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Tome XIV. FERM - FORL.
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connue , & alors la certitude est méta-physique : & tantôt la constance & laíégularité des actions morales , ou desactions physiques , & alors ia certitudeest morale. Nous comparerons successive-ment la certitude de ia foi à !a certitudemétaphysique, & à la certitude morale.

Lorsqu’on demande 6 la foi est autant,ou plus , ou moins certaine que les vé-rités évidentes , cette question revient àcelle-ci : un dogme quelconque est U uvjjìcertain qu'une vérit&que la raison démon-tre ? Or la certitude de motif d’un dogmequelconque dépend nécessairement de lacertitude qu’on a que Dieu ne peut nitromper, ni se tromper dans ce q u il ré-vélé , & i°. que Dieu , a vraiment ré-,vêle le dogme en question: cela posé,ce que je ne cross que parce que Dieu lerevele ne peut pas être plus certain ,qu il n'eft certain que Dieu le révélé ; &par conséquent, quoique !e motif immé-diat de la foi , la véracité de Dieu , quoi- :que cette proposition , Dieu ne peut ninous tromper , ni se tromper, soit parfai-tement évidente & dans le genre méta-physique : comme ce motif ue peut agirfur mon esprit pour y produire la persua-sion d’un dogme, qu’autant que je cons-tate la réalité & l’c-xistence de la révé-lation de cc dogme, pour comparer lacertitude de la foi à celle de la raison ,il faut nécessairement comparer la certi-tude des propositions que la raison nousdécouvre , à la certitude que nous avonsque les objets de notre foi font ré télés..Mais la question étant ainsi établie ilu’y reste plus de difficulté; & voici desprincipes qui la décident.

1°. La certitude que nous avons queles dogmes que nous croyons sent révé-lés , est dans le genre moral. Les élémensde cette certitude sont des faits, des mo-tifs de crédibilité , &c. Or ces seits, cesmotifs, &c. l’cxistence de Jésus Christqui a apporté aux hommes la révélation ,fa vie, ses miracle», tontes les preuvesde la vérité & des livres saints, & de ladivinité de la religion chrétienne ; toutcela est dans le genre moral.

ì°. Cette même certitude est extrême,& telle qu’on ne peut pas s’y refuser sansabuser de la raison. Tous les auteurs quiont écrit en faveur de la religion , éta-blissent ce principe.

3*. Cette certitude n'eft pas supérieure

FOI

à celle que nous avons des vérités mathé-matiques , ou simplement évidentes dansle genre métaphysique. Cela est clair.

4°. II y a un sens dans lequel on peutdire que cette certitude est inférieure àcelle que nous avons des vérités éviden-tes , & un sens dans lequel on doit direqtt’ellc Légale.

L’impcfíìbilitc qu’une imposition évi-dente soit fausse , est ia pins grande qu’onpuisse imaginer; &' eu égard à cette im-possibilité fous ce rapport purement mé-taphysique , la certitude que nous avonsqu’un tel dogme est révélé, & en généraltoute elpece de certitude dar.s le genremoral, est inférieure à ia certitude desvérités évidentes.

Mais comme on ne peut pas refuserson assentiment aux preuves qui éta-blissent que Dieu a révélé ce que nouscroyons , non plus qu’anx vérités évi-dentes; comme celui qui se refuse â cespreuves abuse de fa raison, autant quecelui qui nie une vérité mathématique ;comme la certitude morale a dans songenre autant «faction & de force furï’esprit pour en tirer le consentement ,que la démonstration la pins complette;comme cette certitude est très-analogueà la maniéré dont les hommes jugentordinairement des objets, qu’elle nousest familière, que c’est celle que non*suivons le plus communément, &c. jecrois qu’en tous ce s sens on peut dire quela certitude morale , lorsqu’elle est arri-vée à un certain degré, & par conséquentla certitude que nous avons de la réalité& de l’existence de la révélation , quenous supposons élevée à ce même degré,que cette certitude, dis-je, est égale àcelle que nous avons des vérités éviden-tes & mathématiques.

Quant à la certitude que nous avonsdes vérités du genre moral, on peut voirpar’ce que nous venons de dire, que lacertitude des dogmes de foi ne lui estpasinférieure, mais égale & du même genre.

II suffit d’expofer ces principes, & ilsn’ont pas besoin de preuves. J’avoue queje ne conçois pas comment on a pû sou-tenir sérieusement que la foi est plus cer-taine que la raison. Les partisans de cetteopinion n’ont pas pris garde qu’il détrui-soient d’une main ce qu’ils élevoient del’aiitre. La foi suppose la raison, & laraison conduit à la foi. Avant de croire