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Tome XIV. FERM - FORL.
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§74 F L U

sent pas dansl’organe, & qu'eile ne sentque dans le cerveau. Dans l’amauroserceil peut être parfaitement bien consti-tué; le pinceau optique se destinera furla rétine, maiî l’ame ne le volt pas. C’estqu’une tumeur placée entre l’œil & sonorigine aura comprimé le nerf; fi doncrimpreísion dti pinceau optique ne peutêtre représentée à l’ame que dans le cer-veau, il est certainement bien plus pro-bable que ce soit par un liquide mis enmouvement dans l’œrl, & qui vient frap-per une fibre médullaire, vrai organe deí'ame. Le choc de la moelle solide d unerf optique pourroît bien plus difficile-ment fe continuer à une grande distance ,tlu doigt, par exemple jufqu’au cerveau,vu l’inertie, la mollesse & l’incapacitépouf les oscillations, propriétés éviden-tes de la moelle nerveuse.

Ce liquide invisible & impalpable doitavoir des attributs, fans lesquels il neíauroit s’acquitíer de fa fonction.

II doit être extrêmement subtil , puis-qu’il a des canaux de la plus grande fi-nesse à parcourir : extrêmement mobile,puifqu’il va dans le moment même ani-mer un muscle éloigné , & puisque decertains animaux parcourent très-certai-nement un pié dans moins d’une secon-de, & que dans chacun de ces élance-mens une infinité de muscles font con-tractés & relâchés.

Le fluide nef veux doit avoir une forcesuffisante pour servir d’un puissant sti-mulus à la fibre musculaire, dont la con-traction suit sans intervalle l’affluencede ce fluide. Malgré fa mobilité & fa vi-tesse , il doit être attaché aux nerfs & nepas les abandonner, ni fe répandre dansla cellulofité qui enveloppe le nerf. 8'ilpouvoit s’y répandre, on neconcevroitplus comment le fluide accéléré par lavolonté, pourroît animer à une grandedistance des muscles avec tant de force.Enfin ce fluide doit être d’une natureassez exempte d’àcreté, pour ne pas êtresensible an nerf qu'il parcourt.

II ne paroît pas que de l’eau un peuvisqueuse & d’une nature approchantedu blanc d’œuf, puisse se mouvoir avecune célérité suffisante , ni servir d’éguil-lon à la fibre musculaire, dont elle ap-paiseroit plutôt l’irritation. L’air détruitla moelle nerveuse, il la raccourcit & ladessèche. .La matière électrique suit d’au-

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tres loix : elle ne pourroît pas être rete-nue par des ligatures , elle ne resteroitpas dans le nerf, elle fe répandroit dansles espaces voisins destitués d’une matiè-re pareille, & fe remettrait en équilibre.La division d’un nerf, dont les moitiésne feraient pas éloignées l’une de l’autre,n’interrompioit point le courant électri-que.

Peut-on exiger de nous, que nous dé-signions la nature de c e fluide ? ne pour-roit-eile pas être isolée, différente desautres matières connues , uniquementdestinée à servir d’organeàla sensation& à la volonté , & à irriter efficacementla fibre musculaire? Tout ce que nousen savons, c’est que la matière de ce flui-de doit te trouver dans lesalimens, puis-que dans la plus grande lassitude, lors-qu’on a lieu de croire ce fluide épuisé,une nourriture proportionnée aux be-soins répare en peu de temps l’esprit ani-mal, & rend les forces à l'animal épuisé.Le vin agit sur l’abeille, sur le cheval,sur le singe comme sur l’homme : on eni-vre les abeilles.

On a disputé si le fluide nerveux cou-loit dans ces canaux , comme le font lesautres humeurs du corps animai, ou s’ilse mouvoit par une substance cellulaire.Je ne crois pas que la lumière des tuyauxdes faisceaux nerveux puisse être distin-guée à l’aide d’un microscope : mais lavitesse, avec laquelle s’exécutent lesfonctions du fluide nerveux , ne paroîtpas compatible avec la route embarras-lée d’un tissu, dont les petites cloisonsinterrompraient à tout moment le mou-vement de ce fluide.

L'origine du fluide nerveux ne pou-vant être que dans la masse de nos hu-meurs, & cette masse ne fe communi-quant aux diverses parties da corps ani-mal que par les artères, ces tuyaux mé-dullaires paraissent devoir naître de cesartères. Le fluide lui-même en recevraun mouvement lent, à la vérité, à pro-portion de la distance du cœur, & desobstacles que les humeurs éprouvent enparcourant cette distance. Un autremouvement beaucoup plus rapide estl’efFet de la sensation , de la volonté , oude l’irritation.

Y á-t-il une différence entre les espritsanimaux ou entre les nerfs subordonnésau sentiment ou au mouvement? Tout