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«voir , sont fondées fur ce qu’il n'efi pascroyable que Dieu permette que tous lesjugemens que nous faisons fur les chosesqui nous environnent, soient faux. S'iln’y avoit point de corps, dit-ori, i! s’en-fuivroit que Dieu qui nous représentel’apparence des cerfs , ne le feroit quepour nous tromper. Voici ce que dit ìà-«tessus le philosophe dont nous parlons.“11 est évident, s’objecte-t-il, que Dieune peut pas nous tromper i or il est évi-dent qu’il nous trompetois à chaque in-stant , s'il n’y avoit point de cors s : il estdonc évident qu’il y a des corps. Onpourroit, selon quelques philosophes,nier la mineure de cet argument. “
En effet, quand même il feroit possiblequ’il existât des corps , c’est-à-dire, deslubftances solides, figurées, &c. hors del’efprit, & que ces corps fussent analo-gues aux idées que nous avons des objetsextérieurs , comment nous feroit-il possi-ble avec cela de les conneître? II fau-droit que nous eussions cette connaissan-ce ou par les sens, ou pat la raison. Parnos sens, nous avons feulement la con-noifiance de nos sensations & de nosIdées ; ils ne nous montrent pas que leschoses existent hors de l’esprit telles quenous les appercevons. Si donc nous avonsconnoissance de l’existenee des corps exté-rieurs, il faut qtie ce soit la raison quinous en allure, d’après la perception dessens. Mais comment la raison nous mon-trera- t-elle l'existence des corps hors denotre esprit? Les partisans même de lamatière nient qu’il puisse y avoir aucuneConnexion entr’elle & nos idées. En effeton convient des deux cotés (& ce qui-arrive dans les songes, dans les frénésies,les délires, les extases, en est une preuveincontestable, ) que nous pouvons êtreaffectés de toutes les idées que nousavons, quoiqu’il n’existe point hors derions de corps qui leur ressemblent. De-là il est évident que la supposition îlescorps extérieurs n’est pas nécessaire pourla production de nos idées. Si donc nousavons tort déjuger qu’il y ait des corps ,c’est notre faute , puisque Dieu nous afourni un moyen de suspendre notre ju-gement. Voici encore ce que dit à ce su-jet le docteur Berckley , principes de laconnoijstmce humaine , pag. $0. “En ac.cordant aux Matérialistes l'existence des
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corps extérieurs, de leur propre aveu îlen’èn connoîtront pas davantage com-ment nos idées reproduisent, puisqu’ilsavouent eux-mêmes qu’il est impossiblede comprendre comment il se peut fairequ’un corps y imprime aucune idee ? ainfila production des idées & des sensationsdans notre esprit, ne peut pas être la raïS.son pour laquelle nous supposons “‘descorps ou des substances corporelles, puis-que cela est aussi inexplicable dans cettesupposition que dans la contraire. En : unmot, quoiqu’il y eût des corps extérieurs ,il nous feroit cependant impossible de fatvoir comment nous les co,-moissons, éfcs’i! n’y cn avoit pas, nous aurions cepen-dant la même raison de penl'erq-n’il y ena que nous avons maintenant'. Id. ibii.pag. 60. 61.
“II 11e feroit pas inutile de réfléchir unpeu ici fur les motifs qui portent l’hom-me à supposer l’existenee des substance*matérielles! C’est ainsi que voyant ce»motifs cesser & s’évanouir par degrés,nous pourrons nous déterminer à refuserle consentement qu’ils nous avoient arra»ché. On a donc cru d’abord que la cou-leur, la figure, le mouvement & le»autres qualités sensibles, existuient réel-lement hors de l’esprit ; ft par cette mêmeraison il sembloit nécessaire de supposerune substance on.sujet non pensant, dan*lequel ces qualités existassent, puifqu’onne pouvoit pas concevoir qu’elles exis-tassent par elles-mêmes. Ensuite étantconvaincus que les cduleurs , les sons &les autres qualités secondaires & sensi-bles , n’avoient point leur existence horsde l’esprit, on a dépouillé ce sujet de cesqualités , en y laissant feulement les pre-mières, comme la figure, le mouvement,&c. q u'on a conçu toujours exister hor*de l’esprit, & conséquemment avoir be-soin d’un support matériel. Mais commeil n’est pas possible (e'est toujours Berk-ley qui parle) qu’aucune de ces quali-tés existe autrement que dans l'efprit quiles apperqoit, il s’ensuit que nous n’a-vons aucune raison de supposer l'exis-tence de la matière. ,, Id. ibid. ptsg. r I?.119. Voyez Qualité, Existencb.
Voilà en substance les raisons du doc-teur Bereitley. Leibnitz ajoute quequandj nous examinons les propriétés descorps , telles que 110 u s les concevs»», c*»K«k z