Band 
Tome septieme. CHA - CHR.
Seite
302
JPEG-Download
 

303 C H A

l’autre se nomme bure à pompe : cettederniere est ordinairement étayée de-puis le haut jusqu’en bas de poutres oude madriers qui empêchent les terresde s’ébonler : on peut quelquefois sup-pléer à cette derniere espece de bured’une façon moins coûteuse & beaucoupplus avantageuse ; c’est en conduisantune galerie souterraine qui aille enpente depuis l’endrcit le plus bas de lacouche de charbon ; c’est ce qu’on ap-pelle un percement , on lui donne pourlors une ifl'ue au pie de la montagneoù l'on a creusé- Cette galerie est gar-nie en maçonnerie , c’est par-là que leseaux ont la facilité de s’écouler ; celaépargne les pompes, le travail des hom-mes , beaucoup de machines, - mais sou-vent les circonstances rendent la choseimpraticable , & alors on est obligé d’a-voir recours aux pompes dont les tuyauxdoivent être de plomb, ou ce qui vautencore mieux , de bois d’aune,que l’ona foin de bien goudronner ou d’endnireavec de rhuile cuite , fans quoi les eauxqui font très-corrofives & très-vitrioli-ques , les détruiroient en très-peu detems.

Le pricipal inconvénient auquel lesmines de charbon font sujettes, est celuiqui est causé par des vapeurs & exha-laisons pernicieuses & suffocantes qui yrègnent très - fréquemment , fur - toutpendant les grandes chaleurs de l'été ;elles font pour lors si abondantes, qu’et-les obligent quelquefois les ouvriers decesser entièrement leurs travaux. Cesvapeurs font de deux especes ; la pre-mière , que les Anglois nomment batair , mauvais air , & qui en Françoiss'appelle poujje ou moufette , ressembleà un brouillard épais ; elle a la propriétéd’éteinclrc peu-à-peu les lampes & lescharbons ardens que l’on y expose , dela même maniéré qu'il arrive dans lerécipient de la machine pneumatiquelorlqti’on a pompé l’air: c’est par ces ef-fets que les mineurs reconnaissent la pré-sence de cette vapeur ; aussi c’est unemaxime parmi eux , qu’il faut avoirl’œil autant à sa lumière qu’à ion ou-vrage. Lorsqu’ils s’apperçoivent que lalumière de leurs lampes s’affbiblit , leparti le plus sûr pour eux est de fe fai-re tirer promptement hors des fouter-

C H A

rains , quand ils peuvent en avoir letems. La façon d’agir de cette vapeurest d’appelantir & d’endormir: mais ceteffet est quelquefois si prompt, que desouvriers qui en ont été atteints fonttombés de l’échelle en descendant dansla mine , fans avoir le tems de crier àl’aide : quand on les secourt à tems ,ils peuvent en réchapper, si on les por-te au grand air; au commencement onne leur volt donner aucun ligne de vie.Mais le remede le plus efficace , c’estd'enlever avec une bêche un morceaude gazon : on couche le malade fur leventre , de façon que ta bouche portefur le trou qu’on a fait eu terre , &l'on pose fur l’a tête le morceau de ga-zon qu’on en a enlevé ; par - là il re-vient peu-à-peu , & fe réveille commed’un sommeil doux & tranquille, pour-vu cependant qu’il n’ait point été troplong-tems exposé à la vapeur dange-reuse. C’est suivant M. Triewald , leremede le plus certain ; il dit en avoirfait l’expérience avec succès : cepen-dant il reste souvent pendant plusieursjours des pesanteurs de tête au malade.!/oyez les mémoires de l'académie roy. deStockolm, année 1740 .11 y a encore unemaniéré de secourir ceux qui ont eu lemalheur d’être frappés de cette exha-laison dangereuse ,• c’est de leur faireavaler promptement de l’eau tiede mê-lée avec de l’esprit-de-vin : ce mélan-ge leur procure un vomissement très-abondant de matières noires. Mais ceremede ne guérit point toujours radi-calement : il reste souvent aux maladesune toux convulsive pour le reste de leursjours.

M. Triewald conjecture que les fu-nestes effets de cette vapeur viennentdes particules acides fulphuteufes dontelle est composée , qui détruisent l’é-lasticité de l’air, qui d'ailleurs est dansun état de stagnation au fond des mi-nes , faute d’une circulation suffisante - :aussi remarque-t-on que ces vapeurs s’yamassent en plus grande abondance ,loríqu’on a été quelques jours íans ytravailler ; pour lors les ouvriers ne sebazardent point d’y entrer sans avoir faitdescendre par une des bures une chan-delle allumée jusqu’au fond du puits ;si elle demeure allumée, ils vont fe met-