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Tome septieme. CHA - CHR.
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publiques. II est peu de matière plusimportante que cette partie de l’admi-niiiration politique. Ce n'est pas pour lamultitude. Le peuple n’y voit que lanécessité de payer, l’homme d’état quele produit, le financier que le bénéfice.Le philosophe y voit la cause de la pros-périté ou de lamine des empires, cellede la liberté ou de l’efclavage des ci-toyens, de leur bonheur ou de leur mi-sère. II n’est point d’objet plus intéres-sant pour lui, parcequ’ii n'en est pointde si prochain de l’hiimanité, & qu’ilne peut être indifférent sur tout ce quila touche de fi près.

' Avant qtte d’examiner ces diverses for-tes de tributs ou de droits qui font enusage , & de développer les ineonvéniensou les avantages qui résultent de leursdifférentes natures & des diverses ma-niérés de les lever , je montrerai :

i°. Que les charges publiques fontd’autant plus justes & d’autant plus lé-gitimes qu’elles font Fondées fur les con-ventions sociales , & que l’existence &la conservation des sociétés en dépendent.

2°. Qu’elles sontun tribut que lui doi-vent tous les citoyens, pour les avanta-ges dont ils jouissent fous fa protection.

3°. Qu’elles ont pour objet le bien gé-néral de la république , & le bien indi-viduel de chacun de ceux qui la compo-sent.

4°. Qae ne pouvant se gouverner parelle-méme, la société a besoin d’unepuissance toujours active qui la repré-sente, qui réunisse toutes ses Forces &les mette en mouvement pour son utili-té ; que cette puissance est le gouverne-ment , & que chaque citoyen en luî four-nissant la contribution particulière desforces qu’il doit à la société , ne fait ques’acquitter de ses obligations envers elle& envers lui- même.

6°. Enfin, que la société ou le gou-vernement qui la représente , a droitd’exiger en son nom cette contribution ;mais que fa mesure doit être futilité pu-blique L le plus grand bien des particu-liers , fans qu’elle puisse être excédéefous aucun prétexte légitime.

I. II en est du passage des hommes del’état de nature à l’état civil , comme deleur extraction du néant à l’existence;c’est la chose du monde dont on parle

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le plus & qu’on entend le moins. Cepassage s’est-il fait par une transitionsubite & remarquable, ou bien s’est- ilopéré par des changemens graduels &insensibles, à mesure que les hommes ontsenti une meilleure maniéré d’ètre &l’ont adoptée, qu’ils ont apperqu les in-convéniens de leurs usages & les ont rec-tifiés ?

A en croire l’exemple de tous les peu-ples, L même ce qu’on voit de nos jours,c’est ainsi que les sociétés se sont insti-tuées & perfectionnées. Les Russesétoient un peuple avant le régné du czarPierre: les changemens prodigieux quele génie de ce grand homme produisitdans fa nation , en ont Fait un peupleplus policé , mais uon pas nouveau.

Les Goths , avant leurs conquêtes »vivolent en communauté & pratiquoientles grands principes d’humanité, qui sem-blent se détruire à mesure que les hom-mes se civilisent ; la bienfaisance & l’af-fection qu’ils a voient pour les étrangers,leur fit donner par les Allemands le nomde Goths , qui signifie bons. Ils l’étaienten effet, tandis que le reste de l’Europegémissait dans la désolation & la barba-rie,où la violence & l’opprefíìon desgou-vernemens les plus policésil’avoient plon-gée. On voit Théodoríc, l’un de leurspremiers rois, faire régner en Italie lesloix & la justice, & domjer le modelsd’un gouvernement équitable & modé-ré. C’est dommage qu’on ait à lui re-procher la mort de Symmaque & deBoèce , qu’il fit périr injustement fur defaux rapports; ils étoient philosophes,il falloit bien qu’ils fussent calomniés au-près du prince.

Ces peuples, & tant d’autres, ne res-semblent plus à ce qu’ils ont été ; maisils n’ont fait que se civiliser davantage.Chez les nations sauvages les plus voisi-nes de l’état de nature qu’on ait décou-vertes , on trouve une forte d’union quiest certainement le germe d’un état desociété plus parfait , que le tems & l’ha-bitude pourraient développer fans le se-cours de l’exemple. L’hospitaiité que cesnations exercent avec tant de piété,prouve qn’elles sentent le besoin qu’ontles hommes les uns des autres. Ce bs-soïn est la source du droit naturel, &l’état de nature est lui - même un étatX *