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CORRUPTICOLES , f. m. pi. Hist..ecclés., sont des hérétiques Eutychiensqui parurent vers l’an ;zr de J-ssus-Chriíì, & qui eurent pour chef Severe,faux patriarche d’Alexandrie.
Cette secte naquit en Egypte j carSevere s’étant re'iré à Alexandrie ysoutint que ie corps de Jésus - Chriltétoit corruptible , que les pores l’avoientreconnu, & qne le nier, c’étoit nier lavérité de la passion du Sauveur.
D’un autre coté Julien d’Halycarnas-se , autre Entyrhien aulsi réfugié enEgypte, ioutenoit que le corps de Je-sus-Christ a toujours été incorruptible,que de dire qu’il étoit corruptible, c’é-toit admettre de la distinction entre Je-sus-Christ & le Verbe , & par consé-quent deux natures en Jesus-Christ. V.Eut y chien.
Le peuple d’Alexandrie se partageaentre ces deux opinions: les partisansde Severe fui ent appelles Corrupticoles ,c’est-à-dire, adorateurs du corruptible :& ceux de Julien , Incorruptibles ouPhantasiustgs. Le clergé d’Alexamliie &les puissances séculières favorisèrent lespremiers ; mais les moines & le peu-ple tinrent pour les seconds. BiB. destlrêv. (G)
CORRUPTION, f. f. en Philosophie ,■est l'état par lequel une chose cesse d’ê-tre ce qu’elle étoit ; on peut dire que lebois est corrompu , quand nous ne levoyons plus subsister , & qu’au lieu dubois nous trouvons du feu : de mêmel’œuf est corrompu, quand il cesse d’é-tre un œuf & que nous trouvons unpoulet à fa place; car corruption n’estpas pris ici dans le sens vulgaire. Delà cet axiome de Philosophie , que lacorruption d'une ehofe est la générationd une autre.
La corruption différé donc de la géné-ration , comme deux contraires différentl’un de l’autre.
Elle diffère de l’aitération, commeun plus grand d’un moindre , ou commele tout de fh panie. Une chose est ditealtérée lorsqu'elle n'est pas tellementchangée qu’on ne la puisse reoonnntíre,& qu’elle conserve encore son anciennom: mais après la corruption, ni l’unni l’autre ne subsistent plus. V. Auïfc-kation.
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Mais comme dáns la génération au-cune matière n’est véritablement créée ,ainsi dans la corruption rien n’est réel-lement anéanti, que cette modification,particulière qui constituait la formed’un être , & qui le déterminoit à êtrede telle ou telle efpece. V. Forme ÊfGénération.
Les anciens croyoient que plusieursinfectes s’engendroient par corruption.On regarde aujourd'hui celte opinioncomme une erreur, quoiqu’elie parois-se appuyée par des expériences journa-lières. En effet, ce qui lé corromptproduit toujours des vers : mais ces versn’y naissent que parce que d’autres in-sectes y ont déposé leurs œufs. Une ex-périence sensible prouve cette vérité.
Prenez du bœuf tout nouvellementtué ; mettez-en un morceau dans un potdécouvert , & un autre morceau dansun pot bien net, que vous couvrirezfur le champ avec une piece d’étoffe desoie, afin que l’air y passe fans qu’au-cuu insecte y puisse déposer ses œufs.11 arrivera au premier morceau ce quiest ordinaire; il se couvrira de vers,parce que les mouches y font leurs œufsen liberté ; l’autre morceau s’altérerapar le passage de l’air , fe flétrira, seréduira cn poudre par l’évaporation ;mais on n’y trouvera ni œufs, ni vers,ni mouches. Tout au plus les mouchesattirées par l’odeur viendront en foulefur le couvercle , essayeront d’entrer, &jetteront quelques œufs fur l’étoffe desoie, ne pouvant entier plus avant. Aufond , il est aussi absurde, selon M. Plu-che , de soutenir qu’un morceau de fro-mage engendre des mites, qu’il le servitde prétendre qu’un bois on une monta-gne engendrât des cerfs ou des éiéphans.Car les insectes sont îles corps organi-sés, & aussi fournis des différentes par-ties nécessaires à la vie, que le sont lescorps dès plus gros animaux.
Cependant quelques philosophes mo-dernes paroissent encore favorables à l’o-pinion ancienne de la génération parrw-ruption, du moins en certains cas. M. deBuffon, dans son histoire naturelle, pcg.z:o. II. vol. paroît incliner à cette opi-nion. Après avoir exposé son lyflème desmolécules organiques, dont il sera parléà l’ article G&NÌRATIûN, il en conclut