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miens, & font d’un usage plus fréquent& plus général que celles de la Chine.Ces fleurs font fabriquées de coques devers à fuie, de plumes,& de toile ; la ver-dure qui les accompagne est d’une toileteinte, gommée, & très-forte. Elles foutsupérieures à celles qu’on fait ailleurs,en ce qn'elles font plus solides, & repré-sentent mieux les naturelles par la tour-nure & la couleur qu’on fait leur donner.Les flmriftts de Paris , même ceux quipourroient en faire d'auísi belles, aimentmieux les Faire venir de ce pays, parcequ’ils les ont à meilleur compte. LesItaliens fe fervent de ciseaux pour dé-couper les fleurs , & rarement de fers àdécouper; ce qui demande beaucoupplus de tems pour leurs ouvrages , & lesrend par conséquent plus chers. On nes’eft servi de ces fers qu’au commence-ment de ce siécle ; C’est à un Suisse qu’onen doit i’invention. Ces fers font fort uti-les , & abrègent beaucoup les opérationsde l’artiste z puisqu’on peut par leurmoyen tailler d'un seul coup, & en uninstant, plusieurs feuilles qui tiendroientplus d’un jour à découper aux ciseaux.Ces fers font desemporte-pieees, on desmoules creux & modelés en dedans fur lafeuille naturelle de la fleur qu’ils doiventemporter.
Nous avons dit plus haut que les fleursqu’on fait ailleurs qu’à la Chine ou enItalie étoient peu estimées ; mais il nefaut penser ainsi que de celles qui foutchargées d’ornemens contre nature , &qui fout néanmoins en plus grand nom-bre que les autres : il ne faut donc pasmépriser celles qui sortent des mains dequelques personnes ingénieuses & adroi-tes qui suivent la nature pas-à-pas, L nenégligent rien pour l’imiter& la repré-senter dans leurs ouvrages comme danselle-même.
En 1738, M. Seguin, natif de Mendeen Gevaudan, & faifantà Paris une étu-de exacte & réfléchie de chymie & de bo-tanique , commença à faire des fleurs a r-tifieielies, qui ne le cédoient point enbeauté & en perfection à celles d’Italie.Plusieurs antres perfop.nes à son exem-ple & par émulation, s’y font appliquéesavec une nouvelle attention, mais nePont cependant suivi que de fort loin.îílinvente tous fes outils, les forge , les ci-selé , ou les grave lui-même ; ce qui lui
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a attiréplusieurs procès,L nouvellementencore de la part des peintres,qui préten-doient qu’il empiétois fur leur art , endonnant à fes fleurs la couleur des natu-relles, mais comme il n’y emploie pointabsolument de pinceau,qu’il peut indiffé-remment se servir de la premiere choseqn’il rencontre fous sa main,L qu’il peutmême les teindre en les plongeant simple-ment dans la couleur, les peintres out étédéboutés de leurs demandes,& contraintsde le laisser tranquille dans le libre exer-cice de fa profession.
II en a été de méme de quelquesautresicontestations qu’il a eues avec diversescommunautés qui voulaient le contrain-dre à prendre leurs lettres de maîtrise,»»de former un corps de jurande particulieravec les autres fletirijles. Sa maniéré detravailler différente à ('infini selon lesdifférens ouvrages qu’il fait, & inconnueà tous les ouvriers qui prétendent q netelle ou telle machine est de leur compé-tence & du ressort de leur art;l'igiîoraneede chacun de ces ouvriers qui convien-nent pour la plupart de ne pouvoir pasexécuter ce qu’il fait : tout cela, dis-je, amis M. Seguin à l’abri de leurs poursui-tes. D’aílleurs tous fes ouvrages étant:purement de génie & d’invention , il 11’apu encore apprendre à personne son artdans ce qu’il contient de plus singulier& de plus curieux : ce n’est pas qu’il nSs’y soit prêté de bonne grâce à l’égard deplusieurs élevés qui ont travaillé fous fesyeux , mais quin'ayant qu’nne pratiqueméchânique & d'habitude, fans connais-sance des productions de la nature dansleurs différens états , n’ont pu te suivredans fes découvertes.
II ne fe borne pas à faire des fleurs ; iíexécute dans une parfaite imitation toutce qui entre dans la structure d’nn parter-re & d’nn jardin. II a exécuté d’affeZ grostroncs, d’arbres avec leur écorce , leursnœuds , & les autres inégalités que Unature peut y produire ; des arbres en-tiers chargés de leurs Fruits ; d’autresdont les feuilles pâles & mortes semblenttoutes prêtes à tomber 5 des fleurs fut*leurs tiges, leurs branches & leurs feuil-les,dont les couleurs & les grandeurs va-riées par proportion, font en tout r esse m,bíantes aux naturelles. II a fait diftérenámorceaux [('architecture en treillage d Scarton .recouvert d’une verdure déeoH-R ri