Band 
Tome XIV. FERM - FORL.
JPEG-Download
 

422 F I G

ombragé pendant deux ou trois jours ,a tin de sécher la coupure , sans quoi ellespourriroient. Peut-être que cette pré eau-tion seroit essentielle à regard des bou-tures de mûriers & de teus les arbresdont il exsude du lait, des résines ou uneseve abondante.

Nous allons maintenant nous occuperdes figuiers dont les fruits font bons àmanger.

Pline, livre XTII , chapitrep, parlede notre figuier 11°. 2. Miller dit que sonfruit est peu estimé; mais Pline en faitplus de cas : nous ne pouvons nous em-pêcher de rapporter ce qu’il en dit deplus essentiel ; la description qu’il endonne est entièrement semblable à la nô-tre. Sa figue , dit cet auteur, est très- dou-ce ; elle n’a point de grains au - dedans( ceci demande d’étre vérifié & est Fortdifficile à croire ) ; pour la faire mûrir,il faut la gratter avec des ongles de fer.( Cette cfpece de caprification seroit sortírngnliere, si elle étoit indispensable pourîa maturation d’un fruit qui croît sous leclimat qui lui est propre). Ce fruit mûritquatre jours après cette opération , &Von trouve en le cueillant un secondfruit qui commence à pousser sous celuiqui est mûr (ne seroit- ce pas plutôt àcôté ) ? On en Fait ainfi jusqu'à sept cueil-lettes par an. Si faute d’être gratté ilne mûrit point, le Fruit nouveau ne lais-se pas de pousser quatre fdis en été fouscelui qui n’est pas mûr. Cette obscuritéde Pline semble éclairer ce passage : il meparois qu’il en résulte que ce figuier rap-porterait de lui - même quatre récoltes defigues mûres pendant l’été ; & qu’aumoyen d une opération qui hâte fa ma-turité , il en rapporte sept. Nous obser-verons que cette méthode , qui s’est pra-tiquée diversement, est de la plus hauteantiquité. Le prophète Amos piquoit desfigues sauvages, & c’étoit un de ses mé-tiers , chapitre 7 , verset 14. On trouvedans la traduction de M. de Saci, qu’ilen '-angeoit, & non qui ies piquoit. Lemot hébraïque a-1-il nu pioduire unepareille équivoque ? Continuons d’ex-tvaìre Pline. Le bois do sycomore (c’esttoujours le figuier d’Egypte n°. 2) estdes plus utiles : il a cela de particulier ,que dès qu'il est coupé, on le met dansles étangs ( e’eft ainsi qne s’exprime no-tre nouveau traducteur ), & que c’eft là

FI G

fa maniéré de sécher ; d’abord il va aafond, mais quand il est sec il nage iurseau, de maniéré que cet élément qui hu-mecte tous les autres bois, suce au con-traire celui dont nous parions (on con-çoit qu’il peut le sucer ; mais que l’eaune remplace pas la seve en s'insinuasttdans ces canaux, c’est fur quoi nos phy-siciens doivent prononcer d’après l’expe-rience ). Lorsqu’il commence à nager lufl'can , c’est une marque qu’il est bon àmettre en œuvre. L’arbve qu’on appelle ,dans l'isle de Crète figuier de Chypre (c esttoujours Pline qui parle), ressemble,jusqu’à un certain point, au íycomore ;car il a son fruit attaché au tronc & auxgrosses branches; mais il pousse des bour-geons fans aucunes feuilles; fa ìacineest semblable à celle du peuplier, & safeuille à celle de forme ( quelle contra-diction ! II est dit pins haut qu’il poussedes bourgeons fans aucunes feuilles ; nepeut - on pas entendre , par cette expres-sion du texte, sed U germina emittìtjìneullis foliis, qu’il pousse les germes oupetits fruits avant qu’il ait encore desfeuilles. Cela est conforme à la nature ,& même à la nature du figuieri au lieaque l’antre leçon la contrarie & rend lesens de Pline ridicule) ; il bourgeonne &produit du fruit quatre fois Tannée ; sesfigues ne mûrissent point, à moins qu’oune fasse une incision pour leur faire jet-te r leur lait ; ce fruit est d’vu auffi hoirgoût que la figue (il faut ajouter, la figuedu figuier cultivé ) ; il lui ressemble endedans; il est gros comme une corme*(c’est le fruit du sorbier).

Pline comptoit vingt - neufespeces defigues cultivées. La figue du mont Ida ,qui est rouge, & de la grosseur d uneolive ; elle est plus ronde , & a un goûtde nefle : on l’appelle en ce pays la figueAlexandrine « Le figuier qui la porte nedonne point de lait. Les figues d’Herca-nie, qui selon le méme auteur, étoientplus douces que celles d’Italie , & dontchaque arbre rapportoit jusqu’à deuxcens soixante-dix boisseaux de figues.Nous avons, dit-il, en Italie plusieurssortes de figuiers étrangers, qui y ont étéapportés de Chalcis & de l’isle de Chio,dont les fruits ressemblent aux figues deLydie , qui font purpurines, & à cellesqu’on nomme Mamtlues. Les Calsistrn-thiennes n’ont guere meilleur goût j &