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esprits que l’on nomme courage. Jettez-moi dans les troupes, dit la Bmyere,en qualité . e simple soldat, je fuis Ther-sit-.' ; mettcz-moi à la tête d’tine arméedont j’aie ft répondre à toute l’Europe,je 1.ris Achille. Dans la maladie, an con-traire , où l’on n’a point de spectateurs,point de fortune , point de distinctions àespérer , point de reproches à appréhen-der , l’on est craintif & lâche. Où l'on«'envisage rien pour récompense du cou-rage du cœur , quel motif soutiendroitl’arnour propre? 11 ne Faut donc pas êtresurpris de voir le héros mourir lâchementsu lit , & courageusement dans uneaction.
Le courage d'esprit , c’est-à-dire cetterésolution calme, ferme, inébranlabledens les divers accidens de la vie, est unedos qualités des plus rares. II est très-a:Cé d’en sentir les raisons. En généraltous les hommes ont bien plus de crainte,de pusillanimité dans l’efprit que dans lecoeur ; & comme le dit Tacite, les escla-ves volontaires font plus de tyrans, queles tyrans ne font d’esetaves forcés.
II me semble, avec un auteur modernequi a bien développé la différence desdoux courages (Conjidér. fur les mœurs,')“ que le courage «'esprit consiste à voirles dangers , les périls , les maux &les malheurs , précisément tels qu’ilsfont, & par conséquent les ressources;les voir moindres qu’ils ne font , c’estuianquer de lumières ; les voir plusgrands, c’est manquer de coeur: la timi-dité les exagère, & par-là les Fait croî-tre : le courage aveugle les déguise, &ne les affoiblit pas toujours ; l’on &l'.uitre mettent hors d’état d’en triom-pher. Le courage d'esprit suppose & exigeiouvent celui du cœur ; le courage ducœur n’aguere d’usage que dans les mauxmatériels, les dangers physiques , ouceux qui y font relatifs. Le courage d’esprit a ion application dans les circonstan-ces les plus délicates de la vie. On trouveaisément des hommes qui affrontent lepéril le plus évident ; on en trouve ra-rement qui fans se laisser abattre par unmalheur, sachent en tirer le parti quiconviendroit. „
Cependant l’Histoire, & l’on ne doitpas le dissimuler, ne manque pas d’exem-ples de gens qui ont réuni admirable-
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ment en eux le courage de cœur & le cou-rage A'esprit', il ne faut que lire Plutar-que parmi les anciens, & de Thou parmiles modernes, pour sentir son ame éle-vée par des traits & des actions de cetteespece, glorieuses à l'humanité. Maisl’exemple le plus fort & le plus frappantqu’il y ait peut-être en ce genre, exem-ple que tout le monde fait, qil'on citetoujours , & que j’ofe encore transcrireici, c’est, celui d’Arria femme de CecinaFœtus , fait prisonnier par les troupesde l’empereur Claude, après la déroutede Scribonianus dont il a volt embrassé leparti.
Cette femme courageuse ayant inutile-ment tenté, par les instances les plus vi-ves, les plus séduisantes, & les plus in-génieuses , d’étre reque dans le navirequi conduisoit son mari prisonnier, loua,sans s’abandonner au désespoir, un ba-teau de pêcheur, & suivit Pcetus toutefeule dans ce petit esquif depuis l’Ef-clavonie jufqu’àRome. Quand elle y futarrivée, &qu’elle ne vit plus d’efpérancede sauver les jours de son mari, elle s’ap-perqut qu’il n’avoit pas le cœur assezferme pour fe donner la mort, à laquellela cruauté de l’empereur ie contraignoit.Dans cette extrémité elle commenqa,pour tâcher d’y disposer Fœtus, d’em-ployer ses conseils & ics exhortationsles plus pressantes : alors le voyant ébran-lé , elle prit dans fa main le poignardqu’il portoit : Sic, P<te, fais ainsi,mon cher Fœtus; & à l’instant s’étantdonné un coup mortel de ce même poi-gnard, elle l’arracha de la plaie, le luiprésenta tranquillement , & lui dit euexpirant ces trois mots : Frété , non do-leti tiens, Fœtus, il ne m’a point fait demal. Prœclarum ìihii , s’écrie Pline,ferrum firingéré , ptrfodere peclus, ex-trahere pugìonem, porrigere marito , ad-dere uoeem immortulem ac pœnè iivinam ,Pœte, non dolet. Pline, ep. xvj. liv, 111.Article de M. le Chevalier de Jaucourt.
COURALIN, f. m. terme de Pêche,usité dans i'amirante de Bordeaux : c'essune forte de petite chaloupe dont fe fer-vent les pêcheurs.
COURANT, f. m. ett terme d 1 Hydro-graphie, est le nom qu’on donne en gé-néral à une certaine quantité d’eau qui