Band 
Tome V. BI - CALZ.
Seite
176
JPEG-Download
 

i?6 B L O

íie gagde que huit sous. Cela Fait, onRouble seulement celle qui est destinéeà faire le toile , en quatre , cinq , six ousept brins, selon que la soie est plus oumoins tine. Voyez Doubler. Enfin lefabriquant la donne aux ouvriers qui enchargent leurs fuseaux , voyez Char-PER , & exécutent les dessins qn’on leur? fournis, les uns fur un oreiller plat ,les autres fur un oreiller à roue. j/oyezUreiller a roue. Les fuseaux char-gés de filets font plus gros , afin qu’onses reconnoisse plus aisément. Voyez Fl-I Et. Le reste de l'onvrage s'acheve enfixant la foie aux angles , aux bords, &aux autres parties du dessin où il est né-cessaire de la fixer , par des épingles jau-nes. Cette couleur n’esi pas essentielle àl'ouvrage ; mais à l’ouvriere qui paie cesfortes d’épingles moins cher que les au-tres. La texture & le jeu des Fuseaux sefont l’une & l’autre comme dans la den-telle de fil. Voyez Dentelle. On dis-tingue dans la blonde trois parties ; le ré-seau , le grillage ou plein , & le toile.Voyez ces mots à leurs articles. Dans toutcela on imite les différentes dentellesd’Angleterre , de Malines , de Valen-ciennes. Les blondes font parfaites &imparfaites en deux matières : parfaites,par une texture régulière , fine, & quia de l’éclat, & par la propreté & la blan-cheur qu’on a su conserver à la foie ; iim-parfaites , par les deux contraires. Ledéfaut de propreté & des textures égalesdiminue la moitié du prix d’un ouvrage,parce qu’il n’en est pas des blondes commedes dentelles , qui fe blanchissent. II y ades blondes de faniaìjle , & des blondestravaillées : les blondes de fantaisie engénéral, font celles d’un moindre prix& qui font sujettes au caprice de la mode& des goûts ; celles-ci fe divisent encoreen différentes branches particulières ,qui tantôt reçoivent leur dominationde la ressemblance qn’ellesont avec cer-tains objets naturels'ou imités, plantes,animaux , ouvrages, pfc. tantôt des évé-nemens & des faisons où elles paraissent;tantôt enfin de la réputation & de la vo-gue seules que s’eft acquis le fabricant.Mais pour découvrir cette ressemblancequand il y en a, il faut toujours regarderle toile ou les fleurs dont elfe dépenduniquement.

B L O

KoUs eu allons nommer quelques-unesqui serviront d'exemples,

Berg-op-zoom , ce sont des blondes dontle dessin commença à paraître dans ISteins que cette ville fut prise ; & le bruitque fit ce succès de nos armes , suffitpour donner ce 110m à une infinité dechoses.

Chenille , est une blonde dont le princi-pal toile est environné d’tin brin de che-nille. 'Chenille.

Persil, est une blonde composée d'uneinfinité de petits toiles, assez approchantde la figure d’une Feuille de persil.

Points « la reine , est une blonde quiforme plusieurs quadrilles pleins & vni-des , dont les premiers sont composés detrois petites branches distinctes , & àplusieurs brins qui montent & descendentobliquement en fe traversant dessus &dessous vers leur milieu , L soutenuesen haut & en bas fur deux points trans-versaux qui rognent dans toute la piece.

Pouce du roi , est une blonde dont legrand toile représente un éventail ouvert& fendu à la base par le milieu.

Privure , est un toile continué qui ser-pente entre deux rangs de grillages oude pleins : on l'appelle encore la cou-leuvre.

Enfin la blonde travaillée, est celle dontle dessin correct & bien choisi, joint àune exécution délicate , forme une piecedont la beauté permanente est avouée in-dépendamment du caprice de la mode Sdes circonstances, Les blondes travailléesimitent fort les dentelles, & sont auíficheres qu’eftimées.

Quand toutes ces différentes sortes deblondes n'ont pas assez de lustre en sor-tant des mains de l’ouvriere , on les re-passe avec une bouteille de verre sem-blable à celle dont se servent les blan-chisseuses de bas de soie , en observantd’y aller trep légèrement, trop de pesan-teur & de répétitions les rendant troplisses & trop luisantes.

Nous finirons cet article par deux re-marques : l’une concernant le dessin , furquoi noas dirons que celui qui a paru leplus agréable , même après en avoir Faitdes essais , fournit souvent des pieeesbien moins belles que celles qn’on en at-tendoit ; aussi les marchands out ils soinde ne pas monter une grande quantité de

pseces