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Tome septieme. CHA - CHR.
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ses de l’état se réunissent , qui soit unpoint central où elles se rassemblent, &qui les fasse agir selon le bien commun ;qui soit enfin le gardien de la liberté civi-le & politique du corps entier & de cha-cun de ses membres.

Le pouvoir intermédiaire est ce qu’onappelle gemwrnement , de quelque especeou forme qu’il puisse être ; d’où l’on peutconclure évidemment que le gouverne-ment n’est point l’état, mais un corps par-ticulier constitué pour le régir suivant sesloix.

Ainsi l’admSnistration suprême, sansêtre l’état , le représente , exerce sesdroits , & l'acquitte envers les citoyensde ses obligations ; fans puissance par elle-même, mais dépositaire de la puissancegénérale , elle a droit d’exiger de tous lacontribution qui doit la Former, & cha-cun en satisfaisant aux charges que le gou-vernement impose à cet égard , ne faitque s’acquitter envers lui-même & en-vers la société , du tribut de ses forcesqu’il s’eft engagé de lui fournir, soit ens’uiiissant pour la former , soit en res-tant uni pour la perpétuer & vivre ensûreté sous la protection des armes & desloix.

V. Mais la somme des besoins publicsne peut jamais excéder la somme de tou-tes les forces, elle ne peut même pas êtreégale ; il n’en resteroit plus pour la con-servation particulière des individus: ilspériroient & l’état avec eux.

Une conservation générale qui rédui-roitles particuliers à une existence mi-sérable, ressembleroit à celle d’un êtredont on décharneroit les membres pourle faire vivre ; ce scroit une chimère.Si elle exige au - delà du superflu deleur nécessaire, quel intérêt auroient lespeuples à cette conservation qui lesanéantiroit ? Celle de foi-même est lepremier devoir que la nature impose auxhommes, & même l’intérêt de la socié-té. Le gouvernement qui n’est établi quepour la garantir & rendre la conditionde chacun la meilleure qu’il est possi-ble , condition pourtant qui doit variersans cesse suivant les circonstances, nepeut rien exiger de préjudiciable à cetteconservation individuelle , qui lui estantérieure z mais seulement ce qui est

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indispensable pour Vassurer en tout ce quidoit y contribuer, autrement il agiroitcontradictoire ment à la nature & à la finde l'on institution.

Ces idées du pouvoir exercé furies ci-toyens au nom de la société ne sont pointarbitraires ; il eftimpoísible de s’en for-mer aucune d es sociétés, fans avoir celles-ci en même-temps. Plus la liberté va sedégradant, plus elles s’obsourcissent ; oùl’autorité est absolue, & par conséquentillégitime , elles font entièrement per-dues ; c’eft là qu’on voit la querelle absur-de de l’estomac avec les membres, & laligue ridicuie des membres contre l’efto-mac ; là les chefs commandent & ne gou-vernent point. De - là vient que dans lesétats despotiques tout le monde se croitcapable de gouverner, & qu’on immolejusqu’à ('honnêteté à ('ambition d’y parve-nir. Avec le pouvoir de faire exécuter, ilne faut avoir qu’une volonté ; & qui est-ce qui en manque quand il s’agit de pré-dominer aux autres?

Si on ne voyoit dans les dignités duministère que les sollicitudes continuel-les qui en font inséparables, qne l’éten.due & la multiplicité des pénibles de-voirs qu’elles imposent, que la supério-rité de talens & ('universalité de con-noissances qu’il faut pour les remplir,si ce n’étoit enfin ('envie de dominer &d’acquérir des richesses qui les fit dési-rer , loin de les rechercher avec tantd’avidité , il n’y a personne qui netremblât de succomber sous un fardeausi pesant. 11 n’y a pas un visir qui voulûtl’être.

C’est une terrible charge que d’avoir àrépondre à tout un peuple de son bon-heur L de sa tranquillité. Séleucns ensentoít le poids, lorsqu’íl affirmait quesi l’on savoit combien les soins de gou-verner font laborieux, on ne daigneraitpas ramasser un diadème quand on le trou-verait en chemin ; & Roquelaure disoitune chose de grand sens à Henri IV, lors-qu’il lui répondait que pour tous ses'trésors, il ne voudroit pas faire le métierqne faisait Sully.

Ce n’est point en effet, comme quel-ques-ur.s l’ont pensé , parce qu’il y 3des êtres qui soient particulièrementdestinés par la nature à marcher fur'la