BLE
feesuftseit eêieste. Le grain d'azur à pou-drer eífc si gros, qu’on 11e peut l'employerque très-difficilement, & seulement eudétrempe ou à fresque , ou pour mettredans l’empois ou amydon , avec lequel ilse lie fort bien. On l’appelle «ztir à pou-drer , parce que pour faire un beau fondd’uu bleu turquìn , on le poudre sur unblanc à l’hu ile couché médiocrement épais& le plus gras qn’on peut- On l’y étendauffi-tôt avec une plume: mais il faut sa-voir (lien fait sécher auparavant fur unpapier au dessus Jn feu.On y en met assez•épais ; L on l’y laisse jufqu’à ce que lefond soit bien sec , & ainsi le blanc enprend autant qu’il peut. Ensuite on le se-coue, L on en ôte tout ce qui ne tient pasau blanc, en le frottant légèrement avecune plume ou une brosse douce. C’ell une«outcur très-vive & qui dureloug-tempsquoique exposée à l’air& à la pluie.
L’émail qui est d’antant plus pâle qu’ilest plus fin,sert dans la détrempe & à fres-que : majs on ne s’en sert gnere à l’huile,parce qu’il noircit, à moins qu’il ne soitKiêlé avec beaucoup de blanc.
"Bleu d’Inde Sf Indigo : r«cfeest plus claire & plus vive que Ytndìgo ,ce qui vient seulement du choix de lamatière dont on les fait; car au fond c’estla même : c’est la feuille de l’anil. VoyezélNiL. On en fait tremper les feuillesdans l’eau pendant deux jours ou envi-ron , ensuite ou sépare l’eau qui a unelegere teinture de bleu verdâtre : on batcette eau avec des palettes de bois durantdeux heures,& l’on cesse de battre quandelle mousse. On y jette alors un peud’huilc d’olive, en aspergeant. On voitauffi-tôt la matière de l 'inde qui se séparede l’eau par petits grumeaux , commequand le lait fe tourne ; & l’eau estantLien reposée, elle devient claire, & l’eause trouve au fond comme de la lie, qu’onramasse après avoir ôté l’eau,& qu’on faitsécherait soleil. L’imfe se fait avec les jeu-nes feuilles & les plus belles ; & Yindigoavec le reste de la plante. Cette plantecroît dans les Indes orientales & occiden-tales. Vinde est ordinairement par peti-tes tablettes de deux à trois lignes d’é-paisseur & d’un bleu assez beau: mais l’se-iigo est par morceaux irréguliers d’un
BLE 167
bleu brun, tirant furie violet.Cette cou-leur est excellente pour la peinture à dé-trempe , tant pour le brun des bleux, quedes verds, en y mêlant pour le verd , dala teinture de graine d’Avignon , ou duverd de vessie. On pourroit fe servir del 'inde à l’huile , & elle a beaucoup decorps avec le blanc ; mais elle se déchargeen léchant, & perd la plus grande partiede fa force ; c’est pourquoi 011 n’en usepas, à moins que ce ne soit en draperie ,qu’on glace d’outre-mcr par dessus. V-Glacer.
II y a un bleu de tournesol qui peut êtred’ufage dans la peinture à détrempe &dans renlutnimire. Le tournesol est unepâte qu’on forme ordinairement en painsquarrés avec le fruit de la plante ap-pellée helìotropium tricoccon. Cette plan-te croît en France; on met tremper cettepâte dans l’eau; & il vient une assez belleteinture bleue. II arrive auffi qu’elle estrouge, ce qui est occasionné par le mélan-ge d’acide : mais 011 lui rend fa couleurbleue, en y mêlant l’eau de chaux.
Bleu d’qutre - mes. , Cbymie , labase de cette couleur est le lapis lazuli ;c’est aussi ce qui la rend fort chere, indé-pendamment des opérations qu’il fautpour en tirer le bleu , qui ne laissent pasd’être longues & pénibles ; on en jugerapar ce qui fuit.
Pour connoître si 1 c lí’pis lazuli dont onveut tirer la couleur, est d’une bonnequalité, & propre adonner un beau bleu,il faut en mettre des morceaux fur descharbons ardqns ; & les y faire rougir :s’ils ne fecassent point par la calcination,& si après les avoir laissé refroidir , ilsne perdent rien de l’éclat de leur cou-leur, c’est une preuve de leur bonté. Onpeut encore les éprouver d’une autrefaqon : c’est en faisant rougir des mor-ceaux de lapis sur une plaque de fer , Siles jetant ensuite tout rouges dans du vi-naigre blanc très-fort; si la pierre estd’une bonne efpece, cette opération nelui fera rien perdre de fa couleur. Aprèss’être assuré de la bonté du lapis , voicicomme il le faut préparer pour en tirerle bleu d'outre - mer. On le fait rougirplusieurs fois, & on l'e'teint chaque foisdans de l’eau , ou dans de fort vinaigre ,ce qui vaut encore mieux; plus on réitéré