90 FER
plus subtiles parties terreuses que !espluies ont emportées des bonnes terres.Lorsque les eaux imprégnées de ces par-ties terreuses & des sucs savonneux desterres où elles ont coulé, séjournentdans les terreurs bas, ces parties nutri-tives tombent an fond, & les fertilisent.Le Nil dépose une vase riche, un limonfertile & si rempli de parties tendantesà la putréfaction que son odeur fortesemble être la cause des fléaux dontí’Egypte est souvent affligée. C’est cetteaugmentation annuelle du sol qui a «levéle niveau dc- la terre beaucoup plus hautqu’il n’étoit. C’est ausiì pour la mêmesaison que dans tous les pays les valléesfont plus fertiles que Ics terreinsélevés,ícs pluies emportant toujours des hau-teurs une partie des matières végétalesqu’clles laissent dans les fonds.
L’art imite souvent la nature dans cet-te maniéré d’améliorer les terres ; onconduit l’eau des rivières dans leschamps, où on les laisse séjourner quel-que temps : ce qui se pratique sur - toutdans le printemps, lorsque ces eaux fontplus imprégnées des parties nutritives.Quand elles ont déposé ces parties, cequ’elles font en quatre ou cinq jours,cn les Fait écouler entièrement,de crain-te qu’en s’évaporant par degrés, ellestic resserrent trop la terre, & n’empê-chent l'herbe de pousser. En effet, c’estce que cette opération a de plus dange-reux; & par cette raison, on nedoitpasl’emploier dans les terres argilleuses.
II faut observer ici qu'il y a des eauxextrêmement préjudiciables aux terres ;par exemple, les eaux qui passent pardes mines de fer ou de charbon ; car lesparties ferrugineuses que ces eaux con-tiennent font mourir les végétaux. Leseaux sulfureuses font ausiì très-nuisiblesaux terres. (+)
FERTO, NEUSÍEDLËRSEE, La-cus Peifonìs , Géog., lac du royaume deHongrie,aux confins des comtés d’Eden-bnurg & de Wieselbourg. II est remar-quable en ce que de sa crue & de fa dé-crue, les habitans du pays font dépen-dre la quantité du vin qu’ils cueillirontdans Tannée; voient-ils ses eaux bienhautes, ils jugent que leur vendange fe-ra mauvaise; & les voient-ils bien basses,Ils jugent qu’elie fera bonne. {D. G.j
FERULE, ferula, f. £ Hist. nat.bot
FER
genre de plante à fleurs en rose, disposéesen ombelle & composées de plusieurs pé-tales, rangées en rond & soutenues parun calice, qui devient dans la fuite unfruit, dans lequel il y a deux semencesfort grandes de forme ovoille, applaties& minces , qui quittent souvent leur en-veloppe. Ajoutez aux caractères de cegenre , que les feuilles de la férule fontà peu près semblables à celle du fenouil& du persil. Tournefort, Jnft.rei herb.F. Plante. (/)
FÉkulE, Jard. La férule vient dansles pays chauds, en Languedoc, en Pro-vence, en Italie, en Sicile, en Espagne ,en Grece, en Afrique, à Tanger, £fc.On la cultive dans les jardins de quel-ques curieux. On en compte quatorze àquinze efpcces , parmi lesquelles il faut.distinguer les férules de Fi ance ou d’Ita-lie, de celles de la Grece ; & la férulede Grece, de celle d’Afrique.
La férule ordinaire se nomme ferula ;o fie. ferula major , feu ftemina Plinit,Boerh. ait. 64. C. P,. P. 14g. Tourn.Infl. 311. Ses racines font longues, unpeu branchues, vivaces; elle pousse destiges moelleuses, légeres, hantes de septà huit piés ; garnies de leur bas de feuil-les fort grandes , branchues , découpéesen une infinité de lanières. Ses feuillesembrassent la tige par leur queue, quiest creusée en forme de gouttière : ellesfont d’un verd foncé & plombé. L’extrè-mité de la tige cil garnie débranchés,qui font soutenues par de petites feuillescoupées en quelques lanières. Ses bran-ches portent des ombelles de fleurs,com-posées chacune de cinq petits pétales jau-nâtres, soutenus par un fruit qui con-tient deux semences applaties, longuesd’un demi-pouce fur quatre lignes delargeur.
C’ett des tiges de cette espece de fé-rule qui vient en Italie, en France, enEspagne, sur les côtes de la Méditerra-née, dont Martial parloit quand il a ditqu’elle étoit le sceptre des pédagogues,à cause qu’ils s’en lèrvnientà châtier lesécoliers, féruleeque tristes feeptra p.ada-gogorum cejfeut, lib. X, epigram. & c’estde !â que le mot de férule est demeuré àTinstrument, soit de bois, soit de cuir,dont on use encore aujourd'hui dans le*collèges. C’est encore de-là, suivant lesapparences, que/truie, en termes de U.