Band 
Tome septieme. CHA - CHR.
Seite
266
JPEG-Download
 

266 G H A C H A

par où l’on introduit l’étain dans lemoule , qu’on appelle le jet. A l’égarddes chapes des moules de pots, il y en adeux à chaque moule qui forment le de-hors d u pot, & les deux noyaux le de-dans. Le jet est auffi aux chapes, & lecoté opposé s’appelle contre-jet, Elles lejoignent aux noyaux par le moyen d’tincran pratiqué à la portée des noyaux. IIfaut deux chapes & deux noyaux pour Fai-re un moule de la moitié d’un pot. Voy.Fondre l’etain.

Chape ; on donne ce nom, dans lesManufactures ie poudre , anx doublesbarils dont on revet ceux qu’on rem-plit de pondre. On employé ces doublesbarils pour empêcher l’humidité de pé-nétrer au-dedans de celui qui contient lapoudre, & de l’éventer. On enchape auffiles vins. II y a vins emballés , vinsencbappés. La chape des vins empêche auffile vin de s’éventer.; mais elle a encoreune autre utilité, c’eft d’empêcher le voi-turier de voler le vin.

CHAPE , adj. terme de Blason ; 11 se ditde l’écu qui s’ouvre en chope ou en pavil-lon depuis le milieu du chef jusqu’au mi-lieu des flancs. Telles font les armoiriesdes Freres-Prècheurs & des Carmes j &c’est l’image de leurs habits, de leurs ro-bes &. de leurs chapes.

Brunecoll en Suisse , Sc au comté deBourgogne, d’argent chape de gueules.

(n

* CHAPEAU, s. m. Art. méchanimit,ce terme a deux acceptions; il signifie ,ou une étoffe particulière , serrée, com-pacte, qui tient sa consistance de la foulefeule , sans le secours de f ourdissage ;ou la partie de notre vêtement qui sefait ordinairement avec cette étoffe , &qui sert à nous couvrir la tête. On dit ,selon la premier? acception, cette étoffeest du chapeau ; & selon la seconde, met-tez votre chapeau.

Les ouvriers qui font le chapeau , Rap-pellent Chapeliers. Nous allons expli-quer en même tems la maniéré dant onfabrique l’étoffe & le vêtement appellechapeau.

On se sert , pour faire le chapeau depoil de castor , de lievre & de lapin ,de la laine vigogne & commune. Voyezles articles Laine V Castor.* Notrecastor vient du Canada en peaux: il uous

en vient auffi de Moscovie. La vigognela pins belle vient d’Elpagne ers balle.

La laine la plus longue étant la moinsestimée pour la fabrique des chapeaux,on y employé par préférence la pluscourte , comme celle des agneaux & desjeunes moutons. Quoique la France enfournisse beaucoup . les chapeliers fontvenir de l’étranger des laines plus finesque les nôtres ; iis tirent de Hambourgles agtitlins qui est une laine courte & fri-sée, provenant de la tonte des agneaux.Us font aussi usage de la cannante, quiest une laine qui vient de Perse , & quiprend son nom de celui de Kermain , quien est une province. Les chapeliers dis-tinguent deux fortes de laine de Carma-nie : la première est ce qu'iîs appellentlai -auge , & ils l’cstiment plus que cellede la seconde qualité, à laquelle ils don-nent le nom de blanche ; ce qu’its nom-ment laine d'Autriche n’est qu'un poil dechevre ou de chevreau gris cendré. lisse servent auffi de poil de chameau & dechiens barbets ; mais l’on n'employepresque plus ces derniers poils.

Suivant qu’on veutfaire des chapeauxplus ou moins fins & plus on moins lus-trés , ou mêle ensemble une quantité plus,ou moins grande de chaque espace delaine & de poil, suivant quel’experieneel’a appris pour l’u sage qu’on en vent fai-re. Dans ce mélange, on met une partie,de poil sec ou veule, c'est-à-dire , de ce-lui qui n’est point chargé de la graisse deranimai > ou qui n’a point été préparé.

On distingue ordinairement deux poilsà la peau de castor, le gros & le fin. Onenleve d’abord le gros poil, le fin y resteattaché. Cette opération se fait par uneouvrière appellée arracheufe. Pour arra-cher , on pose la peau sur un chevaletsemblable à-peu-près à celui- des chamoi-scurs & des mégìífiers. Quand la peauest fur le chevalet, on prend un instru-ment appelle plane, qui est un couteau àdeux manches. L’oiivriere n’appuie soncouteau fur la peau que mollement , enobservant de faire avec la plane un petitmouvement circulaire à chaque reprise ;cette opération lé fait à rebousse-poil.

Lorsque la peau de castor se trouveseche , l’arracheuse roule la plane , c’cst-à-dire , qu’eile la pousse en avant eu in-