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Tome V. BI - CALZ.
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honneurs de la divinité, dont il pritles attributs. II lit apporter de Greeela statue de Jupiter Olympien, dont illit ôter la tête pour y placer la sienne,& il exigea qu’on l’honorât sons lenom de Jupiter luttai. Ou lui d resta desautels, où des victimaires immoloientdes poules de Numidie, des Faisans íkd’autres oiseaux recherchés : les prêtresconsacrés à Ion culte étoient magnifi-quement payés. La crainte & l’efpérançemultiplièrent ses adorateurs : il i'e vantad’entretenir un commerce particulieravec Jupiter, qui descendait souvent dnciel pour le visiter. Un homme assez im-bécille pour sc croire un dieu, devoitrougir d’avoir pour aieul Agrippa ,qui , né de parens obscurs, avoit étél’artisnn de sa grandeur. Ce sut pourdésavouer son origine, qu’il déshonorala mémoire d’Auguste , en disant quesa mere étoit le fruit dn commerceincestueux de cet empereur avec sa filleJulie. Le même orgueil lui fit mépri-ser son aïeule Livre, sous prétexte queion aïeul avoit été magistrat de Eunde.Les chagrins qu'il lui eau!a, abrégè-rent sa vie , & il fut soupconné desavoir empoisonnée. Ce soupçon sot au-torisé par le refus qu’il fit de rendre àsa mémoire les honneurs que le sénatlui avoit déférés, & par le meurtre deson srere Tibere , & de Sillanus sonheau-nere. 11 n’y eut point de crimequi n’infectàt Ion cœur : ses incestesavec ses sœurs furent publics , & sur-tout avec Drusiîe , qu’il arracha d u litde son époux pour assouvir sa bruta-lité. Etant tombé malade, ii la désignason héritière à l’empire. Toutes lesfemmes célèbres par leur beauté, allu-mèrent ses feux impudiques : il cilleva Livie Horiftcle le jour même deses noces, & il quitta le banquet nup-tial en annonçant qu’il alloit coucheravec elle. II s’en dégoûta trois moisaprès, & ayant lù qu’eUo revoyait sonpremier époux , il prononça l’arrêt deleur mort. Céíonie parut íìxer son in-constance ; elle n’avoit ni jeunesse nibeauté, & même este étoit mere detrois filles : mais ccs défauts étoientrachetés par ses rafiuc-mens & ses dé-couvertes dans Fart de réveiller lesvoluptés. Après avoir fait Fessai de ses

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cruautés fur fa famille, il en exerçade nouvelles contre ses amis qui l’a-voient élevé à l’empire, & contre ceuxqui avoient été les complices de sesdébauches : tous périrent d’une mortviolente. II fit nourrir pendant long-temps des bêtes sauvages , pour lesFaire combattre dans les jeux qu’il don-nait an public. Cette dépense fut re-tranchée, & an lieu de bêtes, il luiparut moins ruineux de tirer des hom-mes des prisons pour les Faire com-battre à outrance. Un jour, on lui pré-senta la liste des prisonniers accusés decrimes : il ne se donna pas la peine d’e-xaminerles dépositions, & tous furentindistinctement condamnés à la mort.Un flatteur en le voyant malade , fitvœu de combattre à outrance pour re-mercier les dieux de l’avoir rendu auxRomains : Caligula , qui auroit dû ledispenser de ce vœu téméraire, en or-donna l’aocompliflement, & le flatteury perdit la vie. II fit massacrer tantde Gaulois & de Grecs, qu’il se glori-i fia d’avoir subjugué par Fépée la Gallo-Grece. 11 avoit pour maxime que ce-lui qui pou volt tout , avoit droit detout enfreindre, & qu’il importait peu; d’étre haï, pourvu que l’on fut craint,j Cruel jusques dans l’ivresse de l’amour,

I il ne bai soit jamais le cou de fa fem-me & de ses concubines, lans leur dire :j „ ce joli cou fera coupé auísi-tôt que„ je le commanderai Ceux qui necommettent que des actions criminel-les, ont en aversion les écrivains quiles transmettent à la postérité ; c’eífcpourquoi Ctdigitla voulut faire brûlerles ouvrages d’Hnmere , de Virgile &de Tite-Lìve. 11 voulut étendre plus loincet attentat littéraire ; & fous prétexteque la raison naturelle étoit suffisante>our distinguer !a vérité dn mensonge ,e juste de l’injnste , il ordonna debrûler tous les livres de jurisprudence :fit volonté eût été la feule des loix.L’envie , qui dévore les âmes basses ,fit le tourment de fa vie. Les premiè-res familles de Rome furent privées desdistinctions qui rappelloicnt la gloire deleurs ancêtres : les Torquatus ne portè-rent plus la chaîne d’or, ni les Cincin-natus, la perruque; le nom Ae grandfut Ôté aux Pompée.