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Tome neuvieme. CON - CRI.
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culs des anciens ; c’est-là anílì ce qu’onlui a opposé de plus Fort ; & la plupartdes médecins qui ont succédé à Fracastor,s’en sont tenus à admettre les jours criti-ques à la façon de Gatien, en donnant ce-pendant pour causes des crises L des jourscritiques la diversité des humeurs à cuire,la différence des tempéramens, & mêmeFaction de la lune à laquelle on attribuoitplus ou moins de vertu : ils ont établiune de ces opinions mixtes qui font inter-médiaires entre les systèmes, ou qui íontdes especes de recueils; ressource ordi-naire des compilateurs. Prosper Alpin ,qu’on doit mettre dans cette classe , mé-rite d'être consulté , tant par rapport àses observations précieuses , que par rap-port à ses mnuvemens combinés de l’a-trabile & de la bile , £f c.

On trouvera tous les auteurs Galénis-tes qui ont travaillé depuis Fracastor, oc-cupés des mêmes questions, & suivantà-peu-près le même plan , c’est-à-dire ,ce que leurs prédécesseurs leur avoientappris. Dulaurens, chancelier de la fa-culté de .Montpellier, & premier méde-cin d’HenrilV, a été un de ceux qui ontdonné un traité des plus complets & desmieux faits fur lesmyèr: il y a dans cetraité des idées particulières à fauteur,qui méritent beaucoup d’attention ; &l'on exactitude a fait que plusieurs méde-cins qui ont travaillé depuis lui, se sontcontentés de le copier ; tel est entr’au-tres , pour le dire ici en passant, le fa-meux Sennert : ceux qui ont dit de cedernier queRiviere, un des plus grandsmédecins de son siécle , l’avoit copié &abrégé, anroient pu ajouter que le mé-decin franqois n’a fait que reprendre , ausujet des crises , ce que Sennert a prisdans Dulaurens, & que pour le reste Ri-vière & Sennert ont puisé dans les mê-mes sources, & n’ont fait que suivreleurs prédécesseurs dans la plupart desquestions ; en cela fort ressemblans à biendes modernes qui se font copiés les unsles autres, depuis Harvée , Vieussens , &Baglivi, jusqu’â nos jours.

Les chymistes ayant foudroyé le Galé-nisme, & la plupart des opinions répan-dues dans les écoles, qui avoient, à direvrai , besoin d’une pareille secousse , ladoctrine des crises fa ressentit dc la fou-gue des réformateurs. Ce fut en vain

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qu’Arnaud de Villeneuve, qui se mon-tre toujours fort sage dans la pratique,se déclara pour les jours critiques . enavançant qu’on passoit les bornes de lamédecine, si on prétendoit aller plus loinqu'Hippocrate à cct égard. C’est en vainqueParacelse eut recours aux différonssels pour expliquer les crises : il n'est rien,riiíbit Vanhelmont toujours eu colere ,de plus impertinent que la comparaisonqu'on a faite des crises avec un combat ; unvrai médecin doit nécejfairement négligerles crises, auxquelles il ne faut point avoirrecours lorsqu’on sait enlever la maladie« propos. A quoi servent tant de péniblesrecherches fur les jours critiques ? Le vraimédecin ejl celui qui fait prévenir ou mo-dérer la malignité des maladies mortelles ,N abréger celles qui doivent être longues ,en un mot empêcher les crises. J'ai , ajou.te-t-il , composé étant jeune cinq livres surles jours critiques , ef je les ai fait brûlerdepuis. Ilyavoit déjà long-temps que ladoctrine des crises avoir été combattuepar des clameurs & des bons mots: onavoit traité la médecine des anciens deméditation fur la mort. Ainsi Vanhelmontse servoit pour lors des mêmes traits lan-cés par des esprits non moins ardens quele sien ; & ces répétitions ne parodientpas devoir faire regretter les livres qu’ila brûlés. II faut pourtant convenir queîes expressions ou la contenance de Van-helmont ne peuvent que frapper tout lec-teur impartial : on est naturellement por-té à approuver ou à désirer une médecinehéroïque & vigoureuse qui sût résister ef-ficacement aux maladies & ìes emporterd’emblée. La doctrine des crises & desjours critiques a un air <ie lenteur qu|semble devoir ennuyer les moins impa-tiens, & donner singulièrement à mor-dre aux Pyrrhoniens.

Les chymistes plus modernes, & moinsennemis des écoles que Vanhelmont, telsque Sylvius-Deleboé & quelques autres ,n’ont pas même daigné parler des crises& des jours critiques, & on les a totale-ment perdues de vue, ou du moins onn’a fait qu’étendre les railleries de Van-helmont; il faut avouer que la brillantethéorie de chymistes, leurs spécifiques,& leurs altérans , ne pouvoient guereconduire qu’à cela : enfin les chymistesont perdu peut-être trop tôt l’empire de-Nnn 4