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Tome XIV. FERM - FORL.
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re : íï cultive pendant un an les terresqu’ii doit ensemencer en blé; & aprèsqmil a ensemencé, il ne recueille qu’aumois d’août de Tannée suivante : ainsi ilattend près de deux ans les fruits de sestravaux & de ses dépenses. 11 a fait lesfrais des chevaux & des autres bestiauxqui lui font nécessaires; il Fournit lesgrains pour ensemencer les terres , ilnourrit les chevaux, il paye les gages &la nourriture des domestiques : toutesces dépenses qu’il est obligé d’avancerpour les deux premieres années de cultu-re d’un domaine d’une charrue de quatrechevaux , font estimés à io ou i r milleliv.; & pour deux ou trois charrues, îoou 30 mille liv.

Dans ses provinces où il n’y a pas defermier en état de se procurer de tels éta-blissemens , ses propriétaires des terresïi'ont d’autres ressources pour retirerquelques produits de leurs biens, que deles faire cultiver avec des bœufs, par despaysans qui leur rendent la moitié de larécolte. Cette forte de culture exige très-peu de frais de la part du métayer ; 1epropriétaire lui fournit ses bœufs & la se-mence,ses bœufs vont après leur travailprendre leur nourriture dans ses pâtura-ges ; tous ses frais du métayer se rédui-sent anx instrumens du labourage & auxdépenses ponr fa nourriture jusqu’autems de la première récolte , souvent mê-me le propriétaire est obligé de lui faireles avances de ces frais.

Dans quelques pays les propriétairesassujettis à toutes ces dépenses, ne parta-gent pas les récoltes; ses métayers leurpayent un revenu en argent pour se fer-mage des terres, & ses intérêts du prixdes bestiaux. Mats ordinairement ce re-venu est fort modique : cependant beau-coup dc propriétaires qui ne résident pasdans leurs terres, & qui ne peuvent pasÊtre présens au partage des récoltes, pré-fèrent cet arrangement.

Les propriétaires qui se chargeroienteux-mêmesde la culture dc leurs terresdans les provinces où l’on ne cultivequ’avec des bœufs, seroient obligés desuivre 1e même usage ; parce qu’ils netrouveroient dans ces provinces ni mé-tayers, ni charretiers en état de gouver-ner & de conduire des chevaux. II fati-droit qu’ils en fissent venir de pays éloi-gnés, cç qui est sujet à beaucoup d'inpon-

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véniens; car si un charretier se retire ,ou s’il tombe malade 1 e travail cesse. Cesévénemens font fort préjudiciables, sur-tout dans les faisons pressantes; (Tailleursse maître est trop dépendant de ces do-mestiques, qu’il ne peut pas remplacerFacilement lorsqu’ils veulent se quitter ,ou iorsqn’iis servent mal.

Dans tous ses temps & dans tous sespays on a cultivé les terres avec desbœufs ; cet usage a été plus ou moins sui-vi , selon que la nécessité l’a exigé : carles cause.-; qui ont fixé se c hommes à cegenre de culture , sont de tout temps &de tout pays; mais elles augmentent oudiminuent , selon la puissance & 1e gou-vernement des nations.

Le travail des bœufs est beaucoup plussent que celui des chevaux : d’ailìeurs lesbœufs passent beaucoup de temps dansses pâturages pour prendre leur nourri-ture ; c’elt pourquoi on emploie ordinai-rement douze bœufs , & quelquefois jus-qu’àdix-huit dans ttn domaine qui peutêtre cultivé par quatre chevaux. II y en aqui laissent ses bœufs moins de tempsau pâturage , & qui ses nourrissent enpartie avec du fourrage sec : par cet ar-rangement ils tirent plus de travail deleurs bœufs ; mais cet usage est peusuivi.

On croît vulgairement qne les bœufsont plus de force que ses chevaux , qu’ilsfont nécessaires pour la culture des terres-fortes, que ses chevaux, dit-on , nepourroient pas labourer ; mais ce préjugéne s’accorde pas avec Texpérience. Dansles charrois, six bœufs voiturent deuxon trois milliers pesant, au lieu que sixchevaux voitureutsix à sept milliers..

Les bœufs retiennent plus fortementaux montagnes, qne ses chevaux ; maisils tirent avec moins de force. II sembleque ses charrois fe retirent mieux dansses mauvais chemins par les bœufs quepar les chevaux ; mais leur charge étantmoins pesante, elle s’engagc beaucoupmoins dans ses terres moises; ce q ni afait croire que ses bœufs tirent plus for-tement que ses chevaux , qui à la véritén’appuyent pas fermement quand leter-rein n’est pas solide.

On peut labourer les terres fort légè-res avec des bœufs, on ses laboure auíl»avec deux petits chevaux. Dans ses ter-pes qui ont plus de corp s, on met quatrs