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puisse rendre de la foi d’un dojme révé-lé; & les motifs de la foi de ee dogmedoivent y être placés de telle maniéré,q.u'iis puissent amener un hérétique &un incrédule à la foi de ce dogme ou detout autre , & par conséquent à la foi detous les dogmes ensemble. La raison decela est que le chrétien le plus soumis quifait l’analvse de fa foi, se met pour unmoment dans la même situation que ce-lui qui examine s’il doit croire tel ou teldogme en particulier , ou que celui quicherche en général quelle doctrine reli-gieuse il doit embrasser.
On peut concevoir par ces deux re-marques , que la foi dont nous allonsfaire l'analyse , n’eft ni celle des ensansqui croient au moyen de ce que les théo-logiens appellent une foi infuse , ni celledes adultes simples & grossiers qui n’ontpoint de motifs raisonnés de leur croyan-ce ( jc dis raisonnés , & non pas raisonna -iles), comme il y en a fans doute ungrand nombre dans 1c sein même de ré-gisse catholique, Ces deux especeç de foifont l’ouvrage immédiat de l’esprit deDieu , qui souffle où il veut, & dont no-tre fossile raison ne peut pas sonder lesvoies.
Et comme selon la doctrine des théolo-giens catholiques, la foi du chrétien lemieux instruit est austì produite dans l’a-me par !e 8. Esprit agissant comme causeefficiente, qu’elle est une habitude, une‘vertu infuse , &c. & que sous ces rapportselle est encore un très - grand mystère,nous ne nous proposons pas de la regar-der fous ce point de vue : & nous décla-rons que dans la question de l’analyse dela foi, nous ne prétendons traiter que dela persuasion raisonnée qu’elle renferme.
La difficulté en ceci vient de rembar-ras q,,'on éprouve à placer dans un ordrenaturel & raisonnable deux motifs quidans la doctrine catholique doivent en-trer tsus deux dans l’analyse de la foi.Ces deux motifs font l’autoritéde récri-ture & celle de régisse ; (la traditionyeut être ici confondue avec l’autorité del’églsse, qui feule en est dépositaire, &qui parle pour elle. )
Le fidele croit à l’on & à l’antre. II yen a un qui précede l’autre dans l’ordredu raisonnement. Si c’est l’autorité deL église qui le fait croire à la divinité &à l’iuspiration de récriture , il ne peut
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croire sautante infaillible de régisse parle motif de la révélation , puisqu’il sup-poseroit dès lors cette même révélationdont il cherche à se prouver l’exiftence.D'un autre côté, si on croit l’autorité in-faillible de l’église, parce qu’elle est ré-vélée dans les écritures, on croira doncle dogme de Sa vérité & dc la divinité desécritures, & on recevra l’explication despassages où cette infaillibilité est conte-nue , tans l’intervention de l’autorité del’église contre ce qn’enseigncnt encoreplusieurs théologiens.
On a suivi l’uue «L l’autre de ces deuxroutes; de - là plusieurs méthodes diffé-rentes d’analyser la foi.
Voici celle que nous adoptons.
Je «rois tel dogme , parce qti’il est ré-vélé. Je crois qu’il est révélé, parce quela société religieuse dans laquelle je vis ,m'en feigne qu’il est révélé. Je crois à sonenseignement, parce qu’elle est infailli-ble, parce qu’elle est régisse de Jesu.«-Christ, & que régisse de jesus-Christ estinfaillible. Je crois qu’elle est l’église deJésus - Christ, parce que les chefs, lespasteurs de cette église ont succédé à ceuxque Jésus - Christ méme avoit établis, &je crois que 1’église de Jésus - Christ estinfaillible , parce que cette infaillibilitélui ést promise & clairement contenuedans les écritures proto- canoniques quetous les chrétiens reçoivent, & qui sontla parole de Dieu , soit dans une infinitéd’endroits particuliers, soit dans tontel’histoire de rétablissement de la religionque racontent ces mêmes livres divins &inspirés. Je crois que les écritures fontla parole de Dieu, font divines ft inspi-rées, parce que cette vérité est essentiel-lement liée avec cette autre, la religionchrétienne est émanée de Dieu. Je croisenfin que la religion chrétienne est éma-née de Dieu, par tons les motifs de cré-dibilité qui me le persuadent.
Cette méthode paraît fi simple & fi na-turelle, qti’on pourra s’étonner de voirqu’elle n’est pas embrassée par tous lesthéologiens. Cependant un grand nom-bre d’entv’eux, dans leurs disputes arecles protestans , ont été jetés dans uneroute différente par le désir d’élever à unplus haut degré, s’il étoit possible , l’au-torité de l’église. Ils ont prétendu que lefidele ne crovoit la vérité & l’iisspirationdu corps même des écritures des livres