173 B L U
heures dans une suffisante quantité d’eaude neige ; distillez ensuite â un Feu desable modéré; c’est l’cau que les Fran-çois appellent eau de case lunette.
Otr assure que cette eau & celle d’eu-phraiíe font un excellent remede contreî'irtstammation des yeux ; & on la recom-mande avec le musc, le benjoin, & lasieur d’orange, pour donner au visage linteint Henri, sur-tout li l’on y ajoute lelait virginal.
Tournefort conseille l’eau de casse-lu-nette , dans les ophthalmies avec rou-geur , dans la chassie , & toutes les Foisqu’il est question d’éclaircir la vue & deíafortister, avec une quantité suffisantede camphre & de safran , lorsqu’il s'agirade calmer une inflammation. (/V)
BI.UTEAU , F.m. instrument dont lesBoulangers le fervent pour séparer le sond’avec la farine.
II y a deux principales parties dans unbluteau ; la case , & le bluteau propre-ment dit. La cuise est un coffre de boisproportionné à la longueur & à la gros-seur d n bluteau qu’il renferme, & soute-nu sur deux, quatre ou six pieds ausside bois ; à l’un des bouts de cette case estun trou par lequel le grain moulu ou lafarine entre dans le bluteau j le son ensort par un autre trou fait à l’autre ex-trémité de la case : enfin sur le devantsont deux ou plusieurs guichets, qui seferment avec des targettes, qu’on ouvrepour tirer les différentes sortes de farinesqui y ont été blutées.
Chez les boulangers , la case du blu-teau peut n’être pas toute eutiere deBois ; souvent il n’y a que les deux bouts& le dessus qui en soient : ils placent lebluteau de faqon que le mar sert de der-rière, le plancher de fond, & une toileattachée le long du dessus, & qui pendjusques lur le carreau de devant à lacase.
Le bluteau proprement dit, est un gros& long cylindre fait de plusieurs cer-ceaux environnés d’étamine de foie , delaine , & souvent de l’une & de l’autreensemble, à travers laquelle passe le plusfin du grain moulu.
Cc cylindre est divisé en trois ou quatreparties de différente finesse; ce qu’il y ade plus fin étant toujours à la tête du blu-teau : d’ou l’on volt qu’il peut y avoir
BOA
autant de degrés de finesse dans les fari-nes , qu’il y a de divisions différentesdans les bluteuux.
II faut que le bluteau soit un peu incli-né par un bout, afin que lorfqu’ìl estagité par la manivelle, le grain moulutombant successivement par ces divisions,laisse fous chacune d’elles la farine quilui convient ; & que le l’on ne trouvantpoint de passage par où il puisse échap-per , tombe au bout du bluteau par le trouqu’on y a ménagé.
Cependant comme ces divisions fonttrès-peu sensibles , & qu’il n’y a presquepoint de différence entre les degrés definesse des trois ou quatre premieres, nonplus qu’entre ceux des trois ou quatredernieres, on n’en fait pour l’ordinaireque deux parts, & l’on mêle ensembleles farines qui ont passé par les divisionsqui font à-peu-près égales en finesse.
Outre ces divers degrés de sinesse quifont dans Je même bluteau, il y a encoredifférentes sortes de bluteuux propres à, chaque efpece de farine , mais qui nediffèrent des autres qu’en ce qu’ils fontplus ou moins gros.
Au dessus du bluteau est une trémiedans laquelle on verse la farine, on tonteautre chose qu’on veut bluter: au basde cette trémie est une ouverture recou-verte par une planchette qui le hausse &se baisse selon la quantité de grain qu’onvent donner au bluteau. De la trémie legrain tombe dans l’auget, d’où il passedans le bluteau.
Bluteau, terme de Corroyeur ; c’estun paquet de laine fait de vieux chiffonsou bas d’estame , avec lequel les cor-royeurs essuient les cuirs des deux côtés,après les avoir chargés de biere aigre.V. Corroyer.
BLUTER, en terme de Boulanger-, c’estséparer la farine d’avec le son par lemoyen du bluteau. On appelle farineblutée , celle qui a passé par le bluteau.
BLUTERIE ; c’est parmi les Boulan-gers , le lieu où sont placés les bluteaux,L où l’on blute la farine.
BOA
* BOA, Ilìst. nat. , c’est le nom d’unserpent aquatique,d’une grandeur déme-surée, & qui s’attache particulièrementaux bœufs, dont il aime beaucoup ia