Band 
Tome septieme. CHA - CHR.
Seite
585
JPEG-Download
 

C H A

claque , le satin , le sabot. Voyez cetmots à leurs articles. Antiq. exfl. hein.ìex.

Observations anaiomiques fur quelqueschaussures modernes. De judicieux anato-mistes ont observé , r°. que les différensmouvemens des os dupié étant très libresdans Pétât naturel, comnae on le voit as-sez dans les petits enfans , se perdentd’ordinaire par la mauvaise maniéré dechausser les pies ; que la chaussure hautedes femmes change tout-à-fait la confor-mation naturelle de ces os, rend les piésextraordinairement cambrés ou voûtés,& même incapables de s’applatir, à cau-se de la soudure non naturelle ou anchy-lose forcée de ces os, à-ptu-près commeil arrive aux vertèbres des bossus : quel’extrémité postérieure de l’os calcaneum ,à laquelle est attaché le gros tendon d’a-chille, s’y trouve continuellement beau-coup plus élevée , & le devant du piébeaucoup plus abaissé que dans l’état na-turel ; & que par conséquent les musclesqui couvrent la jambe postérieurement,& qui fervent par rattache de leur tendonà étendre le pié , font continuellementdans > » raccourcissement non naturel,pendant que les muscles antérieurs quifervent à fléchir le pié en devant, font aucontraire dans un alongement forcé.

s°. Que les personnes ainsi chausséesne peuvent que trcs-difficilement descen-dre d'une montagne ; au lieu qu’en ymontant, la chaussure haute }eur peut enquelque façon servir de marches plates,le bout du pié étant alors plus élevé :qu’elles ont auflï de la peine à marcherlong-temps , même par un chemin uni,sur-tout à marcher vite, étantalors obli-gées ou de fe balancer à-peu-près com-me les canards, ou de tenir les genouxplus ou moins pliés & soulevés, pour nepas heurter des talons de leur chaussurecontre terre ; & que par la mémeraison ,«Iles ne peuvent fauter avec la même li-berté que d’autres qui ont la chaussurebasse : car on fait que dans l'homme, demême que dans les quadrupèdes & dansles oiseaux, l’action de sauter s’exéeutepar le mouvement subit & prompt del’extrémité postérieure & saillante de l’oscalcuneum au moyen des muscles, dontle gros tendon y est attaché.

3°. Que le: chaussures basses , loin

C H A m

d’exposer à ces inconvéniens ; facilitentau contraire tons les mouvemens natu-rels des piés , comme le prouvent assezles coureurs , les porte chaise , les la-boureurs , Uo. que les sabots les pluscommuns , malgré leur pesanteur & in-flexibilité , ne mettent pas tant d’ob sta-des à l’action libre & naturelle des mus-cles qui servent aux mouvemens des piés,en ce que , outre qu’ils ont le talon très-bas , leur extrémité antérieure est arron-die vers le dessous , ce qui supplée enquelque maniéré au désauít de l’inflexionalternative d’un pié appuyé sur les or-teils, pendant que l’autre pié est en Pairquand on marche.

4°, Que les socques des Récollets sup-pléent davantage ìt ce défaut, en ce queavec un talon très - bas , ils ont encoreune piecc de la même hauteur vers le de-vant , fous l’endroitqui répond à l’arti-culation du métatarse avec les orteils ; &que par ce moyen , la portion antérieurede ces socques étant en Pair , permet d’a-b,lisser la pointe du pié proportionnelle-ment à Pélévation dit calcaneu"\

ç°. Que les souliers du petit peupleavec dts femelles de bois , font moinscommodes que ces socques, & Fatiguentplus les muscles du tendon d'achille , ence que n’étant ni flexibles ni façonnéscomme ces socques, ils rendent la por-tion antérieure du levier du pié plus lon-gue que dans l’état naturel, & occasion-nent ainsi plus d’effort à ces muscles,lorsqu’il faut soulever le corps fur lapointe de ces souliers inflexibles : car onlait que dans l’action de soulever le corpsfur la pointe du pié , ce pié fait l’officsdu levier de la seconde espece, le far-deau de tout le corps étant alors entrel'essort des muscles & la résistance de laterre, ísc.

6 °. Qu’un autre inconvénient de lachaussure haute , c’estquenon-seulementles muscles du gros tendon d’achille ,qui servent à l’extenfion du pié, maisauffi les muscles antérieurs qui serventà l’extension des orteils , font par la hau-teur de ces chaufurts continuellementdans nn état de raccourcissement forcé îtandis que les muscles antérieurs quiservent à la flexion du pié , & les po-stérieurs qui servent à la flexion des or-teils , font en même temps par cette