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Tome XIV. FERM - FORL.
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«u appellent galions, la flotte clés vais-seaux , grands ou petits, qui Vont à Car-thagene & à Porto-Bello. (Q)

Flottes ds la Chine, Marine.On donne ce nom à lin assemblage deplusieurs bâtimens chinois qui s’assem-blent & naviguent ensemble, & formentcomme des villages fur les lacs & les ri-vières; ils traversent le pays de cette fa-çon, & font un grand commerce.

Le fond de la liaison de tous ces vais-seaux est de jonc qu de bambouc , entre-lacés de liens de bois qui font entretenuspar de grosses poutres fur lesquelles por-te tout l’ouvrage.

Pour faire avancer ces villages, onles pousse à Pavant & à Parriere avec degrandes perches; & il y a une grossepiece de bois de bout à l'arriere,pour ser-vir à amarrer la flotte â gué avec uncordage, lorsqu'il en est besoin.

Outre ces grandes flottes , qui fontcomme des villages , & où les maîtres &propriétaires des bâtimens passent leurvie avec toute leur Famille , il y a encoreà la Chine de simples bâteaux ou petitsVaisseaux qui servent de demeure à unefamille. Us n’ont ni rames ni voiles, &on ne les fait avancer qu’avec le croc.Les marques des marchandises qui fonta vendre'dans ces bateaux, font suspen-dues à une perche qu’on tient élevée ,afin qu’on les puisse voir aisément, (if)

Flotte invincible, Hist. moi.C’est le nom que Philippe II donna à laflotte qu’il avoit préparée pendant troisans en Portugal, à Naples & en Sicile ,pour détrôner la reine Elisabeth.

Les Espagnols en puidievent une rela-tion emphatique, non - feulement dansleur langue, mais en latin, en François& en hollandois. M. de Thon , qui avoitété bien informé de Péquipement de cet-te flotte par Pambassadeur de 8. M. C. àla cour de France , rapporte qu'elle con-tenois huit mille hommes d’éqtiipage,vingt mille hommes de débarquement,fans compter la noblesse & les volontai-res ; & qu’en fait de munitions de guer-re , il y avoit fur cette flotte iî milleboulets, 5 mille 600 quintaux de poudre,ro mille quintaux de balles, 7 mille ar-quebuses, 10 mille haches, un nombreimmense d’instruniens propres à remuerou à transporter la terre , des chevaux &des mulets en quantité, enfin des vivres

& des provisions en abondance pour plusde six mois.

Tout cela s’accorde assez bien avec larelation abrégée de Péquipement de cet-t e flotte, que Strype a tirée des notes dogrand trésorier d'Angleterre , mylordBurleigh , & qn’il a insérée dans l'appett-Aice des mémoires originaux , k°. 51.

L’extrait de Strype se réduit à ceci,que la flotte invincible composoit 130vaisseaux de 57868 tonneaux, 19195 sol-dats , 8450 matelots, 2088 esclaves, &S630 grandes pieces d’artilierie de bron-ze de toute espece, sans compter 20 ca-ravelles pour le service de Parmée nava-le, & 10 vaisseaux d’avis à 6 rames. Cet-te f lotte , avant que de sortir dn port deLisbonne , coûtoit déja an roi d’Efpagneplus de 36 millions de France , évalua-tion de ce tems-là ; je ne dis pas évalua-tion de nos jours.

Le duc de Médina-Celi fit voile del’embouchure du Tage avec cette belleflotte en 1588 , & prit fa route vers lenord. Elle essuya une premiere tempêtequi écarta les vaisseaux les uns des au-tres , enforte qu’ïls ne purent se rejoin-dre ensemble qu’à la Corogne. Elle enpartit le 12 Juillet, & entra dans le ca-nal à la vue des Anglois , qui la laissèrentpasser.

On fait assez quel en fut le succès,fans le détailler de nouveau. Les Espa-gnols perdirent dans le combat naval »outre six à sept mille hommes, quinzede leurs plus gros vaisseaux ; & ils eneurent un fi grand nombre qui se brisè-rent le long des côtes d'Ecoffe & d’Irlan-de, qu’en 1728 le capitaineRow en dé-couvrit un du premier rang fur la côteoccidentale d'Ecoffe ; & qn’en 1740 onen apperqut deux autres de cet ordradans le fond de la mer près d’Edimbourg,dont on retira quelques canons de bron-ze , fur la culasse defquels étoit une roseentre une F & une R.

Las Provinces-Unies frappèrent ansujet de cet événement une médaille ad-mirable , avec cette exergue, ta gloiren’appartient qu à Dieu ; & au revers étoitreprésentée la flotte d’Efpagne, aveçces mots : elle est venue , elle n'est plus.

Soit que Philippe II requtla nouvellede la destruction de la flotte avec unefermettTlîéroïque, comme leditCamb-den ; soit au contraire qu’il en ait été fft-