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particulier , soit pour celui de leurs fer-miers , en facilitant fous des noms sup-posés & fous des droits arbitraires , feu-trée des denrées prohibées. Cette contre-bande fur laquelle personne ne veille, estun moyen sourd & très-assuré d’épuiserun état : d'autant plus que le remede estdifficile ; car la régie des douanes , quoi-que démontrée la meilleure de toutesles formes qu’elles peuvent recevoir,n’a pas réussi dans tous les pays, commeune expérience de physique bien consta-tée peut manquer dans des mains dif-férentes.
Nous n’avons parlé jufqu’à présent quede la contrebande d’entrée : celle de sor-tie consiste à exporter les denrées quel’état défend de vendre aux étrangers.Le nombre en est toujours médiocre ,parce qu’en général cette méthode n'estutile que dans le cas où les sujets fe-roient privés, soit du nécessaire, soitd’une occasion de travail. C’est ainsi quela sortie des laines est défendue en An-gleterre , parce que leur qualité est répu-tée unique j en France, celle du vieuxlinge, du salpêtre , &c.
L’exportation des armes & des muni-tions est sujette à des restrictions danspresque tous les états, excepté en Hol-lande. Ces sages républicains savent quel’argent de tout le monde est bon à ga-gner, & réservent les prohibitions pourles occasions extraordinaires. En effet,il n’en est point des fusils , des épées, desballes, des canons , comme des matiè-res, par exemple , du brai & du goudron,que tous les pays ne fournissent pas, &dont le transport peut être défendu uti-lement dans certaines circonstances, par-ce qu’il seroit difficile de les remplacer.Mais si la Suede & le Danemarck ima-ginoient en temps de paix de prohiberla sortie de ces matières pour la France ,ce seroit lui rendre & à ses colonies ducontinent de l’Arnérique un servicetrès-signalé.
Oans les pays où le commerce n’estpoint encore sorti de son enfance , l'ex-portatioN de l’or & de l’argent est défen-due sous les peines les plus rigoureuses.L’exemple de l’Efpagne, du Portugal,& même celui de la France dans le tempsd*s refontes lucratives au trésor royal,prouvent l'impuissancc de cette prahi-
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Hon chimérique. A voir les craintes ré-pétées de fauteur dli dictionnairedu com-merce , fur la quantité d’argent qui fortde f Angleterre , on seroit tenté de croirequ’il n’imaginoit pas qu’il y en pût ren-trer. Si l’ouvrageétoit moins estimable,on ne seroit pas cette remarque : mais enrendant justice au zele &à l’applicationde fauteur, il est bon de ne pas s’aban-donner à ses principes.
La fraude consiste à éluder le paiementdes droits imposés fur les marchandisesnationales ou étrangères , soit dans laconsommation intérieure, soit à f im-portation ou à f exportation : ainsi ellepeut être considérée dans ces trois cir-constances différentes.
Les droits se perçoivent dans la con-sommation intérieure,ou aux entrées deslieux où elle se fait, ou à feutrée desprovinces , ou enfin fur des denrées dontf état s’est réservé le monopole.
Toute fraude est criminelle assuré-ment: indépendamment du mépris de laloi, c’est voler la patrie ; c’est anéantirles effets de ce principe si auguste qui fitles rois, & le plus essentiel de leurs de-voirs , lq justice distributive : maiscomme il est rare que tout lin peuple soitguidé par f esprit public, il convient delui faire aimer la loi que l’on veut qu’ilrespecte. Le peuple se persuade mal.ai-sément que f usage d’une denrée nécessai-re , & qui se trouve facilement sous samain à bon marché, puisse lui être juste-ment défendu , à moins qu’il ne sachetecherement & avec des formalités gê-nantes.
Si cette denrée est nécessaire, soit Iquelque partie de fagriculture, soit 1quelque manufacture, la fraude s’éta-blira& les recherches redoubleront, onbien ces parties si essentielles de f occu-pation des hommes diminueront, & avecelles la population. Plus les motifs de lafraude font féduisans , plus la loi de-vient févere. Rien peut-être n’est plus fu-neste à la probité d’un peuple, que cettedisproportion dans la peine des crimes ;& les juges établis pour y veiller , sevoyent exposés chaque jour à la déplora-ble nécessité de retranchtr de la sociétédes citoyens qui lui eussent été utiles, siles loix eussent été meilleures. Quandmême il a< ferait pu austî passible, qu’il