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& ne finissoit qu’où la terre ne paroissoitplus habitable.
Les mers ont pu couper les cheminsentrepris par les Romains , mais non lesarrêter ; témoins la Sicile , la Sardaigne,l’isle de Corse, l’Angleterre , l’Àsie ,l’Afrique , dont les chemins communi-quoient, pour ainsi dire, avec ceux del'Europe par les ports les plus commo-des. Del’un & de Pautre coté d’une mer,tontes les terresétoient percées de gran-des voies militaires. On comptoit plus de600 de nos lieues de chemins pavés parles Romains dans la Sicile,' près de 100lieues dans la Sardaigne ; environ 73lieues dans la Corse j 1100 lieues dansles isles Britanniques ; 4250 lieues enAsie ; 4674 lieues en Afrique. Lá grandecommunication en Italie avec cette par-tie du monde , étoit du port d’Ostie àCarthage; aussi les chemins étoient-ilsplus fréquens aux environs de ce der-nier endroit que dans aucun autre. Telleétoit la correspondance des routes endeqà & en-delà du détroit de Constan-tinople, qu’on pouvoit aller de Rome àMilan, à Aquilée , sortir de l’italie , ar-river à Sirmich en Esclavonie, à Con-stantinople; traverser la Natolie, la 6a-latie , la Sourie ; passer à Antioche, dansla Phénicie, la Palestine, PEgypte, àAlexandrie; aller chercher Carthage,s’avancer jusqu’aux confins de PEthio-pie , à Clysmos ; s’arrêter à la mer rouge,après avoir fait 2380 de nos lieues deTrance.
Quels travaux, à ne les considérer quepar leur étendue ! mais que ne devien-nent-ils pas quand on embrasse fous unseul point de vue , & cette étendue, &les difficultés qu’ils ont présentées, lesforêts ouvertes, les montagnes coupées,les collines applaties, les valions com-blés , les marais desséchés, les pontsélevés, c if c.
Les grands chemins étoient construitsselon la diversité des lieux ; ici ils s'avan-qoienc de niveau avec les terres; là ilss’enfonqoient dans les vallons ; ailleursils s’élevoient à une grande hauteur ;par-tout on les eommençoit par deuxsillons tracés au cordeau ; cès parallèlesfixoient la largeur d u chemin ; ou creu-soit l’intervalle de ces parallèles; c’étoitdans cette profondeur qu’on étendoit les
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couches des matériaux du chemin. C’étoitd’abord un ciment de chaux & de fablede l’épaisseurd’unpouce; fur ce ciment,pour premiers couche des pierres larges& plates de dix pouces de hauteur, assi-ses les unes fur les autres , L Hécs parun mortier des plus durs: pour secondecouche , une épaisseur de huit pouces depetites pierres rondes plus tendres que lecaillou , avec des tuiles, des moilons ,des platras & autres décombres d’édi-fices , le tout battu dans un ciment d’al-liage : pour la troisième couche , un piéd’épaisseur d’un ciment fait d’une terregrasse mêlée avec de la chaux. Ces ma-tières intérieures formoient depuis troispiés jufqn’à trois pies & dsmi d’épais-seur. La surface étoit de gravois liés parun ciment mêlé de chaux ; & cette croûtea pu résister jtisqu’à présent en plusieursendroits de l’Europe. Cette faqon dépa-ver avec le gravois étoit si solide, qu’onl’avoit pratiquée par-tout excepté à quel-ques grandes voies où l’on avoit employéde grandes pierres, mais feulement jul-qu’à cinquante lieues de distance des por-tes de Rome. On employoit les troupesdel’étatàces ouvrages qui les endurcis-soient à la fatigue, & les peuples conquisdont ces occupations prévenoíent les ré-voltes ; on y employoit auffi les malfai-teurs , que la dureté de ces ouvrages ef-frayoit plus que la mort, & à qui on fai-foit expier utilement leurs crimes.
Les fonds pour la perfection des che-mins étoient si assurés & fi considérables,qu’on ne se contentoit pas de les rendrecommodes & durables ; 011 les emfael-lissoit encore. II y avoit des colonnesd’un mille à un antre qui marquoient ladistance des lieux; des pierres pour as-seoir les gens de pié & aider ies cavaliersà monter fur leurs chevaux ; des ponts ,des temples, des arcs de triomphe, desmausolées , les sépulcres des nobles, lesjardins des grands, -sur-tout dans le voi-sinage de Rome ; au loin, des hermès quiîndiqnoient les routes; des stations , fj’c.Voyez Colonne milhaire, Her-mès, Voie, Stations okMansions.Voyez l'antiq. expliq. Fuyez le traité deM. Bergier. Voyez te truite de la policede lu Mare.
Telle est l'idée qu’on peut prendre engénéral rie ce que les Romains ont faitQ.q 3