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Tome XIV. FERM - FORL.
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mer on calmer îes passions ries hommes.L'histoire nous, en fournit quelquesexemples, dont nous discuterons la va-leur.

Pythagore, selon le témoignage deBoece,voyant lin jeune étranger échauffédes vapeurs dil vin , & fur le point demettre le feu à la maison de sa maîtresse,à cause d’un rival préféré , animé deplus par le son d’une//»<e, dont sn joiioitfur !e mode phrygien ; Pythagore , dis-je, rendit à ce jeune homme la tran-quillité & fou bon feus , en ordonnantfeulement au musicien de changer demode, & de jouer gravement, suivantla cadence marquée pat le pié appellespondée , comme qui diroit aujourd’huifur la mesure dont l’on compose dansnos opéra les symphonies connues fousìe nom de sommeils, si propres a tran-quilliser & à endormir.

tíalien raconte une histoire presquetoute pareille,à l’honneur d’un musiciende Millet, nommé Daman. Ce sont dejeunes gens ivres , qu’une joueuse deflûte a rendus furieux, en jouant fur lemode phrygien , & qu’elle radoucit, parl’avis de ceDamon, & passant du modephrygien au mode dorien.

Nous apprenons de Dion Chrysostô-me, que Timothée jouant un jour de laflûte devant Alexandre-le-Grand sur lemodeorthien , ce prince courut auxarmes auffi-tôt. Plutarque dit presquela même chose du joueur de flûte Anti-génide, qui, dans un repas, agita detelle maniéré ce même prince, ques’e'tant levé de table comme un forcené,il se jetta sur ses armes , & mêlant leurcliquetis au son de la flûte , peu s’enfallut qu’il ne chargeât les convives.

Voilà ce que l’histoire nous a conservédéplus mémorable en faveur de la flûtedes anciens: mais fans vouloir ternir fagloire, comme ce n’estque sur dSs gensagités par les Fumées du vin , que rou-lent presque tous les exemples qu’onallègue dc ses effets, ils semblent par-làdéroger beaucoup au merveilleux qu’onVoudroit y trouver. II ne faut aujour-d’hui qttele son aigu L la cadence animéed’un mauvais hautbois, soutenu d’untambour de basque, pour achever detendre furieux des gens ivres , & quicommencent à se harceler. CependantJarsque leur pretzrier feu est passé, pour

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peu ijue le hautbois jpue fur tin ton plusgrave, & ralentisse fe mesure, on lesverra tomber insensiblement dans le som-meil , auquel tes vapeurs dn vin ne lesont que trop disposés. Quelqu'un s’avi-seroit-il, pour un semblable effet de serecrier sur le charme & sur >aperfectiond'une telle musique ? On me permettrade ne concevoir pas une idée beaucoupplus avantageuse de \aflûte, où, fi l’onveut, du hautbois, dont Pythagore &Daman se servirent en pareils cas.

Les effet de la flûte du Timothée oude celle d’Antigénide fur Alexandre,qu’ont-ils de s’y surprenant? N’est-il pasnaturel qti’un prince jeune L belliqueux,extrêmement sensible à t’harmonie, &qne le vin commence à échauffer, se le-ve brusquement de table, entendant son-ner un bruit de guerre, prenne ses armes& se mette à danser la pyrrhíque , quiétoit une danse impétueuse , où l'on fai-soic tons les mouvemens militaires, soitpour l'attaque, soit pour la défense? Pist-il nécessaire pour cela de supposer dansces musiciens un art extraordinaire , oudans leur flûte un 11 haut degré de perfec-tion. On voit dans ie festin de Seuthe ,prinçe de Thrace, décrit par Xénouhon,des Cérafontins sonner la charge avecdes flûtes & des trompettes de cuir debœuf crud ; & Seuthe lni-même sortirde table en poussant un cri de guerre, &danser avec autant de vitesse & de légè-reté , que s’il eût été question d’éviterun dard. Jugera-t-on de là que ces Cé-rasontins étoient d’excellens maîtres enmusique ?

L’histoire parle d’un joueur de harpequi vivoit fous Eric II. roi de Danemarc,& qui au rapport de Saxon le grammai-rien, condiiisoit ses auditeurs par degré,jusqu'à la fureur. II s’agit maintenantd’un siecle d’ignorance & de barbarie.oùla musique extrêmement dégénérée , nelaissoit pas néanmoins , toute imparfaitequ’elle étoit, d’exciter les passions aveclaimême vivacité que dans le siecle d'AIe-xandre. Concluons que les effets attri-bués à la/tó/edes anciens, ne prouventpoint seuls l’extrême supériorité de sonjeu, parce que la musique la plus simple,la plus informe, & la plus barbare,comme la plus composée, la plus régu-lière & la mieux concertée , peut opé-rer dans certaines conjonctures, lss