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les galeries qui regnoient fur tout l’édi-íce autour de la foire.
Immédiatement au- dessus des bouti-ques, qui avoient environ huit pies deprofondeur & quinze à seize de hauteur,regnoit tout autour la balustrade dont ila été parlé : à chaque côté des orangers,qui étoient deux à deux , il y avoic unegirandole garnie de bougies en pyrami-de j & entre chaque grouppe d'orangers& de girandoles, il y avoit un ou plu-sieurs acteurs & actrices de l’opéra, ap-puyés fur la balustrade, masqués en do- >mi no ou autre habit de bal,dont les cou-leurs étoient très-éclatantes ; ce qui for-mait le tableau en même temps le plussurprenant & le plus agréable.
Chaque boutique étoit éclairée parquantité de bras à plusieurs branches &par deux lustres à huit bougies, qui ferépétaient dans les glaces. A celles quiétoient destinées pont la bouche , il yavoit de plus des buffets rangés avec art£' garnis de girandoles. Toutes les bou-tiques avoient pour couronnement uncartouche qui contenoit en lettres d’or le 'nom d u marchand le plus connu de lacour, par rapport à la marchandise de laboutique. Les supports des cartouchesétoient ornés des attributs qui pouvaientcaractériser chaque négoce dans un goûtnoble. Les musiciens & musiciennes,danseurs & danseuses de l’opéra , vêtusd'habits galans faits d’étosses brillantes ,& cependant convenables aux marchandsqu’ils représentaient, y distribuaientgénéreusement & à tous venans leurmarchandise.La preiniere boutique étoitcelle du pâtiffier, sous le nom de Godarf,elle étoit meublée d’un cuir argenté : lefond séparé au milieu par un trumeau deglace, laissait voir dans fes côtés le lieudestiné au travail du métier, avec tousles ustensiles nécessaires 5 la Thierry ,danseuse, représentoit la pâtiffiere ; elleavoit pour garçons Malterre & Juvil-liers , qui habillés de toile d’argent, &portant des clayons chargés de ratonstout chauds , couraient vîte les débiterdans la foire. Cette boutique étoit garniede toute forte de pâtisserie fine.
La boutique suivante avoit pour ins-cription Ptrdrigeon f elle étoit meubléed’une tenture de brocatelle de Venise ,& de glaces, & garnie de dragonnes bro-dées en ec.ié en argenti, noeuds d’épée &
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de cannes, ceinturons & bonnets brodésrichement; les rubans de toutes sortes decouleurs d’or & d’argent, les plus à lamode & du meilleur, goût , y pendaienten festons de tous côtés : le maître & lamaîtresse de la boutique étoient représen-tés par Dumoulin , danseur, & parûtRey, danseuse.
La troisième boutique étoit un cassé;on lisoit dans lecartouche le nom de Ee-nachi. Elle étoit tendue d’un beau cuirdoré avec des buffets chargés de tasses,soucoupes, & cabarets du Japon & desIndes, Sc de girandoles de lumières quïfe répétoient dans les trumeaux. Cnrhie& Julie, chanteur & chanteuse, dégui-sés en turc & turquesse , ainsi que Dcs-hayes, chanteur, qui leur fervoit de gar-çon , diftribuoient le café , le thé &lqchocolat.
La quatrième boutique élevée en théâ-tre d’opérateur, étoit inscrite, le doéleurBnrry. La forme de ce théâtre représen-tait une place publique & les rues adja-centes. Scupin en opérateur, Trivelmson garçon, Faqueti en aveugle, &Fln~mi ni a, femme de l’opératenr , remplis-soient ce théâtre, & contrefaisoicnt par-faitement le manège & l’éloquence de#arracheurs de dents.
La cinquième boutique représentoitun ridotto de Venise. Le meuble étoit d*velours; les trumeaux & les bougies yétoient répandus avec profusion- Onvoyoit plusieurs tables de bassette & depharaon, tenues par des banquiers bienen fonds, & tous masqués à la vénitien-ne : e’étoient des courtisans, qni fe dé-masquèrent d’abord que le roi parut.
, La sixième, intitulée Ducreux & Ba~raillon, avoit pour marchande laDuval,danseuse ; & pour marchandise, desmasques, des habits de bal, & des domi-nos de toutes les couleurs & dé tentes lestailles.
Dans la septième, où étoient SainímMartin & la Souris la cadette, habillés àl’allemande , on montroit un tableauchangeant, d’une invention L d'une va-riété très-ingénieuse ; & tin veau vivantayant huit jambes. Cette loge étoit meu-blée de damas, & s’appelloít cadet.
On fe trouvolt, en tournant, en facede la cour opposée à selle que remplissoitle théâtre de la comédie italienne. Elleétoit décorée de la même ordonnance