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par unelettrede Jean Leguise évéque deTroyes, à Tristan île Salal'ar archevêquede Sens. Elle porte entre autres, que sa-Cimigens A'église de cette ville(d<s Troy es),sous timbre de leur fete auxfoux , ont faitplusieurs grandes mocqueries , dérisions &folies contre sonneur ìfi révérence de Dieu,(f au grand contents t N vipere des gensd'églij'e & de tout C état ecclésiastique .. .ont élu & fait un arcevefqne des fols > le-quel, la veille & jour de la circoncision deNotre-Seigneur , fit í office,., vêtu in pon-tisicaìibus , en baillant la bénédiliion j'o-lemnelle, au peuple > N «nec te dit arce-vefque, en allant parmi la ville , faifoitporter la croix devant ly, (f bailloit la bé-nédiction en allant en grande dé . ijion &vitupéré de la dignité arciépifcopale > Uquand on leur a dit que c'étoit mal , ils ontdit que ainsi lefait-on à Hens , U que vous-tnêrne avez commandé & ordonné faire la-dite f este, combien quefoye informé du con-traire , Hic. Ën effet i'evêque de Troyesauroit eu mauvaise giace de s’adrtfferàion métropolitain pour faire celle, cetabus, si ceiui-ti en eut toléré uu sembla-ble dans la propre cathédrale. Cette lettreest de la sin du quinzième iìecle, & il pa-raît par-là que cette fête étoit uéja aboliedans l’églisc de Sens.Elle l’etoi t égalementen beaucoup d’autres, conformément auxdécisions de plusieurs concile», par lezele & la vigilance qu apportèrent leséveques à retrancher des abus si crians.
Quelques autres auteurs parlent de 1%coutume établie dans certains diocèses,oùsur la sin de décembre les évêques jouòientfamilierementavecieitrclergé,àla paume,à la boule , à i’imitation, dit'ent-ils , dessaturnales des païens: mais cette dernierepratique , qu’on regarderoit aujourd’hui ,comme indécente, n’étoit mêlée d’aucuneimpiété, comme il en regnoit dans la fêtedessous. D’antres auteurs prétendent queles Latins avoient emprunté cette-dernie-te des Grecs ; mais il est plus vraisem-blable que la preiniere origine de cettefête vient de la superstition des païens quise masquoient ie premier jour de Tan , &se couvroient de peaux de cerfs on de bi.ehes pour représenter ces animaux ; ceque les chrétiens imiteront nonobstant lesdéfenses des conciles & des peres. Dansles siécles moins éclairés, on crut recti-fier ces abus en y mêlant des représenta-tions des mystères : mais, comme ou voir,
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la licence & l’impiété prirent le dessus;& de ce mélange bizarre du sacré &di»profane , il ne résulta qu'une profanationdes choses les plus respectables.
Si malgré ces détails quelqu’un est en-core curieux d’eclairciUemens fur cettematière, il peut consulter les ouvragesde Pierre de Blois ; Thicrs, traité desjeux -, l ’histoire de Bretagne, tome I, pag.586 ; Mtzeiai, abrégédel'hifi. de France,tosn. I, pag. 578 ; édit. in- 4°. dom Lobi-neau, histoire de suris, tom. 1 , pag. 214 ;dom Marlot, histoire de Rheims, tome II,pag. 769; & enfin les mémoires de du T il—îlot, pour servir à ihistoire de la fête desfous, impritnée à Lausanne en 1751, in-iz-ÍD.J.)
Fête des Innocens : cette fêteétoit comme une branch# de l’ancieunefête des fous, & on la célebroit le jouedes innocens. Elle n'a pas dilparu sitôtque la première j puisque biaurte , dansla plainte à Gassendi tn 1645 , témoignequ elle subsistoit encore alors dans quel-ques monastères de Provence. Cet auteurraconte qu'à Antibes, dans le couventdes francilcaius, les religieux prêtres nile gardien n'a loient point au chœur lejour des innocens, & que les freres laisqui vont à la quête, ou qui travaillentau jardin & à la cuisine, occuyoient leursplaces dans l'église , & saisi sent une ma-niéré d’office avec des extravagances &des pi osa . a sens horribles. Ils se revê-tuient d’oi n. mens sacerdotaux, mais tousdéchirés , s’ils en trouvoient, & tournésà l’envers. Ils tenoient des livres à re-bours , où ils faisoient semblant île lireavec des lunettes qui avoient de l’écorced’orange pour verre. Ils ne chantoientnihymnes , ni pseaumes, ni messes àl’or-dinaire j mais tantôt ils marmotoient cer-tains mots confus, à tantôt ils poussaientdes cris avec des contorsions qui faisoienthorreur aux personnes sensées. Thiers ,traité des jeux. P. Fete DES Fous.
On a conservé dans quelques cathédra-les & collégiales, l’uíagc de faire officierce jour-là les enfans-de-chœur ; e’est â-dire, de leur faire porter chape à la messe& à vêpres , & de leur donner place dansles hautes stalles , pour donner la mé-moire des enfans égorgés par l’ordred'Hérode. C’est une pratique pieuse quin’étant accompagnée d’aticuue indécen-ce , ne se restent en rien de la mascarade ,