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Tome XIV. FERM - FORL.
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fausse opinion que les courtisans delouis XIII avaient pris d’ime nation spi-rituelle <S polie,qui excellait depu is long-temps dans un genre que les Françoisavoient gâté.

Telle Fut la nuit profonde , dont legoût fut enveloppe' à la cour de LouisXIII, Les rayons éclatans de hunier? ,que le génie de Corneille répandoit dansParis n’allerent point jufqu’à elle: ilsie perdirent dans des nuages épais, quisembloient sur oe point séparer la courde la ville.

Mais cette nuit & ses sombres nuagesne faifoient que préparer 3 la France fiesplus beaux jours, & la minorité de LouisXIV y fut l’aurore du goût & des beaux-arts.

Soit que l’esprit se fut développé parla continuité des spectacles publics, qui jfurent & qui seront toujours un amuse-ment instructif, soit qu’à force de don-ner des/éct/àlacour, l’ímagination s’vfût peu-à-peu échauffée; soit enfin quele cardinal Maàrln , malgré les tracas-series qu'il eut à soutenir & à détruirey eût porté ce sentiment vif des chosesaimables , qui est si naturel à fa nation ;

II est certain que les spectacles , les plai-sirs , pendant son ministère, Meurentplus ni la grossièreté , ni l'enstnre , q nifurent !e caractère de toutes les fêtesd’éclat du régné précédent.

Le cardinal Mazarin avoit de la gaietédans l’esprit, du goût pour le plaisirdans le cœur,& dans l’imagination moinsde faste que de galanterie. On trouve lestraces de ce q Mon vient de dire danstontes les fêtes qui furent données fousfes yeux. Benserade Fur chargé , par sonchoix de rinvention , de la conduite,& de l’exécution de presque tons ees ai-mables amusement. Un ministre a toutfait dans ces occalinns qui paroiflent ,pour l’hoiineur des états , trop frivoles ,& peut-être même dans cellc-squ’on re-garde comme les plus importantes , lors-que son discernement a su lui suggérer lechoix qu'il falioit Faire.

La fête brillante que ee ministre donnadans son palais' an jeune roi, le zí> fé-vrier 1651 . justifia le choix qu’il avoitfait de Benserade, On v représenta lemagnifique Millet de Caflandre. C’eft lepremier spectacle où Louis XIV parutfur le théâtre : il n’avoit alors que treize

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ans: il continua depuis à y étaler toutesfes grâces , les proportions marquées ,les attitudes nobles , dont la nature La-voir embelli, & qu’iin art facile & tou-jours caché , r enduit admirables , jus-qn’au 13 février -669 : où il dansa pourla derniere fois dans le ballet de Flore.

Sa grande aine fut frappée de ces 4vers du Britannicus de Racine :

four toute ambition , four vertu Jitt-gttliere ,

Ji excelle à conduire un char dans Utcarrière ,

A disputer des prix indignes de fesmains ,

A fe donner lui-mètne enfpeclacìe cittxRomains.

On ne Rattachera point à rapporter lesfêtes fi connues de ce règne éclatant ; onfait dans les royaumes voisins, commecn France, quelles furent l’époque dela grandeur de cet état, de la gloire desarts , & de la splendeur de l’Europe :elles font d’aillenrs imprimées dans tantde recueils dìfférens; nos peres nous lesont tant de fois retracées , & aveu destransports d’amour & d'admiration fiexpressifs, que le souvenir en est restégravé pour jamais dans les cœurs de tensles François. On se contente donc deprésenter aux lecteurs une réflexionqu'ils ont peut-être déja faite ; mais aumoins n’eft-elle , fi l’on ne se trompe ,écrite encore nulle part.

Louis XIV , qui porta jûsqu’au plushaut degré le rare & noble talent de lareprésentation , eut la bonté constantedans toutes les fêtes superbes , qui char-mèrent fa cour & qui étonnèrent l’Eu-rope, de faire inviter les femmes de laville les plus distinguées , k de les yfaire placer fans les séparer des femmesde la cour. 11 lionoroit ainsi , dans laplus belle moitié d’eux-mêmes; ces hom-mes sages , qui gouvernoient fous fesyeux une nation heureuse. Que ces ma-gnifiques spectacles doivent charmer unbon citoyen , quand ils lui offrent ainfientre-mêlés dans le même tableau , cesnoms illustres qui lui rappellent à la fols& nos jours de victoire, & les sourcesheureuses du doux calme dont nousjouissons ! Voyez Us mémoires du temps ,& les diverses relations des fêtes de LouisXIV , fur-tout de celle de 1668.

La minorité de Louis XV , fournit peu