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gottvernemens on est capable d’obéir.Les deux dernieres maniérés font plusconformes au droit des gens des Ro-mains ; fur quoi l'on peut juger à quelpoint nous sommes devenus meilleurs.II faut rendre hommage à nos temps mo-dernes, à la raison présente, à la reli-gion d’aujourd’hui, à notre philosophie ,à nos mœurs. Nous savons que la con-quête est une acquisition, & que l’espritd’acquisition porte avec lui l’esprit deconservation & d’usage, Si non pas celuide destruction.
Les auteurs de notre droit publicfondés fur les histoires anciennes étantsortis des cas rigides, font tombés dansde grandes erreurs ; ils ont donné dansl’arbitraire ; ils ont supposé dans les con-quérans un droit , je ne fais quel, detuer ; ce qui leur a fait tirer des consé-quences terribles comme le principe, &établir des maximes que les conquéranseux-mêmes, lorsqu’ils ont eu le moin-dre sens, n’ont jamais prises. II est clairque lorsque la c-mqràc est faite, le con-quérant n’a plus le droit de tuer , puif-qu’il n’est plus dans le cas de la défen-se naturelle & de sa propre conserva-tion.
Ce qui a fait penser ainsi nos auteurspolitiques, c’est qu’ils ont cru que le con-quérant avoit droit de détruire la socié-té ; d’où ils ont conclu qu’il avoit celuide détruire les hommes qui la compo-sent; ce qui est une conséquence faus-sement tirée d’un faux principe : car dece que la société seroit anéantie, il nes’ensuivroit pas que les hommes qui laforment duisent auísi être anéantis. Lasociété est l’tmion des hommes, & nonpas les hommes ; le citoyen peut périr,& rhomme rester.
Du droit de tuer dans la conquête , lespolitiques ont tiré le droit de réduire enservitude; mais la conséquence est aussimal fondée que le principe.
On n’a droit de réduire en servitude ,que lorsqu’ellc est nécessaire pour la con-servation de la conquête. L’objet de latonquêtc est la conservation : la servitu-de n’est jamais l’objet de la conquête jmais il peut arriver qu’elle soit unmoyen nécessaire pour aller à la conser-vation.
Cans ce cas, il estcontre la nature de
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la chose que cette servitude soit éter-nelle ; il faut que le peuple esclave puis-se devenir sujet. L’esclavage danslaccíî-quête est une chose d’accident ; lorsqu’a-près un certain espace de temps tontesles parties de l’état conquérant se sontliées avec celles de l’état conquis, pardes coutumes, des mariages, des loix,des associations, & une certaine confor-mité á’esprit, la servitude doit cesser.Car les droits du conquérant ne fout fon-dés que fur os que ces chofes-là ne fontpas, & qu’il y a un éloignement entreles deux nations , tel que l’une ne peutpas prendre confiance en l’autre.
Ainsi le conquérant qui réduit le peu-ple en servitude , doit toujours sc réser-ver des moyens (& ces moyens fontfans nombre ) pour l’on faire sortir leplutôt qu’il est possible.
Ce ne sont point-là , ajoute M. deMontesquieu, des choses vagues, cafont des principes, & nos peres qui con-quirent l’empire romain les pratiquèrent.Les loix qu’ils firent dans ie feu , dansl’impétuosité, dans l’orgueil de la vic-toire , ils les adoucirent : leurs loixétoient dures , ils les rendirent impar-tiales. Les Bourguignons , les Goths &les Lombards vouloient toujours que lesRomains fussent le peuple vaincu : lesloix d’Euric, de Gondebaud & de Ro-tharis , firent du Barbare L du Romain;des concitoyens.
Au lieu de tirer du droit de conquêtedes conséquences fi fatales, les politi-ques auroient mieux fait d c parler desavantages que ce droit peut quelquefoisapporter au peuple vaincu. Ils les au-roient mieux sentis , si notre droit desgens étoit exactement suivi, &s'ì! étroitétabli dans toute la terre. Quelquefoisla frugalité d’une nation conquérantel’a mise en état de laisser aux vaincusle nécessaire que leur ôtoit leur propreprince. Qn a vu des états opprimés parles traitans, être soulagés par îe con-quérant , qui ne se trouvoit pas dans lesengagemens ni les besoins qu’avoit leprince légitime. Une conquête peut dé-truire des préjugés nuisibles, & ntettre,fi on ose le dire , une nation fous unmeilleur génie. Qiiel bien les Espagnolsne pouvoient - ils pas faire aux Mexi-cains, & par fours conquêtes destructif