li-vres 10 fous le septier, l’orge peut valoirentre y & 10 livres, suivant les circons-tances.
Nous croyons avoir satisfait à cettepartie , qui n’est pas la moins importantede ce traité, & nous passons à l’objettrop négligé du transport des grains,dont il seroit bien nécessaire que ies ad-ministrateurs connussent mieux les con-séquences. Nous espérons qu’ils en se-ront frappés.
§ VIII. Du transport des grains.
Après s’être assuré de la qualité desgrains pour ne point se tromper en faitd’achats, il convient de faire son prix à lamesure de l’endroit où l’on se trouve ,en le combinant néanmoins d'nvanee re-lativement au septier de Paris, ou à Jamesure du pays dans lequel on veut ven-dre le bled.
Indépendamment du poids & de laqualité du grain , il faut eucore avoirégard , en discutant le prix, aux déchetsque le grain peut faire , aux Frais devoitures, autc déboursés des sacs & au-tres menues dépenses qui deviennenttrès - considérables, parce qu’elles fontsouvent répétées.
11 n’est pas indifférent à un acheteurde faire cribler les grains fur les lieuxavant leur transport ; ils sont alorsbeaucoup plus aisés à nettoyer que lors-qu’ils ont été voitures, attendu que letransport, sur-tout s’il est fait par eauou par des temps humides, fait gonflerîes grains étrangers ; & lorsque les bledssont arrivés à l’endroit du dépôt ou de ladestination, ils sont souvent bien diffici-les à nettoyer.
Un autre avantage qui résulte de cenettoyement dans le lieu de l’achat, c’estqu’oii ne paye pas les frais de voiture
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pour des pailles, des poussières L desgrains étrangers qui peuvent occasionnerdes déchets, depuis un huitième jufqu’àun seizieme sur la totalité. Cette atten-tion se sent d’elle-même , & il semblerasuperflu fans doute aux personnes ins-truites , que nous nons appesantissionsfur des détails qu’ils savent mieux quenous, pùisqne nous les tenons des gensdu métier en plus grande partie ; maisnous écrivons pour le public curieux des’instruire ; & cet article ayant pour butde perfectionner remploi des grains ,d’en encourager & d’en multiplier lecommerce, nous ue devons négliger au-cun détail, aucune instruction, quelqueconnue & quelque inutile qu’elle puisseparoître aux gens déja experts dans cettemanutention.
Le peu de précaution qu'on apportepour le transport des grains dans les ma-gasins , contribue à en altérer considéra-blement la qualité. II est d’u sage presquepar-tout de les transporter dans des ba-teaux à découvert, soit sous des bannes,soit dans des sacs & sor des charrettesdans les pays éloignés des rivières. Cesgrains, dans le trajet, souffrent beau-coup des injures du temps, des neiges &des pluies ; il arrive même que , dans lesannées seelies, les brouillards, les ro-sées, & jlisqu’à la fraîcheur des nuits,pénètrent les grains d’une humidité per-nicieuse, & leur font perdre nne partiede leur qualité.
Cette perte se connoît bientôt au mou-lin , où les grains humides rendent sou-vent plus d’un dixieme de moins qu’ilsne devroient rendre s’ils avoieiit ététransportés secs, comme ils l’étoient dansle grenier ; la farine qui eu est produitesent presque toujours réchauffé : elle aété altérée dans son principe, & consé-quemment elle fait moins de pain. Enfinle soii même du bled qui a souffert del’humidité, est effarouché & de mauvaisgoût ; les chevaux ne le mangent qu’avccrépugnance.
. Les gardes-magasins, & tous les pré-
' posés à leur manutention , s’accordeutàdire que l’humidité des grains transpor-tés avec peu de précaution , est la causeordinaire des avaries considérables quesoutirent les approvilionneniens ; cesbleds sont le plus souvent si fatigués du