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Tome V. BI - CALZ.
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mais il y en a d’autres, peut -être encoreplus grands, qu’ils ont auffi négligé deprévoir & de prévenir. Le jeune bois estmoins fort que le bois plus âgé ; un bar-reau tiré du pié d’un arbre , résiste da-vantage qu’unbarreau qui vient du som-met du même arbre; un barreau pris à lacireonféreuce près de f aubier, est moinsfort qu’un pareil morceau pris au centrede l’arbre; bailleurs le degré de dessèche-ment du Loir fait beaucoup à la résistan-ce ; le bois verd casse bien plus difficile-ment que le bois fec.Enfin le temps qu’onemploie à charger les bois pour les fairerompre , doit auffi entrer en considéra-tion jparce qu’une piece qui soutiendrapendant quelques minutes un certainpoids , ne pourra pas soutenir ce mêmepoids pendant une heure; & M. de Buf-fon a trouvé que des poutres qui avoientchacune supporté sans se rompre, neufmilliers pendant un jour,avoient rompuau bout de cinq à six mois fous la chargede six milliers , c'est-à-dire qu’eiles n’a-voient pas pu porter pendant six mois lesdeux tiers de la charge qu’elles avoientportée pendant un jour. Tout cela prou-ve assez combien les expériences que l'ona faites fur cette matière font imparfai-tes ; & peut-être cela prouve auffi qu’iln’eft pas trop aisé de les bien faire. M.deBuffon , auteur des mémoires dont nousavons tiré tout ce que nous avons ditjuf-qu’ici, a fait une infinité d’expériencespour connoître la force du bois: la pre-mière remarque qu’il a faite, c’est que lebois ne casse jamais lans avertir, à moinsque la piece ne soit fort petite. Le boisverd casse plus difficilement que le boissec ; & en général le bois qui a du ressortrésiste beaucoup plus que celui qui n’ena pas : l’aubier, le bois des branches, ce-lui du sommet de la tige d’un arbre, toutle Loir jeune est moins fort que le boisplus âgé. La force du bo.ìs n’est pas pro-portionnelle à son volume ; une piecedouble ou quadruple d’une autre piecede même longueur, est beaucoup plusdu double ou du quadruple plus forte quela première: par exemple , il ne faut pasquatre milliers pour rompre une piecededixpiés de longueur , & de quatrepouces d’équarrissage ; & il en faut dixpour rompre une piece double; & il fautvingt-lìx milliers pour rompre vue piece

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quadruple, c’est-à-dire une piece de âÍKpies de longueur fur huitpouces d’équar-rissage. II en est de même pour la lon-gueur: il semble qu’une piece de huitpiés, & de même grosseur qu’une piecede seize piés, doit par les réglés de laméchaniqueporter juste le double; &cependant elle porte beaucoup plus dudouble. M. de Buffon qui auroit pu don-ner des raisons physiques de tous cesfaits, fe borne à donner des faits : le boisqui dans le mêmeterrain croît le plus vi-te , est le plus fort ; celui qui a crû len-tement , & dont les cercles annuels, au-trement les couches ligneuses font min-ces, est moins fort que l’autre.

M. de Buffon a trouvé que la force dubois est- proportionnelle à la pesanteur;de forte qu’une piece de même longueur& grosseur, mais plus pesante qu’uneautre piece, sera auffi plus Forte à peu-près en même raison. Cette remarquedonne les moyens de comparer la forcedu bois qui vient de différens pays & dedifterens terrains , & étend infinimentl’utilité des expériences deM.de Buffon:car lorfqn’il s’agira d’une constructionimportante ou d’un ouvrage de consé-quence, on pourra aisément au moyende sa table , & en pesant les pieces , onfeulement des échantillons de ces pieces,s’assurer de la force du bois qu’on em-ploie ; & on évitera le double inconvé-nient d’employer trop ou trop peu de cet-te matière , que souvent on prodiguemal-à-propos, & que quelquefois on mé-nage avec encore moins de raison.

Pour essayer de comparer les effets dntemps fur la résistance du Lo», ct pourreconnoítrecornbienil diminue de sa for-ce ; M. de Buffon a choisi quatre piecesde dix-huit piés de longueur fur septpouces de grosseur; il en a fait rompredeux , qui en nombre rond ont porténeuf miliers chacunependant une heure;il a fait charger les deux autres de six mil-liers seulement, c’est- à - dire des deuxtiers, & il les a laissé ainsi chargées, ré-solu d’attendre l’événement: l’une de cespieces a cassé au bout de trois mois Sivingt-six jours;l’autreanbout de six mois& dix-fept jours. Après cette expérience,il fit travailler deux autres pieces toutespareilles,& il ne les fit charger que de lamoitié , c'est-à-dire de quatre mille cinq

cents à