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Tome V. BI - CALZ.
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nirois & j’opposerois en quelque endroitle plus d’effets qu'il nie seroit possible :ici les délits s'inclineroient en guirlan-des; là elless’éíeveroient en bouquets,ou bien elles s’éparpilleroient en étoilesfur les branches diverses, f albâtre , laturquoise , l’amétlfte & l’opale éclate-raient sur un Fond changeant d'émerau-de : méme dans les formes je chercheroisla diversité ; tel arbre croît en obélisque,celui-là s’arrondit naturellement en bou-le ; un autre jaillit & retombe commelin jet d’eau : je mélerois jusqu’aux ca-ractères des odeurs : je chargerais lesvents de m’apporter leurs flots légers ;elles éveillent l’imagination , elles ren-dent délicieux le sentiment de l’existen-ee ; peut - être elles ouvrent l’ame à labienveillance par battrait du plaisir. Jene fais comment j’arrangerois ce bosquet',niais je fais bien que j’y aurais des rou-tes fart étroites : l’homme magnifiqueveut se pavaner dans une allée imposan-te , il faut que tout annonce sa grandeur:moi j’aime à écarter les branches en mar-chant & à cacher ma tête dans les sieurs :pourtant je ne dédaignerais pas une al-lée assez large pour s’y entretenir avecdes amis; car, lorsqu’on jouit d’unbien,il manque encore de le partager.

La notion générale des jardins d’agré-mcnt est nécessaire à l’entente des bos-quets ; elle Fera concevoir comment ilconvient de les placer , de les détacher,cu de les greupper. Je me trompe, oules parties les plus voisines du château ,font celles où la main de l’artiste doit leplus se remarquer : il me semble qn’aprèsl’architecture pleine & solide , il est gra-cieux d’appercevoir cette architecturesvelte & ajourée où des cordons de ver-dure s’élancent en colonnes, se courbenten cintres, ou s’étendent en plafonds.Les arbres en éventail, & les charmillesdoivent se masquer & dessiner : les alléesservent à ménager & à encadrer Ics plusbeaux lointains. Je ne vois pas pourquoile parterre seroit dénuéde caiflesde feuil-lages & d’arbrisseaux taillés en quelquefigure élégante : mais à mesure que jem’éloignerois de la maison, je serois en-chanté de voir disparoître sart par desnuances insensibles, & de trouver bientôt que la nature dans un négligé galant.

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Que rie peut - on même se méprendresur les limites d’un jardin, là où il seconfond peu-à-peu dans la campagne ; iln’en seroit, à mon gré, séparé que per-des massifs bas d’arbrisseaux : point demurs! eh! la reconnoissance veillera,pour la bonté.

On sent que les bosquets se rangent na-turellement aux côtés, ou bien autourduparterr», L qii'on doit rencontrer en-suite , je ne fais quoi, qui ne soit ni par-terre , ni jardin ; par exemple, un ter-rain spacieux imitant une campagne cul-tivée, semblable à celles où rindustried’un peuple aisé a multiplié, embelli fevarié les fruits de la terre, où ie plaisir asemé des fleurs, & s’eft ménagé quelquesjolis réduits : je m’y promènerai à tra-vers les rubans citrinsde la navette, &les bandes azurées du lin , & j’y verraila pourpre des pavots se déployer sur lesmafles ondées du froment. Aux confinsde ces champs, je jetterois qà & là que 1-ques bouquetsd’arbre; leur intervalleme découvrirait des sites choisis : en delàje serois régner une pelouse agreste oùdes fleurs champêtres croîtraient autourde buissons épars : heureux qui pourrarecueillir dans cet espace un ruisseaufuyant dans une belle prairie, fous lesaulnes cintrés; une montagne où l’on vitbriller dans l’ombre des bois les nappesargentées des cascades ; un rocher d’oùjaillirait en gerbes le cristal des fontai-nes parmi l’émail des arbustes fleuris !

Que penser des ruines que les Art-glois mettent en perspective , des tom-beaux , des urnes funéraires qu’ils en-tremêlent avec des cyprès? Un objetsombre ne peut pas déplaire dans unpaysage de Salvator; on est trop loindu vrai pour qu’il attriste. Mais quoi!la promenade est- elle faite pourappel-ler la mélancolie? ob! que j’aimeroisbien mieux lever les branches du lier-re de dessus un fût de colonne renver-sé, pour y lire vue inscription touchan-te ! comme mon cœur s’épanouiroit à lavue d’une humble cabane , remplie pardes heureux de ma façon , qui bê-cheraient gaiement leur petit clos,& dont les troupeaux bondiraient àI’entour 1 Avec quelle extase j’écoutç»