CON
CONTRE SEING , s. m. , Ju-.-ifpr. ,est la signature d’une personne subordon-née , au-dcssnus de celle d’un supérieur.Voyez CONTRE-SIGNER. (A)
* CONTRE-SEMPLER, v. neut.,31 nnufp.it. en soie , c’est transporter undessein déjà lu sur un semple, dans unautre semple fur lequel il n’y a rien, fansse servir du ministère de la liseuse. Pourcet effet, on arrête un semple de 400 cor-des auv 400 arcades au-dessus des maillesdu corps ; on étend le semple dans falongueur. Quand les cordes font bien aju-stées , on tire tous les lacs du semple lu,les uns après les autres ; chaque lacs tiréfait faire anx cordes du semple tendu ,une séparation à laquelle on passe uneembarbe ; de maniéré qu’un semple quiaura occupé une bonne liseuse pendantdeux jours , sera lu par ce moyen dansdeux heures. Voyez Semple, Lire,Embarbe cíf Velours ciselé.
CONTRE-SENS , subst. m. vice danslequel on tombe quand le discours rendune autre pensée qne celle qu’on a dansl’esprit, 011 qne sauteur qu'on interprètey avoit. Ce vice naît toujours d'un dé-faut de logique, quand on écrit de sonpropre Fond ; ou d’ignorance , soit de lamatière, soit de la langue , quand onécrit d’après un autre.
Ce défaut est particulier aux traduc-tions. Avec quelque foin qu’on travailleun auteur ancien, il est difficile dè n’enfaire aucun. Les usages, les allusions àdes faits particuliers, les différentes ac-ceptions des mots de la langue , & uneinfinité d’autres circonstances , peuventy donner lieu.
11 y a une autre espeee de contredont on a moins parlé , L qui est pour-tant plus blâmable encore, parce qu’ilest , pour ainsi dire, plus incurable; c’estcelui qu’on fait ens’écartant du génie &du caractère de son auteur. La traduc-tion ressemble alors à un portrait quirendroit grossièrement les traits fans ren-dre la physionomie , ou en la rendantantre qu’ellen’est, ce qui est encore pis.far exemple, une traduction de Tacite,dont le style ne seroit point vif & serré ,quoique bien écrite Tailleurs , seroit enquelque maniéré un contre - sens perpé-tuel, & ainsi des autres. Que de traduc-tions font dans le cas dont nous parlons,
CON 313
fur-tout la plupart de nos traductions depoètes !
La musique , & fur-tout la musiquevocale , n’étant & ne devant être qu’unetraduction des paroles qu’on met enchant, il est visible qu’on peut aussi, &qu’on doit même souvent y tomber dansdes contre-sens : contre -sens dans 1 ex-pression , lorsque la musique est tristeau-lieu d’ètre gaie,'gaie au-licu d’étretriste , tégere au-lieu d’ètre grave , graveau lieu d’être légeve , $fc. contre -sensdans la prosodie, lorlqu'on est bref furles syllabes longues, long fur des syl-labes breves , qu’on n’observe point l'ac-cent de la langue, &c. contre-sens dansla déclamation , lorlqu’on y exprime parla même modulation des sentimens dif-férois ou opposés, lorlqu’on y peint lesmots plus que le sentiment , lorsqu’ons’y appesantit sur des détails fur lesquelson doit glisser , lorsque les répétitionsfont entassées fans nécessité : contre - sensdans la ponctuation , lorsque la phrasede musique se termine par une cadenceparfaite dans les endroits où le sens lit-téral est suspendu.
II y a un contre-sens frappant de cettederniere espeee , entre beaucoup d’au-tres, dans un endroit de l’opéra d’Om-phale ; le musicien a noté les parolessuivantes, comme si elles étoient ainsiponctuées :
Que nos jourssont dignes d'envie !
Quand l'amour répond à nos vœux ,
1 ,'amour même le moins heureux
Nous attache encore à la vie.
Où l’on voit que le premier vers est en-tièrement séparé du second , auquel ildoit être nécessairement joint ; la cadenceparfaite ne doit tomber que furie secondvers. Le musicien a fait une phrase dupremier vers, & une des trois autres, cequi forme ungalimathias ridicule.
Les Italiens, fi on en croit toute l’En-rope, ayant poussé en musique l’cxpres-fion fort loin , il n'est pas extraordinairequ’ils tombent quelquefois dans d es con-tresens , parce qu’ils outrent l’exprr ssionen voulant trop la rendre. D’aillcurs,comme ils ont beaucoup de compositeursde musique , il est nécessaire qn’iìs cnayent beaucoup de mauvaise. A Regardde notre musique franqoise, quoique lesétrangers l’accusent de manquer souvent